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Union and Management Decision-Making in the Grievance Process

David A. Peach

Abstract

Based on a study of five U.S. Steel Company, this paper explains union-management interactions in the grievance process.

Résumé

La prise de décision et la procédure de réclamation

La prise de décision en matière de règlement des griefs suscite toute une série d'interactions entre le syndicat et la direction. Le présent article est fondé sur une étude qui s'est faite dans cinq entreprises de sidérurgie aux États-Unis au cours des années 1967 et 1968. Le travail a consisté dans l'analyse des dossiers, dans des entrevues et des observations diverses. Évidemment, les constatations ne portent que sur une seule industrie, celle de l'acier mais, à quelques nuances près, elles sont susceptibles de valoir d'une façon générale, du moins dans l'industrie manufacturière.

Les cas, qui ont été analysés, peuvent se diviser en cinq groupes distincts : la violation de la convention collective par l'employeur, le désaccord sur des faits, l'interprétation de la convention collective, la façon dont la convention est appliquée, les divergences d'opinion au sujet des méthodes d'action.

D'une part, on s'est intéressé d'abord au comportement du syndicat qui peut différer selon sa conception de l'action syndicale, selon son état en tant qu'institution de nature politique. Certains syndiqués s'attaquent automatiquement aux décisions patronales et présentent des griefs formels à chaque fois que l'occasion s'en présente. D'autres syndicats s'attaquent principalement aux nouvelles classifications d'emploi et les griefs de ce genre se règlent généralement en présence du représentant international ou sont soumis à l'arbitrage. D'autres, par exemple, combattent vigoureusement la sous-traitance. Enfin, des griefs formels sont soumis et portés à l'arbitrage chaque fois qu'un salarié ou un groupe de salariés a quelque raison d'espérer de l'arbitrage un avantage matériel quelconque.

La situation politique au sein du syndicat exerce aussi une influence certaine sur la façon de traiter les griefs. Le nombre des griefs a tendance à augmenter lorsqu'il y a lutte entre différents clans à l'intérieur du syndicat et l'attitude à l'endroit des réclamations revêt alors une saveur électorale. On observe aussi un phénomène identique lorsque des groupes de pression se forment pour combattre une décision patronale dans un département.

Toutefois, du côté syndical, le principal facteur qui influe su? le traitement des griefs est sans conteste l'attitude des dirigeants. On peut, à ce propos, classer les dirigeants syndicaux en cinq catégories : il y a les inactifs, les chefs soucieux de régler les problèmes, les avocats et, finalement, les radicaux et les politiciens.

Selon ces différents types de dirigeants syndicaux, on procédera différemment dans le traitement des griefs. L'inactif ne bouge pas : le véritable négociateur a tendance à éviter la présentation de griefs écrits et à discute? au mérite chaque cas soumis ; l'avocat est enclin à défendre la cause jusqu'au bout, qu'elle soit bonne ou non ; quant aux politiciens, ils amassent du capital et, avec les radicaux, ils contestent systématiquement les décisions patronales.

La nature du travail, l'organisation de l'entreprise et le milieu ambiant jouent aussi un rôle sur le nombre des griefs et la façon de les traiter. Ainsi, dans une localité dont la population est peu nombreuse sera-t-on plus enclin à discuter les griefs d'une façon informelle. Enfin, il faut noter que la façon dont procède la direction dans la prise de décision et l'organisation même du service de relations du travail comptent pour beaucoup dans la façon dont les syndicats agissent en matière de traitement des réclamations. Il arrive que le service des relations du travail ne bouge pas tant qu'il n'est pas en présence d'un grief présenté par écrit en bonne et due forme.

Du côté patronal, l'attitude des dirigeants peut se comparer dans une certaine mesure à celle des chefs syndicaux. L'enquête a permis de déceler qu'il y a des employeurs inactifs qui cherchent à éluder les problèmes ou se contentent de référer les cas soumis au service des relations du travail, les dirigeants soucieux de régler les problèmes d'une façon informelle tout comme leurs collègues syndicaux et, enfin, les employeurs autocratiques, qui, au nom du principe de l'autorité, ont pour politique de défendre jusqu'au bout ce qu'ils considèrent être de leurs prérogatives qu'elles soient justes ou non, et qui sont fermés à toute forme; de compromis. Ces attitudes de base se reflètent naturellement dans la façon de traiter les griefs aux différentes étapes de la procédure.

Dans l'ensemble, on peut dire que, en règle générale, l'attitude des employeurs dépend beaucoup de celle des chefs syndicaux, et il y a là une interaction certaine. Il faut aussi noter que, aux étapes préliminaires de la discussion, les employeurs sont sensibles à ce que serait la décision d'un arbitre ou d'un tribunal d'arbitrage. Ils tiennent généralement compte du coût financier du litige et aussi des avantages que peuvent apporter à longue échéance des compromis acceptables.

En bref, le syndicat, devant un grief, doit décider s'il doit le défendre et comment il lui faut le défendre : d'autre part, sujet aux stipulations du contrai:, l'employeur se place dans une situation à peu près identique de défense.