Accueil » 60-3 ( 2005) » Global Unions: Past Efforts and Future Prospects

Global Unions: Past Efforts and Future Prospects

Peter Fairbrother et Nikolaus Hammer

Abstract

International trade unionism faces a major challenge. Historically, Global Union Federations have been small and relatively remote international union secretariats with limited capacity to mobilize and speak on behalf of local members. However, with the changing architecture of international capital and nation states, these union bodies have started to renew themselves. The argument is that the emergent political economy provides the base upon which these unions can begin to campaign and represent members in more dynamic ways than in the past. Critical to these developments has been the promulgation of International Framework Agreements which adapt and extend familiar tools of representation. The outcome is the possibility of a multi-faceted form of trade unionism.

Résumé

Le syndicalisme international

Efforts passés et perspectives d’avenir

Le syndicalisme international a connu des développements majeurs en réaction à la configuration mouvante du capital international depuis le début des années 1970. La clef de ce phénomène réside dans la place prépondérante qu’occupent des firmes transnationales en s’imposant comme institutions de l’économie internationale et comme initiatrices des changements dans les structures de classe qui s’ensuivent. En partant de cela, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et les Secrétariats professionnels internationaux d’alors (renommés en 2000 sous le vocable de Fédérations syndicales internationales) ont commencé à gérer cette situation stratégique nouvelle. De façon croissante, les centres d’intérêt que constituent les canaux institutionnels bien établis tels que les Nations Unies et, plus particulièrement, l’Organisation internationale du Travail, se sont déplacés et il s’établit graduellement un processus de développement et de raffinement d’instruments de négociation au niveau de l’entreprise. Quoique des efforts, tel que celui de la création des comités d’entreprises internationaux, ont connu un échec au cours des années 1960, on prétend que les années 1990 ont marqué un regain chez les institutions syndicales, basé sur un changement des conditions matérielles de l’ordre international.

Deux développements sont au coeur de ce changement. D’abord, les trois dernières décennies ont fourni une plateforme pour le développement d’un éventail d’instruments organisationnels et de représentation, des forums tels que des codes de conduite, des réseaux internationaux de syndicats, les comités d’entreprises européens, les comités d’entreprises internationaux et les accords-cadres internationaux. Alors que les trouées effectuées dans la promotion et la stabilisation de ces instruments ou forums étaient souvent mineures sur le moment, on y voyait là la formation en partie d’un répertoire cohérent de relations industrielles à l’échelle internationale. L’importance dans l’avenir de ces initiatives réside dans le fait qu’elles centrent l’action syndicale sur les entreprises transnationales et qu’elles fournissent la base pour l’établissement d’un lien entre le local et l’international.

Ensuite, un deuxième mouvement important s’est produit avec le développement des campagnes pour les droits des travailleurs, qui ont accaparé les activités et l’organisation de la CISL et des fédérations syndicales internationales au cours des années 1980, et plus particulièrement au cours des années 1990. À l’origine, ces campagnes ont pris le nom de campagne pour la « clause sociale ». Alors que le lien entre le commerce international et les normes principales du travail ne s’était jamais réalisé, cet événement prenait une importance durable, en ce sens qu’il façonnait une partie clef de l’agenda du syndicalisme international. Ce processus a également débouché sur une répartition de la responsabilité, alors que la CISL assumait un rôle de leader en transigeant avec les agences supranationales, telles que l’Organisation mondiale du commerce et le Fond monétaire international; les fédérations syndicales internationales envisagèrent la possibilité de négociations internationales impliquant des syndicats nationaux, des entreprises transnationales, des associations d’employeurs et, à l’occasion, des États.

En centrant leur attention sur les entreprises transnationales, au moment où se développait la première vague des comités d’entreprises internationaux et des codes de conduite, de même que l’attention accordée au noyau des droits des travailleurs, les fédérations syndicales internationales sont parvenues de façon croissante à mettre ensemble les fragments d’une structure de base de relations industrielles internationales. Cela prit forme dans la poursuite d’accords-cadres internationaux, plus particulièrement vers la fin des années 1990. Même si les origines des accords-cadres internationaux datent des années 80 avec Danone et l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, ce ne fût pas avant que les entreprises transnationales oeuvrent dans un environnement d’échanges internationaux que les fédérations syndicales internationales commencèrent à connaître le succès dans la réalisation de telles ententes. En tout et partout, 37 accords-cadres mondiaux ont été conclus avant le mois de mars 2005, dont 32 ont été signés depuis le début de l’an 2000.

Chose étonnante, on a relativement peu discuté du syndicalisme international dans les débats sur la revitalisation ou le regain du syndicalisme, sauf quelques exceptions qui ont abordé l’analyse du syndicalisme mondial sous l’angle de l’économie politique. En s’appuyant sur deux courants d’analyse au sein des débats sur le regain du syndicalisme : les conditions de changement et la capacité émergente d’un syndicalisme mondial, on développe une analyse particulière. L’argument qu’on met de l’avant est à l’effet que bien que les formes antérieures d’organisation et de représentation du syndicalisme international étaient adéquates (quoique fermées, voire même cloîtrées) au sein de l’ordre international, elles ont dû revoir leurs modes d’organisation et d’opération en regard du nouvel ordre international. Cela a amené un ordre international restructuré et un ensemble reconstitué de relations entre les syndicats internationaux, les agences internationales et les organisations à vocation économique. Alors qu’au cours des décennies 1960 et 1970 des éléments de production et de fabrication à l’échelle mondiale étaient présents, sous formes d’alliances, de partenariats, d’ententes de marchés, d’accord de commerce et autres, ils n’étaient pas complètement développés, ni appuyés par des institutions supranationales matures. Ce n’est qu’en 1990, dans un contexte de pratiques émergentes au plan du syndicalisme international, et en harmonie avec le caractère matériel et institutionnel modifié de l’ordre économique mondial, que ces initiatives syndicales ont connu un changement majeur au plan de leur préoccupation, de leur vision et de la création d’outils et de forums propres à l’organisation et la représentation à l’échelle internationale.

L’aboutissement de ce processus historique se présente sous une forme de syndicalisme en émergence qui comporte de multiples facettes. Un tel syndicalisme adopte le type d’organisation à paliers multiples, avec différents niveaux d’organisation et de représentation, qui fonctionnent de manière inégale en vue d’atteindre la reconnaissance et d’exercer une influence dans les secteurs et les régions à l’échelle internationale. Cela signifie aussi que, parmi les institutions syndicales professionnelles, une division du travail plus cohérente émerge entre les fédérations syndicales internationales et la Confédération internationale des syndicats libres; ce même phénomène se produit également chez d’autres entités du mouvement syndical mondial. De plus, cela signifie que les fédérations syndicales internationales commencent à réviser de façon active et à reconsidérer des approches antérieures dans les circonstances particulières de la fin des années 1990 et celles du début de l’an 2000. Alors que les efforts initiaux déployés par ces organismes, au cours des décennies 1960 et 1970, étaient marqués au coin d’une absence d’appariement entre leurs ressources et leurs ambitions politiques, ces institutions syndicales se trouvent dans une position de poser des gestes en vue de réaliser leurs aspirations et leurs objectifs à l’échelle internationale. C’est dans cette perspective que les institutions syndicales internationales, et plus particulièrement les fédérations syndicales internationales ont fait les démarches nécessaires au cours de la dernière décennie en vue de s’affermir comme institutions syndicales internationales plus efficaces en négociant la reconnaissance de droits syndicaux.

Resumen

Sindicatos globales

Esfuerzos pasados y perspectivas futuras

El sindicalismo internacional enfrenta un desafío mayor. Históricamente, las federaciones de sindicatos globales han sido pequeñas y las precedentes secretarías de sindicatos internacionales tenían limitada capacidad para movilizar y expresarse en nombre de los miembros locales. Sin embargo, con la arquitectura cambiante del capital internacional y de los estados naciones, estos cuerpos sindicales han comenzado a renovarse. El argumento es que la economía política emergente procura la base sobre la cual estos sindicatos pueden comenzar a hacer campañas y representar los miembros de manera mas dinámica que en el pasado. El punto crítico para estos desarrollos ha sido la promulgación de los Acuerdos de estructuras internacionales que adoptan y amplían los instrumentos familiares de representación. El resultado es la posibilidad de formas múltiples de sindicalismo.