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Industrial Unrest in Canada : A Diagnosis of Recent Experience

J. H.G. Crispo et H. W. Arthur

Abstract

To diagnose the recent wave of industrial unrest in Canada, it is first of all necessary to indentify its characteristics. The two major dimensions of this phenomenon concern the source of union militancy and its illegal manifestations.

Résumé

Le malaise industriel au Canada : un diagnostic de la récente expérience

UNE PERSPECTIVE DU MALAISE INDUSTRIEL AU CANADA

Nous pouvons croire au premier abord que le Canada, comme les autres sociétés industrielles libres, a subi la plupart des grandes manifestations du malaise industriel durant les années de croissance économique. Avant de vérifier la vérité de cette croyance, nous nous pencherons sur les deux caractéristiques de la présente vague de malaise qui semble avoir des causes très complexes :

1.—le militantisme spontané des ouvriers du rang ; 2.—le mépris accru de la loi de la part des syndicats.

Mais nous pourrions peut-être dire que ces deux traits sont la rançon de la prospérité.

LE SYNDICALISME, LA NÉGOCIATION COLLECTIVE, LE DROIT ET LES AVOCATS DU TRAVAIL

Le syndicalisme est sans contredit une partie essentielle de l'organisation industrielle d'une société libre. C'est en fait un participant indispensable au processus de la négociation collective. Cependant on ne considère trop souvent que le rôle proprement économique du syndicat, alors que sa plus grande contribution peut aussi bien être dans d'autres domaines.

Si nous considérons le point de vue légal, nous devons noter que le rôle du droit en relations industrielles n'est ni statique ni inévitable. Nos lois du travail soutiennent ce désir que la négociation collective soit une technique pour régulariser les relations industrielles en tentant de balancer le pouvoir entre les deux parties à la négociation. Mais alors que les lois du travail reflètent une pensée contemporaine, la jurisprudence représente un consensus social plus vieux basé sur des divergences de vues au sujet des politiques publiques et des propriétés de la négociation collective. Les politiques plus vieilles penchent vers la protection des entrepreneurs contre l'interférence syndicale alors que la législation contemporaine prone la protection de la négociation collective contre l'hostilité des employeurs.

Tout ceci nous amène à faire quelques remarques sur le rôle de l'avocat en relations industrielles. Même si l'esprit parfois trop juridique des avocats a contribué à empoisonner les relations de travail, ils peuvent, et le font de plus en plus, apporter une contribution à la fois constructive et créative.

LES CARACTERISTIQUES DE LA RECENTE VAGUE DE MALAISE INDUSTRIEL

Pour mieux analyser la récente vague de malaise industriel au Canada, nous devons d'abord identifier plus à fond ses caractéristiques. En plus des deux traits généraux déjà mentionnés, il y en a au moins six autres spécifiques à considérer :

1.—le haut taux de roulement des vieux chefs syndicaux ;

2.—le refus des membres de ratifier les conventions collectives ;

3.—les grèves sauvages ;

4.—les rivalités inter-syndicales ;

5.—la syndicalisation de nouveaux secteurs de l'économie ;

6.—le temps perdu dû aux grèves.

ANALYSE DE LA PRÉSENTE VAGUE DE MALAISE INDUSTRIEL

Dans les lignes qui suivent, nous porterons d'abord notre attention sur les causes du militantisme ouvrier pour ensuite considérer les raisons du mépris qu'ont les syndicats de l'ordre et de la loi.

a)Explication de militantisme des ouvriers du rang

1.—la tendance à toujours demander plus dans notre société d'abondance;

2.—l'inflation et l'élévation du coût de la vie ;

3.—la soi-disant formule Pearson ;

4.—l'insécurité d'emploi ;

5.—le caractère cachotier du patronat ;

6.—la rigidité de la convention collective face aux changements dans les conditions de travail ;

7.—le changement des centres de pouvoir syndicaux et patronaux ;

8.—les accords à long terme ;

9.—le manque d'expérience en négociation collective ;

10.—la croissance du nombre des jeunes membres ;

11.—les facteurs internes au mouvement ouvrier ;

12.—le manque de satisfaction des besoins supérieurs ;

13.—l'élévation du niveau d'éducation ;

14.—le plein emploi ;

15.—les fruits du militantisme ;

16.—le rôle de la direction.

b)Explication du mépris accru des syndicats face à la loi

Ce mépris de la loi doit être placé dans son contexte. Les syndicalistes ont la ferme conviction qu'ils ont peu à gagner et beaucoup à perdre en se soumettant à la loi. Il en serait ainsi dans le cas des délais, piquetages et des injonctions.

Mais il reste que les doctrines développées et administrées par les cours de justice sont souvent rigides et ne répondent pas aux besoins et aux problèmes du régime de négociation collective. Ayant donc perdu confiance dans la loi., les syndicats ont cessé de s'y soumettre. Ceci soulève une question à savoir comment peut-on retrouver la soumission d'antan ? Soit en appliquant la loi à la lettre ou, si cela s'avère inutile, la changer tout simplement.

CONCLUSION

Nous ne prétendons pas avoir apporté une foule de solutions aux problèmes existants. Nous avons seulement tenté de décrire la nature du récent malaise industriel au Canada. Le défi de longue période pour les syndicats serait alors de demeurer à la fois démocratique et responsable.