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A Time Series Analysis of Female Labour Force Participation Rates Disaggregated by Marital Status

William D. Walsh

Abstract

This paper analyzes the cyclical behavior of the labour force participation rates, adds a marital status dimension to the customary age categories generally used and includes seperate measures of the additionnal and of the discouraged worker effect.

Résumé

Le taux d’activité de la main-d’oeuvre féminine et le statut matrimonial

Cet article a pour objet d'apporter une double contribution à l'analyse des taux cycliques d'activité: d'une part, par l'utilisation de statistiques canadiennes encore inexploitées, de façon à ajouter la dimension du statut matrimonial aux groupes d'âge ordinaire utilisés dans l'analyse des séries chronologiques de l'activité de la main-d'oeuvre féminine et, d'autre part, par l'application d'un modèle empirique qui mesure séparément les effets du travailleur additionnel et du travailleur découragé.

Les hypothèses étudiées résultent de deux observations fondamentales. En premier lieu, les décisions des femmes qui appartiennent à une unité familiale, si on les distingue de celles des célibataires, sont influencées, non seulement par leurs propres conditions économiques, mais aussi par la situation personnelle et les conditions économiques des autres membres de la famille. En second lieu, la population féminine est une source potentielle de travailleurs additionnels, c'est-à-dire de personnes dont le choix entre les tâches domestiques et la participation à la population active est fortement marquée par les variations de l'activité économique.

L'hypothèse la plus probable, c'est que, d'une façon générale, les femmes de tous les groupes d'âge sont sujettes à la situation du travailleur découragé, tandis que seules les femmes qui vivent au sein d'une entité familiale peuvent parfois être sujettes à la situation du travailleur additionnel. Si l'on considère d'abord la situation du travailleur découragé, on se rend compte que l'amélioration des conditions économiques augmente la probabilité de recherche d'un emploi: les femmes se présentent alors sur le marché du travail ou elles ne le quittent pas si elles s'y trouvent déjà. Par contre, des conditions économiques mauvaises les découragent d'entrer sur le marché du travail ou les incitent à s'en retirer. S'il paraît plausible que la situation de travailleur découragé s'applique à tous les groupes d'âge chez les femmes, il faut reconnaître que cet état est relativement faible pour les groupes dont le taux moyen de participation est élevé, principalement les célibataires de 25 à 54 ans.

Dans cette dernière catégorie, on retrouve aussi la situation de travailleur additionnel qui s'explique par les efforts de travailleurs d'appoint pour stabiliser le revenu de la famille face à la variation des gains du gagne-pain principal. Une activité économique à la baisse et un taux de chômage à la hausse chez le gagne-pain principal incitent les travailleurs d'appoint à quitter leurs tâches habituelles pour entrer sur le marché du travail dans un effort pour subvenir aux besoins de la famille. Par contre, l'amélioration de l'activité économique et la baisse du taux de chômage chez les gagne-pain principaux permettent aux travailleurs d'appoint de demeurer à la maison.

Il semble que les femmes mariées soit la source principale de travailleurs additionnels dans la main-d'oeuvre d'appoint. De plus, il faut s'attendre à ce que la condition plus forte de travailleur additionnel chez les femmes mariées varie en fonction de l'âge. Particulièrement, on peut estimer que la situation de travailleur additionnel soit la plus marquée chez les femmes mariées d'âge moyen (25-54 ans) et relativement plus faible chez les plus jeunes (15-24 ans) et chez les plus âgées (55 ans et plus) des femmes mariées. La raison de cet état de choses, c'est qu'il est probable que les femmes mariées d'âge moyen appartiennent à des unités familiales pour qui les conséquences d'une perte de revenus sont particulièrement pénibles. Ainsi, le remboursement de dettes à longue échéance ou le paiement des études post-secondaires des enfants tend à atteindre un sommet pendant la période d'âge moyen et, à ce moment, le manque à gagner du travailleur principal de la famille pousse le travailleur d'appoint à entrer sur le marché du travail.

La jeune femme mariée, au contraire, appartient plutôt à une unité familiale où, comparativement, il y a moins de dettes à rembourser, où l'on dispose d'une période plus longue pour les rembourser et où il y a de bonnes chances d'y avoir des enfants d'âge préscolaire. Ces facteurs sont de nature à réduire la possibilité de la jeune femme mariée de réagir aux variations des conditions économiques en tant que travailleur additionnel.

La situation est la même chez la femme mariée plus âgée qui a également de bonnes chances d'appartenir à une unité familiale où il n'y a plus de dettes à rembourser, où l'on a réussi à se procurer les biens désirés et où l'on a de côté des épargnes qui permettent de faire face à l'éventualité du chômage temporaire du gagne-pain principal.

Enfin, il faut ajouter que, bien que la situation de travailleur additionnel soit l'attribut des femmes mariées, ce comportement ne leur est pas exclusif. De jeunes célibataires qui sont membres d'une unité familiale et qui s'occupent à une activité qui ne relève pas du champ de la main-d'oeuvre peuvent être sujettes à la condition de travailleur additionnel. La même observation peut s'appliquer en certaines circonstances aux séparées, aux veuves et aux divorcées.