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Strike Activity and Wildcat Strikes in British Columbia : 1945-1975

E. G. Fisher

Abstract

This paper extends and updates the research of Professor Jamieson on strike activity in British Columbia for the period 1945-1975.

Résumé

Grèves et grèves sauvages en Colombie Britannique

L'auteur présente et analyse le modèle des grèves en Colombie britannique de 1945 à 1975 et celles-ci sont classée en trois groupes distincts: celles qui se produisent à l'occasion d'une première convention collective, celles qui sont déclenchées lors du renouvellement de la convention et, finalement, celles qui ont lieu en cours de convention. L'auteur traite en particulier de ces dernières qu'on appelle aussi grèves sauvages, grèves illégales, grèves inautorisées, grèves de protestation. Les sources des statistiques relatives aux grèves sont tirées des publications du ministère du Travail de la Colombie britannique et de celles d'une agence publique qui désire conserver l'anonymat. L'enquête a porté sur quatre secteurs d'activité: le secteur privé de compétence fédérale, le secteur public de compétence fédérale, les pêches et le secteur de la compétence de la province. La plus grande partie de l'étude se rapporte aux arrêts de travail qui se sont produits dans le secteur qui est du ressort de la province. On y a retenu le secteur des pêches en considérant que la négociation porte sur le prix du produit, le poisson, plutôt que sur le prix du travail lui-même et qu'il y a eu, au cours de la décennie 1970, conflit entre la province et le gouvernement fédéral en matière de l'établissement des réglementations relatives à cette industrie.

Pendant la période de 1945 à 1975, 12% de toutes les grèves relevant de la compétence de la Colombie britannique eurent lieu à l'occasion de la négociation d'une première convention collective et elle ont duré en moyenne 73.4 jours ouvrables. 52% se sont produites lors du renouvellement d'une convention collective et elles ont duré en moyenne 41.1 jours ouvrables. Enfin, 36% sont survenues en cours de convention et elles ont duré en moyenne 6.2 jours ouvrables. Le recours à la grève s'est accru graduellement au cours des décennies 1940, 1950, 1960 et surtout 1970. D'ailleurs, ces statistiques sont identiques à ce que Carrothers et Palmer (1966, 234) ont constaté en Ontario de 1958 à 1965. Le nombre des grèves, ainsi classées en tenant compte de la convention, obéit aux cycles économiques, mais leur durée n'y est pas reliée. Cette dernière constatation confirme celle de Walsh (1975, 47-48) pour ce qui est de la durée de l'ensemble des grèves au Canada en fonction des cycles économiques, et, dans les deux cas, pour les motifs que Stem (1978, 38) a énoncés. Une constatation fondamentale de la présente étude, c'est que les séries pour le nombre et la durée des grèves, classées selon la nature de la convention, diffèrent considérablement, ce qui signifie qu'il faut les analyser séparément.

Les grèves en cours de convention ont été étudiés d'une façon spéciale parce qu'elles sont surtout des grèves illégales et qu'elles ont par conséquent un intérêt d'ordre public. Il faut souligner que la proportion des grèves sauvages est plus élevée en Colombie britannique que dans l'ensemble du Canada et aux États-Unis. On peut présumer que ceci est attribuable au fait que l'économie de cette province repose sur l'exploitation des ressources naturelles (Clack 1975, 9-10). Il y eut une augmentation marquée des grèves sauvages en Colombie britannique, de 1965-1969 jusqu'à 1970-1973, augmentation qui fut sans parallèle ailleurs au Canada.

Deux déterminants économiques de ce type de grève furent tirés de la théorie de Rees (1952) sur les grèves sauvages occasionnées par des frustrations refoulées, soit le pourcentage d'augmentation du coût de la vie et le taux du chômage. Quand on les utilise comme instruments dans une équation régressive, ces variables n'expliquent pas la durée des grèves inautorisées, mais elle expliquent, d'une façon qui n'est pas très significative, le nombre et la fréquence des grèves sauvages. Peut-être cela est-il dû à la nature non-économique des motifs allégués pour justifier ces grèves.

La combinaison interindustrielle des grèves sauvages (tout comme celle des grèves survenues à l'occasion de la négociation d'une première convention ou d'un renouvellement de convention) a également été étudiée. Celle-là est conforme à ce que Kerr et Siegel ont découvert pour l'ensemble des grèves dans leur étude générale. Les essais tentés en vue de comparer la théorie de Kerr et Siegel n'ont pas donné de résultats puisqu'elle n'offre que peu d'hypothèses vérifiables. Les grèves ont surtout eu lieu en Colombie britannique dans l'industrie forestière.

Des variables imaginaires représentant l'influence des changements dans la législation sur la fréquence des grèves furent incluses dans l'équation régressive. Deux variables différentes furent utilisées: l'une qui tenait compte de l'ensemble de la période au cours de laquelle la nouvelle législation fut en vigueur; la deuxième était restreinte aux deux premières années de l'application de la loi.

D'une façon générale, on peut conclure que les modifications apportées à la législation n'ont pas eu d'effet sensible sur les grèves sauvages. En conséquence, auraient-elles eu lieu indépendamment des sanction auxquelles on pouvait recourir. Cependant, il y a quelques indices que la législation récente, qui a mis l'accent sur le règlement volontaire et à l'amiable des conflits de droit, peut être préférable à l'approche légaliste et punitive antérieure. Cette nouvelle façon de procéder selon leCode du travail peut avoir eu pour résultat de réduire le nombre des grèves sauvages, ce qui aurait pu également se produire, parce que, en 1974-1975, syndicats et employeurs de l'industrie forestière se sont entendus pour tenter de résoudre leur conflits sans recourir à des arrêts de travail illégaux.