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Unionization and Profitability in the Canadian Manufacturing Sector

Pasquale Laporta et Alexander W. Jenkins

Abstract

This study looks at the effects of unions on profitability in the Canadian manufacturing sector, taking into account structural factors such as concentration and entry barriers. The authors find that, although there is a moderately positive relationship between unionization and profitability at low tevels of concentration, at higher levels of concentration unions are able to extract an increasing proportion of incrémental profits that the firm (industry) may earn, until any incrémental profit (rent) associated with further increases in industry concentration is completely captured by the union. This may reflect a greater ability on the part of unions to organize and exercise bargaining power in concentrated industries and redistribute income from capital to labour, but it also leads to underproduction and resource misallocation.

Résumé

En procédant à une plus grande intégration de la théorie et de la méthodologie empirique de l'économique du travail avec celles de l'organisation industrielle, la présente étude veut explorer de façon rigoureuse l'impact des syndicats sur la rentabilité — surtout celle résultant de la concentration industrielle, dans le secteur manufacturier canadien. Nous spécifions et estimons une équation de rentabilité industrielle contrôlant non seulement le degré de syndicalisation, mais également des variables, et leurs interactions, telles les conditions de base de demande et de technologie (intensité de capital, la dichotomie des biens de production, biens de consommation, et le taux de croissance des ventes) et l'interaction entre de hauts niveaux de syndicalisation et la concentration.

Un échantillon de 62 industries manufacturières canadiennes en 1987 et une procédure d'estimation de moindres carrés interactifs pondérés ont été utilisés pour estimer l'équation de rentabilité (le rapport profits avant impôts/ventes). Lorsque prévus théoriquement et statistiquement significatifs, les effets interactifs sur la rentabilité impliquant des paires de variables furent captés dans l'équation de régression : par exemple, l'intensité de capital et le taux de croissance des ventes ; l'intensité de publicité et une variable dichotomique des biens de consommation ; la concentration et une variable dichotomique des biens de consommation ; concentration et syndicalisation.

Les résultats démontrent une relation modestement positive entre la syndicalisation et la rentabilité à des bas niveaux de concentration, reflétant possiblement des augmentations de productivité dus aux syndicats. Cependant, la relation syndicalisation-rentabilité, reflétant les effets combinés de la syndicalisation seulement (positifs) et l'interaction entre la syndicalisation et la concentration (négatifs), devient de plus en plus négative à des niveaux de concentration au-dessus de la moyenne. Ce résultat respecte la théorie du monopole à stade unique successif (main-d’œuvre et produit) selon laquelle l'exercice du pouvoir monopolistique du syndicat est plus efficace dans des marchés du travail hautement syndiqués et a un impact négatif plus grand sur la rentabilité dans des marchés du produit en aval concentrés/monopolisés. De plus, dans les industries de biens de consommation avec des niveaux typiques de syndicalisation (22 %-36 %), les syndicats sont capables de s'approprier de 60 % à 100 % du profit additionnel associé à une plus grande concentration de l'industrie.

Vu ces résultats, il semble que les syndicats produisent un incitatif financier plus grand et des rendements plus intéressants ainsi qu'une plus grande habileté à organiser, à utiliser leur pouvoir de négociation, dans ces industries concentrées avec un grand employeur oligopolistique. Même si cela peut mener à une distribution plus égalitaire du revenu en redistribuant les profits des capitalistes monopolistiques aux travailleurs syndiqués (sous forme de salaires plus élevés, meilleures conditions de travail et une plus grande sécurité d'emploi), cela peut aussi causer (sauf dans ces rares cas de marchés du travail bilatéralement monopolistiques) la sous-production, le sous-emploi et une mauvaise allocation des ressources associées à un plus grand degré de monopole à stade unique successif