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Volunteer Activity and the Demands of Work and Family

Rafael Gomez et Morley Gunderson

Abstract

The importance of volunteer activity for employees, employers and governmental and non-governmental organizations that are increasingly relying on volunteers is discussed, followed by an econometric analysis relating volunteer activity to a variety of characteristics of work and family as well as to personal and demographic characteristics of the volunteers. The analysis is based on Cycle 9 of the Canadian General Social Survey (GSS) of 1994—an ideal data set since it links volunteer activity to a wide range of characteristics of work and family. The results are interpreted through the lens of a household production function framework, highlighting the importance of time cost and income, but also characteristics of work and family.

Résumé

Le bénévolat et les exigences du travail et de la famille

Les déterminants du bénévolat sont abordés ici en accordant une attention particulière au jeu des exigences du travail et de la famille. Des variables d’ordre explicatif incluent des mesures de revenus et de richesse, des caractéristiques du travail et du temps de travail (par exemple, le travail posté, l’horaire flexible, le travail à la maison, la semaine de travail comprimée, le statut syndical, la surqualification, la menace de perte d’emploi, la nature exigeante du travail, les heures travaillées, le prestige de l’occupation et le secteur industriel) et des caractéristiques de la famille (par exemple, l’état matrimonial, la présence ou non d’enfant, la nature du travail du conjoint, l’état de santé, la scolarité et l’appartenance religieuse).

Le cadre théorique retenu est celui d’une fonction de production propre au ménage. Il met en lumière l’importance de la prise de décision familiale en matière d’activité bénévole aussi bien que le rôle du ménage en tant qu’unité de production et de consommation. Il fait ressortir le caractère potentiellement substituable du temps et de l’argent aussi bien que l’importance du coût du temps et du revenu, et également les caractéristiques du travail et de la famille.

Ici, l’analyse économétrique est fondée sur les réponses de 6 212 répondants du Cycle 9 de l’Enquête sociale générale (ESG) du Canada de 1994. Elle présente un ensemble de données idéales dans ce type d’analyse puisqu’elle relie le bénévolat à un vaste spectre de caractéristiques propres au travail et à la famille. On a fait appel à une analyse de régression logistique, étant donné le caractère dichotomique de la variable dépendante, en lui attribuant le chiffre « un » lorsque la personne s’était adonnée à une activité bénévole formelle au cours d’une période de temps et le chiffre « zéro » lorsqu’elle ne s’y était pas adonnée.

Le bénévolat présente une composante importante et productive qui peut améliorer le rendement de divers groupes dans une relation d’emploi : les employés, les employeurs, les gouvernements et les organisations qui, de plus en plus, ont recours à des bénévoles. Cette importance est susceptible d’augmenter dans le futur parce que l’offre et également la demande de travail bénévole vont aller possiblement en s’accroissant. La demande de travail bénévole est susceptible de s’accroître pour combler un vide occasionné par le retrait de certaines activités gouvernementales, la désinstitutionalisation et les soins fournis par la communauté, particulièrement ceux qui sont reliés à une population vieillissante dont l’espérance de vie est plus longue et qui auront à envisager l’héritage d’une inégalité croissante des revenus et de la réduction des paiements de transfert. L’offre de travail bénévole est aussi sensée s’accroître dans la mesure où s’harmonisent les phases de transition entre l’école et le travail, le travail et la retraite, où on retrouve également un nombre plus élevé d’individus au cours de ces périodes.

C’est alors qu’il devient important de comprendre les facteurs qui incitent au travail bénévole et, plus particulièrement, les facteurs associés au travail et à la famille, vu l’importance du bénévolat pour le travail et la famille. Nos travaux empiriques mettent en évidence la possibilité que fournit la fonction de production des ménages pour permettre une meilleure compréhension de la décision d’offrir du travail bénévole.

Ainsi, les gens sont plus susceptibles de faire du bénévolat s’ils peuvent « se le permettre » et ils le sont moins si le coût de substitution de leur temps est élevé. Ils sont aussi plus susceptibles de faire du bénévolat si le travail et les horaires des lieux de travail le facilitent ou ne présentent pas d’obstacles à se faire. Le fait que des membres de la famille vont possiblement offrir du bénévolat s’ils ont des enfants à la maison, en dépit de la compression du temps reliée à l’éducation des enfants, fait ressortir la nature complémentaire du bénévolat et la nature sociale de beaucoup d’activités familiales telles que l’éducation des enfants. Ce phénomène est d’autant plus vrai qu’il est étayé par le fait que le bénévolat n’est pas diminué par la compression du temps reliée à des longues heures de travail ou par le fait que le conjoint est sur le marché du travail ou de retour aux études. Les familles occupées semblent faire plus de tout, incluant le bénévolat. Les heures de travail imprévisibles et le travail par postes ont en effet un impact négatif sur le bénévolat.

La nature productive du bénévolat est aussi mise en exergue par sa popularité auprès de jeunes travailleurs à une période de leur carrière où le réseautage et la rédaction de c.v. deviennent importants au moment de faciliter la transition de l’école au travail. Alors que le bénévolat ne semble pas réagir aux coûts et aux bénéfices associés à l’environnement du travail et de la famille, des personnes différentes semblent montrer différentes caractéristiques qui les incitent à collaborer à des activités sociales telles que la religion, le fait de travailler dans les services sociaux ou simplement de s’adonner intensivement à toutes sortes d’occupations, incluant le bénévolat. Le travail et la famille demeurent importants, mais le sont également d’autres traits naturels chez les personnes les incitant à s’engager dans un large éventail d’activités d’orientation sociale.

Resumen

Actividad voluntaria y las demandas de trabajo y familia

Se discute aquí la importancia de la actividad voluntaria para los empleados, empleadores y las organizaciones gubernamentales y no-gubernamentales que son confiadas cada vez más a los voluntarios. Sigue un análisis ecométrico que relaciona la actividad voluntaria a la variedad de características de trabajo y de familia y también a las caractéristicas personales y demograficas de los voluntarios. El análisis se basa en el Ciclo 9 de la Encuesta Social General Canadiense (Canadian General Social Survey – GSS) de 1994 – un conjunto ideal de datos puesto que se vincula la actividad voluntaria a una amplia gama de características del trabajo y de la familia. Los resultados son interpretados desde la óptica del esquema funcional de la producción familiar, destacando la importancia del tiempo invertido y el ingreso, pero también las características de trabajo y de familia.