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Industrial Conflict and Industrial Relations in Italy : New Perspectives

Bruno C. Ramirez

Abstract

The author traces the changes which have occurred in Italy's industrial relations systems as a result of the great wave of strikes of 1969. Special emphasis is placed on the emergence of new structures of workers' representation at the plant level, and on the effect these have had on the method of negotiation.

Résumé

Les relations industrielles et le conflit industriel en Italie

Par cet essai, l'auteur s'efforce de définir les tendances générales du système des relations du travail actuel en Italie. La longue période de conflits qui a caractérisé la ronde de négociations de 1969 constitue le point central de la présente analyse. Les formes nouvelles qu'a revêtues le conflit durant la période préparatoire et le déroulement des négociations ont eu un effet décisif sur le processus des relations du travail.

L'état de l'économie italienne à la fin des années 1960 ainsi que l'impuissance des partis politiques qu'appuyait la classe ouvrière de réaliser des réformes sociales essentielles a créé un climat de mécontentement qui a favorisé le militantisme à la base. D'ailleurs, ces tendances se sont accrues d'autant plus que les organisations syndicales n'avaient pas assez de leadership pour obtenir des changements qui s'imposaient dans les conditions de travail.

Le militantisme des travailleurs du rang a engendré la contestation du syndicalisme tel qu'il existait dans la plupart des industries italiennes à l'époque ainsi que la volonté bien arrêtée des militants de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de s'assurer de meilleurs moyens de contrôle sur les conditions de travail. Cette attitude s'est naturellement reflétée sur la nature des revendications des travailleurs (augmentation de salaires à la base, contrôle des rythmes de travail, élimination des dangers et des nuisances, réduction de la gamme des qualifications et participation des ouvriers à la détermination des critères d'évaluation des emplois) et sur la stratégie de négociation mise au point par les militants. Sous la pression de la base, les structures traditionnelles de représentation au niveau de l'usine — comme la Commission interne et la section syndicale d'usine — se sont avérées nettement insuffisantes.

La recherche de nouvelles formes de représentation a donné naissance aux Comitati Unitari de Base (organismes spontanés, donc informels au niveau des usines dans lesquelles les ouvriers se rassemblent en vue de décider les démarches à entreprendre au jour le jour selon les aléas du déroulement du conflit. À mesure que les négociations progressaient et que les questions devenaient plus complexes, la direction des organisations syndicales a repris l'initiative des revendications.

Cette action a considérablement affecté le pouvoir des Comitati Unitari de Base mais elle a aussi forcé les organisations syndicales à réxaminer leur ancien rôle vis-à-vis les revendications de la base et, dans plusieurs cas, à adopter de nouvelles structures qui puissent leur permettre d'avoir de meilleurs contacts avec la vie à l'usine.

La ratification des accords à la fin de 1969 a permis de mettre en place demeilleures structures de représentation ouvrière pour répondre aux réclamations des travailleurs du rang. Tels sont les conseils de chaîne de montage, d'atelier et d'équipe ainsi que les assemblées ouvrières formées des délégués des différents conseils. L'importance de ces organismes nouveaux réside dans les pouvoirs qu'ils détiennent concernant l'établissement de la cadence du travail, des conditions de travail et de catégories d'emplois. Ils ont aussi un rôle remarquable dans la transformation du régime de négociation centralisé et national, où les réclamations fixées d'avance au sommet par les dirigeants syndicaux par un nouveau mode de négociation qui, non seulement permet de reformuler les problèmes pendant la durée des accords, mais qui tient compte de la situation concrète des différentes catégories de travailleurs et de la nature des entreprises, ce qui oblige les syndicats à tenir compte des desiderata exprimés par les comités d'usine et les associations locales de travailleurs.