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Social Investment by Union-Based Pension Funds and Labour-Sponsored Investment Funds in Canada

Jack Quarter, Isla Carmichael, Jorge Sousa et Susan Elgie

Abstract

This study has two objectives: first, to understand the extent of social investment among union-based pension funds as well as labour-sponsored investment funds in Canada; second, to understand the factors that affect social investment strategies among such funds. A national sample of 189 pension funds with assets of at least $50 million was drawn from the Canadian Pension Fund Investment Directory (Toronto: Maclean Hunter). The sample also included 10 labour-sponsored investment funds, half the number of such funds in Canada. The data indicate that pension funds in Canada have minimal social investment. There is somewhat higher social investment among labour-sponsored investment funds, and particularly labour-sponsored investment funds with genuine union sponsorship. The study also explored factors related to social investment by funds.

Résumé

L’investissement social des fonds de pension gérés par les syndicats et des fonds d’investissement des travailleurs au Canada

Bien qu’il y ait un nombre croissant de travaux de recherche sur l’investissement social, ces études proviennent surtout des États-Unis et elles n’établissent pas de liens entre l’investissement social et l’implication des syndicats. Par voie de comparaisons, la présente étude se veut canadienne et porte sur des fonds cautionnés par les syndicats, c’est-à-dire les fonds de pension gérés par les syndicats et les fonds d’investissements de travailleurs aussi appelés fonds de capital de risque de travailleurs. Ceux-ci diffèrent d’un fonds de pension conventionnel, mais dans le contexte de l’étude, ils revêtent le caractère commun de l’implication du monde syndical.

Le premier objectif de cette étude est de circonscrire l’ampleur de ces fonds d’investissement. Dès le début de la recherche, il devint évident qu’il n’existait aucun instrument pour évaluer l’envergure de l’investissement social généré par un fonds. La création d’un indice est donc devenue une étape nécessaire avant d’aborder l’étude de l’ampleur de l’investissement social et d’entreprendre ainsi la réalisation du second objectif, en l’occurrence, la compréhension des facteurs qui y sont reliés. Cependant, la présente étude ne donne pas les raisons qui font que certains fonds vont adopter une stratégie d’investissement social, alors que d’autres s’en tiennent à l’investissement conventionnel.

Un échantillon de 819 fonds de pension avec des actifs d’au moins 50 millions de dollars a été établi en utilisant l’Annuaire canadien de l’investissement dans les fonds de pension (Canadian Pension Fund Investment Directory, Toronto : Maclean Hunter) ; l’échantillon incluait également dix fonds d’investissement, soit la demie de ces fonds au Canada. Les résultats indiquent que ces fonds de pensions ont peu d’impact en termes d’investissement social, alors que les fonds d’investissements de travailleurs en ont plus, surtout chez les fonds parrainés par les syndicats.

Les résultats montrent également que l’implication syndicale crée un contexte propice à l’investissement social (par exemple, en ce qui concerne les fonds de pension, une corrélation positive apparaît entre la représentation du syndicat au conseil et l’index d’investissement social ; une relation similaire tient aussi quand on considère le comité d’investissement). Cependant, si l’implication syndicale en elle-même constituait un élément critique au regard de l’investissement social, nous aurions observé plus d’investissement social en général parmi ces fonds, puisqu’ils ont tous un membership syndical. Il semble donc que ce ne soit pas la présence syndicale en soi qui crée un support à l’investissement social, mais plutôt tout un ensemble de facteurs favorables. Par exemple, à la question à savoir si les organisations syndicales prennent l’initiative en encourageant une stratégie d’investissement social, les données fournies sont positivement reliées à l’index de l’investissement social. Également, l’attitude envers l’investissement social des directions supérieures, des administrateurs et des organisations syndicales est positivement reliée à l’investissement social, de même que la formation des directeurs de fonds, non pas spécifiquement dans le domaine de l’investissement social, mais en général.

Ce n’est probablement pas une coïncidence de constater que, parmi les fonds engagés dans une certaine forme d’investissement social, c’est au Québec qu’on en retrouve le plus. Le Québec semble offrir un contexte plus favorable à l’investissement social. Par exemple, la Caisse de dépôt et placement du Québec et le Fonds de solidarité des travailleurs de la FTQ détiennent un mandat qui les lie au développement économique de la province et des communautés locales au sein de cette province.

Le mandat d’un fonds est donc un élément favorable à l’investissement social. Les fonds d’investissement syndicaux possèdent, au premier abord, un mandat qui apparaît plus favorable à l’investissement social que les fonds de pension. Chez ces derniers, le conflit au sein de la responsabilité du fiduciaire, une préoccupation chez les gestionnaires de fonds, devient un facteur qui entretient une relation étroite avec l’index d’investissement social. Les fonds de pension obtiennent une note supérieure lorsqu’on les compare aux fonds d’investissement de travailleurs sur les éléments suivants : conflit au sein de la responsabilité fiduciaire, préoccupation eu égard à un rendement réduit, degré de risque trop élevé, et incitations gouvernementales inadéquates. Ces observations nous laissent croire que le mandat des fonds d’investissement des travailleurs est plus favorable à l’investissement social que celui des fonds de pension.

En conclusion, nous constatons que les syndicats sont de plus en plus préoccupés par la façon dont est investi l’argent de leurs membres. On admet de plus en plus que ces immenses réservoirs de capitaux constituent une part importante de l’investissement corporatif au Canada et qu’il y a là un potentiel susceptible de façonner les stratégies d’investissement et les politiques qui y sont reliées. Néanmoins, les syndicats sont aussi ambivalents face à l’investissement social, surtout en ce qui concerne les fonds de pension. Le monde du travail est en pleine expérimentation et il doit décider d’une voie à suivre.

Resumen

La inversion social de los Fondos sindicales de pensión y de los Fondos de inversión patrocinados por los trabajadores en Canada

Este estudio tiene dos objetivos : primero, comprender la amplitud de la inversion social en los fondos sindicales de pensión y, asi mismo, de los fondos de inversión de los trabajadores en Canada ; segundo, comprender los factores que afectan las estrategias de inversion social en tales fondos. Una muestra nacional de 189 fondos de pensión, con activos de por lo menos 50 millones de dolares, fue obtenida a partir del Directorio Canadiense de inversiones de fondos de pensión (Toronto : Maclean Hunter) ; la muestra incluye 10 fondos de inversión patrocinados por los trabajadores, la mitad de los cuales en Canada. La información indica que los fondos de pensión en Canada tienen una inversion social minima. Hay una inversión social un tanto más elevada de los fondos de inversión de los trabajadores, y particularmente de los fondos de inversion promovidos por los trabajadores con patrocinio sindical genuino. El estudio explora tambien los factores asociados con la inversión social de dichos fondos.