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Canada's New Deal in the Needle Trades: Legislating Wages and Hours of Work in the 1930s

Mercedes Steedman

Abstract

 The essay examines the drafting of Canada's industrial standards legislation and its consequences in the clothing industry. In particular, it argues that the legislation formalized the subordination of specific sectors of workers in the clothing shops. The decision was a political one. How could gender be used as a basis of discrimination in a trade union movement in which women were in the majority? Although the traditional unions (ILGWU and ACWA) made some efforts to organize women, the presence of women in the union bureaucracy was limited. Because of this, the move away from shop-floor unionism towards industry-wide collective bargaining ensured that women had, at best, a peripheral position in union decision making. When the men in the industry sat down to negotiate the legal framework for their trade, most of the political manoeuvring went on in a domain exclusive of women. In the negotiations for the legislation in Ontario and Quebec's clothing industry, men reaffirmed the gendered nature of the work in the trade through legal language enshrined in the industrial standards schedules set for the industry.

Résumé

Le New Deal et l’industrie du vêtement au Canada : la législation sur les salaires et les heures de travail des années 1930

L’adoption aux États-Unis de la National Industrial Recovery Act  en juin 1933 avait établi une sorte de précédent. Cette loi avait en effet pour but d’instaurer la paix dans les industries. Dans celle du vêtement par exemple, elle encourageait les groupes professionnels à la coopération et persuadait le salariat et la direction de travailler avec le gouvernement pour éliminer les pratiques commerciales déloyales, ainsi qu’améliorer les salaires et diminuer les heures de travail. Au Canada, les années de la crise ont eu pour effet d’accélérer la collaboration entre les syndicats et le patronat dans l’industrie manufacturière. Grâce au règne de Roosevelt aux États-Unis et à ses répercussions au Canada, les gouvernements provinciaux du Québec et de l’Ontario ont rapidement rendu possible l’institutionnalisation des relations patronales-syndicales dans l’industrie du vêtement. Les conséquences sociales de la crise et la faiblesse du mouvement syndical ont donc aidé les partisans des réformes sociales à lancer les relations industrielles vers un nouvel âge.
 
Les conséquences économiques et sociales de ces années de dépression ont facilité la coopération entre les syndicats, le patronat et l’État. Tout en étant conscients que leurs organisations pourraient devenir les otages d’un corps public sur lequel ils auraient fort probablement peu d’emprise, les syndicats ont voulu néanmoins que des règles de négociation collective soient établies et sanctionnées par l’État. Pour leur part, les grands industriels ont ressenti les effets de la concurrence effrénée des ateliers à forfait et souhaité que leur croissance soit réglementée. Étant donné la faiblesse des syndicats et, par conséquent, le peu d’appui qu’ils pouvaient offrir à cette fin, l’État est demeuré le seul recours possible pour arriver au but.
 
Le présent article présente l’historique de l’élaboration des lois québécoises et ontariennes relativement aux normes de travail à respecter dans l’industrie du vêtement. Il fait état des documents sur le processus de négociation entre les syndicats, l’État et les employeurs qui permettent de découvrir comment la définition du travail des hommes et des femmes a été enchâssée dans des documents juridiques qui en sont venus à régir les salaires et les heures de travail dans l’industrie du vêtement.
 
L’élaboration de la législation provinciale sur la négociation collective des années 1930 a exercé une incidence décisive sur l'industrie du vêtement de Montréal et de Toronto. L’effort accompli en vue de procurer un nouveau contrat aux travailleurs canadiens a abouti à une législation provinciale régissant les heures de travail et les salaires dans l’industrie du vêtement au Québec et en Ontario. La Loi sur les normes industrielles de l’Ontario et la Loi des conventions collectives de travail du Québec ont été mises en vigueur au moment où le projet de loi américain sur la relance industrielle réorganisait la convention collective au sud de la frontière canadienne. D’une manière plus particulière, la législation et le processus politique de négociation qui l’a accompagné (négociation qui, en bout de ligne, a fixé les heures de travail et les salaires des travailleurs du vêtement) étaient fortement empreints de la discrimination sexiste de l’époque qui ne pouvait que porter préjudice aux femmes qui formaient pourtant la majorité des travailleurs et des syndiqués de l’industrie du vêtement. Devant un gouvernement convaincu de la nécessité d’établir une réglementation précise du travail, les chefs syndicaux ont eu comme tâche d’orchestrer l’assentiment des syndiqués. Toutefois, les négociations de l’Union internationale des ouvriers et ouvrières du vêtement pour dames comme celles des Travailleurs amalgamés du vêtement d’Amérique avec les gouvernements provinciaux se sont déroulées sans que les membres des syndicats y soient mêlés. Les femmes en particulier ont su très peu de choses sinon rien des négociations de l’accord avant qu’il ne soit ratifié. Les hommes qui représentaient les syndicats ont parlé au nom de tous les syndiqués, c’est-à-dire qu’ils ont continué de parler au nom des femmes comme ils le faisaient depuis des décennies.

Resumen

El nuevo acuerdo canadiense en la industria de las agujas : Legislando salarios y horas de trabajo en los años treinta

Este documento examina la redacción del la legislación que gobierna los standares industriales en Canadá y sus consecuencias en la industria del vestido. En particular, la argumentación es que la legislación formalizo el orden ya existente de sectores específicos de trabajo dentro de la industria. La decisión fue política. Como el sexo del trabajador pudo ser utilizado como base discriminatoria en el movimiento sindical en el que las mujeres eran la mojaría ? Aun y cuando los sindicatos tradicionales (ILGWU y ACWA) hicieron esfuerzos por organizar a las mujeres, la presencia de ellas en la burocracia sindical fue muy limitada. Debido a esto el movimiento de un sindicalismo de base hacia un sindicalismo de industria garantizo el limitado papel de las mujeres en el proceso de decisión sindical. Cuando los hombres en la profesión se sentaron a negociar el marco legal de la legislación de la industria, la gran mayoría de las concesiones se otorgaron en sectores donde las mujeres predominaban. En las negociaciones en de las industrias en Ontario y Quebec, los hombres garantizaron la masculinización  del trabajo introducción un carácter masculino a la presentación de la legislación a través del leguaje legal usado y los standares establecidos para la industria.