Accueil » 43-2 ( 1988) » Some Effects of Unemployment on the Health of Unemployed Quebec Workers

Some Effects of Unemployment on the Health of Unemployed Quebec Workers

Lee Soderstrom

Abstract

The author estimates the effect of being unemployed on the health of unemployed Quebec workers. The results imply that the health effects are heterogenous, at least for unemployed men and women.

Résumé

L'idée que le chômage est nocif pour la santé des gens en est une qui est très répandue. La recherche sur ce sujet est à l'origine du présent article. Pour estimer les conséquences du chômage sur la santé des travailleurs sans emploi au Québec, on a compare l'état de santé d'un certain nombre de salaries sans travail à celui d'un groupe de personnes qui détenaient un emploi en utilisant cinq mesures destinées à apprécier leurs conditions de santé tant physiques que mentales.

Les statistiques proviennent de l'Enquête Sante Canada, une enquête-maison effectuée en 1978 et en 1979. On a évalue l'état de la santé des travailleurs en recourant à trois indicateurs différents de la santé mentale, à la possibilité d'hypertension et à la probabilité d'éprouver de nouveaux problèmes de santé dans les deux semaines précédant l'entrevue de l'enquête. On a procédé à des analyses distinctes pour les hommes maries de 25 à 64 ans, pour les femmes mariées de 25 à 64 ans, de même que pour les jeunes de 15 à 24 ans.

L'analyse effectuée pour chaque groupe démographique est fondée sur une série de modèles de santé à variables multiples et on a mis un modèle au point pour chaque mesure de santé. Chacun contient deux ensembles de variables, celles relatives au chômage et les autres déterminants de la santé. Un certain nombre de variables concernant le chômage ont été utilisées, non seulement en vue de distinguer les chômeurs des personnes au travail, mais aussi pour établir des différenciations entre les sans-travail eux-mêmes. Une des idées maitresses à la base de cette analyse est que les effets du chômage sur la santé ne sont pas les mêmes pour tous les sans-travail. Le chômage peut exercer une influence défavorable sur la santé de certains travailleurs, mais il peut améliorer celle d'un certain nombre d'autres, qui, s'ils avaient un emploi, auraient travaillé dans des conditions insalubres. De plus, l'importance des conséquences du chômage sur la santé peut varier d'un individu à l'autre selon leurs caractéristiques personnelles et socioéconomiques tout aussi bien que selon les conditions de leur santé.

La forme générale de chaque modèle en est un de régression linéaire. Les coefficients de régression mesurent les effets de l'état de saintes compares aux caractéristiques des personnes en chômage, tout comme les déterminants de la santé. Plusieurs techniques différentes d'estimation multivariée ont été utilisées pour jauger les différents modèles.

Une fois celles-ci au point, on s'est servi des modèles afin de répondre à deux questions. Premièrement, la santé des travailleurs en chômage est-elle touchée par le fait d'être en chômage? Les résultats indiquent qu'on a remarqué une influence sur l'état de santé des personnes sans travail significative d'un point de vue statistique. La santé mentale était atteinte dans les trois groupes démographiques. Pour les hommes et les femmes maries, être en chômage affectait leur probabilité d'éprouver un nouveau problème de santé. On n'y décelait, cependant, aucun signe d'hypertension. De plus, comme on l'avait présume, les effets sur leur santé variaient beaucoup. Il y avait indication de réactions tant positives que négatives, et l'importance de celles-ci changeaient d'une personne à l'autre parmi les sans-travail.

La deuxième question a consiste à se demander si ces effets sont importants à la fois quant à la proportion de chômeurs dont la santé a été affectée et quant à l'ampleur des problèmes de santé éprouves. La réponse à pareille question est complexe. Bien qu'un nombre considérable d'hommes, de femmes et de jeunes aient apparemment ressenti des problèmes de santé, les effets ont semblé peu notables dans la plupart des cas. En réalité, les résultats obtenus laissaient entendre qu'aucun des jeunes en chômage n'avait subi des réactions marquées. Il est possible, toutefois, que des problèmes se rapportant aux données mêmes soient responsables de ce résultat étonnant chez les jeunes sans emploi.

Quelques hommes en chômage et le quart des femmes sans travail ont vu leur santé mentale fortement ébranlée. Et une minorité significative tant chez les hommes que chez les femmes couraient le risque d'avoir de nouveaux problèmes de santé à cause de leur situation de chômeurs. Par ailleurs, pour beaucoup d'hommes et de femmes sans emploi, ce danger était réduit du fait même qu'ils étaient sans travail. Cette dernière constatation souligne la diversité apparente des conséquences du chômage sur l'état de santé.

Ces résultats que l'on a notes au Québec ressemblent à ceux obtenus d'analyses comparables touchant les effets du chômage sur l'état de la santé constates dans les provinces de l'Atlantique, en Ontario et dans l'Ouest. Partout le chômage engendre certaines conséquences négatives considérables sur l'état de santé de certains sans travail tout comme il peut avoir quelques effets positifs ou bénéfiques chez d'autres individus.