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Biculturalism and Personnel Administration

Biculturalism and Personnel Administration

Fernand-G. Malo

Volume : 23-3 (1968)

Résumé

La gestion du personnel et le biculturalisme

Les griefs des Canadiens français sont de plus en plus écoutés. Teintée au début d'une certaine sympathie, l'attitude des Anglais face au problème a changé d'une façon telle que les deux cultures en présence sont prêtes à faire des concessions. Le problème est loin d'être réglé et souvent on se retrouve aux positions extrémistes originales.

LE PROBLEME

Parmi les griefs des Québécois, il en est, des plus importants, qui ont des implications économiques. Mais nous devons nous rappeler qu'il n'y a pas qu'une partie en cause qui ait tort.

Historiquement, nous devons nous rappeler que les Canadiens français se sont bien gardés de « se lancer en affaire » et préférèrent de beaucoup les professions libérales.

Vu que les Canadiens de langue anglaise contrôlaient l'activité commerciale au Québec, naturellement l'anglais devint la langue du travail. On retrouve alors une situation explosive en puissance.

Si nous faisons l'hypothèse qu'il vaille la peine que le Canada soit un pays et que sa fragmentation soit une absurdité économique, chacun d'entre nous doit se faire un devoir de reconcilier les intérêts en conflit et de préserver l'unité canadienne.

LE RÔLE DE L'INDUSTRIE

L'industrie a forcé les groupes ethniques à sortir de leur gherto et ceci peut contribuer à refaire l'unité de ce pays ou à accentuer l'écart existant, dépendant de l'intérêt des cadres face à ce problème.

Il serait stérile présentement de tenter de trouver les responsables de la situation. Les torts sont également distribués.

L'industrie, par ses politiques touchant le personnel et le commerce pourraient contribuer non seulement à atténuer les tensions mais encore à promouvoir un nouveau concept du canadianisme en reconnaissant les différences afin d'atteindre une meilleure unité.

L'augmentation du nombre des jeunes Québécois intéressés par le domaine scientifique et leur intérêt au monde des affaires nous amène à croire qu'avec le temps le problème de vivre les uns avec les autres va se régler de lui-même.

LE BILINGUISME DANS L'INDUSTRIE

Le bilinguisme, dans l'industrie, pour les Canadiens français, est dû au fait que les postes de commande appartenaient aux Canadiens de langue anglaise qui eux ne voyaient pas la nécessité de donner au français une place dans le monde des affaires.

Du point de vue pragmatique, cela a du bon sens. Mais pour le Canadien français le progrès à l'intérieur d'une compagnie était limité.

Aujourd'hui les Québécois ont leur mot à dire dans l'industrie et cette dernière a besoin d'eux et essaie de s'adapter au bilinguisme. De plus en plus les compagnies recrutent, communiquent, négocient et établissent des programmes de formation dans la langue de leurs employés. Il reste qu'il serait insensé d'aller d'un unilinguisme à un autre. L'expérience de la Suisse pour ce qui a trait au bilinguisme est à considérer très sérieusement.

LES PRÉREQUIS AUX AMÉLIORATIONS

Il y a quelques conditions nécessaires à la promotion du bilinguisme ?

1.—de meilleures méthodes d'enseignement des langues dans nos écoles ;

2.—les Canadiens français devraient encourager ceux qui essaient de parler français plutôt que de leur répondre en anglais ;

3.—le bilinguisme devrait être considéré comme un actif offrant de nouvelles valeurs culturelles et non comme quelque chose qui appauvrit l'esprit.

LE BICULTURALISME

La langue n'est pas la seule cause de division au Canada. Le biculturalisme exprime toutes les autres choses qui séparent les Québécois des Canadiens anglais.

LA GESTION DU PERSONNEL

Il semble, d'après quelques recherches, que quelques-unes des difficultés rencontrées par le Canadien français peuvent être dues au fait qu'ils ne se sentent pas à l'aise dans un milieu grandement influencé par une autre culture.

Vu le travail d'équipe nécessaire dans toute organisation, il serait peut être adéquat de souligner que des études en dynamique des groupes semblent démontrer des différences extrêmes dans le comportement de chacun des groupes.

L'industrie pourrait grandement aider à pallier aux différences culturelles en revisant leurs politiques de personnel et en mettant l'accent sur la formation et le développement.

CONCLUSION

Il y aura un grand pas de fait quant à l'impasse dans laquelle nous nous trouvons lorsque l'industrie aura réussi à recruter et à développer un grand nombre de cadres de langue française. Cependant, les Canadiens français ne veulent pas de charité. Ils veulent contribuer à la vie nationale, mais ils désirent également le respect de leur droit d'épanouissement personnel au travail.

This article is a reproduction of an address to the Montréal Chapter of the I.R.R A November 25, 1964.