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Union Merger Support: A Tale of Two Theories

Kay Devine et Yonatan Reshef

Abstract

This research examines the individual decision making of the Energy and Chemical Workers’ Union rank and file members in their choice to support or oppose a three-way merger with the Paperworkers’ Union and the Communications and Electrical Workers’ Union. Two theories, one economic and one behavioral, are used to explain member voting preferences. Results demonstrate that both instrumental and image considerations need to be taken into account when predicting the outcome of a union merger vote.

Résumé

Deux théories à l’appui de la fusion syndicale

La fusion des syndicats s’intensifie à mesure que le salariat lutte pour survivre et prospérer dans un contexte perturbé. Au Canada, par exemple, les syndicats ont été confrontés à de graves récessions, à la concurrence étrangère, au déclin de l’emploi dans les entreprises syndiquées et à la restructuration du secteur public (Chaison 1996). Et il y a peu de chances que le contexte s’améliore dans un proche avenir. Alors, les syndicats canadiens étudient la fusion comme un moyen d’améliorer leur croissance, leur pouvoir et leur propre capacité stratégique (Chaison 1996; Stratton-Devine 1992).
 
Les dirigeants syndicaux ont mis des alliances en marche (Brooks et Gamm 1976), mais la réalisation de la plupart des fusions dépend en bout de ligne du vote des syndiqués qui est obligatoire en vertu de la constitution des syndicats. Il est assez étonnant que la recherche sur la fusion syndicale soit pratiquement silencieuse sur cet aspect. On s’est peu penché en effet sur le processus de prise de décision relativement à la fusion syndicale, et la documentation ne fait état d’aucune théorie sur ce sujet.
 
La présente recherche étudie la prise de décision sur la fusion dans le rang des syndiqués. Elle fait appel à deux hypothèses : la théorie de la décision rationnelle (modèle d’optimisation) et la théorie de l’image (modèle comportemental). Les données de l’étude ont été collectées à partir d’une situation où les membres du Syndicat des travailleurs de l’énergie et de la chimie (STEC), le Syndicat canadien des travailleurs du papier (SCTP) et le Syndicat des travailleurs et travailleuses en communication et en électricité du Canada (STCC) ont voté pour appuyer une fusion à trois.
 
Méthodes et échantillon

Avant le vote, un outil de sondage, conçu pour mesurer les perceptions du syndiqué sur le principal effet de la fusion (théorie de la décision rationnelle), la compatibilité avec les partenaires de la fusion proposée (théorie de l’image) et le degré d’appui du répondant à la fusion, a été remis aux délégués syndicaux dont le vote était décisif.
 
L’échantillon était composé des 332 délégués du STEC qui devaient voter sur la fusion. Ce groupe a été choisi en raison de sa connaissance approfondie de la fusion en cause et, plus important encore, parce que ses membres constituaient les votants dont le choix était décisif. En août 1992, durant le congrès biennal du STEC (avant le vote sur la fusion), une lettre explicative, le questionnaire de recherche (en français et en anglais) et une envelopperéponse préaffranchie ont fait partie de la pochette de matériel du congrès remis aux délégués. À ce moment, les délégués étaient au courant des négociations en cours sur la fusion et, par conséquent, connaissaient l’alliance proposée. Nous leur demandions de remplir le questionnaire et de le retourner dans l’envelopperéponse. Cent vingt-six délégués l’ont fait, soit un pourcentage de 37,9 %.
 
Procédés de mesure
 
Variables dépendantes.  Deux variables dépendantes ont servi à mesurer le degré d'appui accordé à la fusion : une concernant la fusion avec les travailleurs du papier et l’autre la fusion avec les travailleurs en communication et en électricité. Ces deux variables ont été mesurées d’après une échelle de 1 (fort appui) à 5 (forte opposition) en réponse à la question : « Indiquez dans quelle mesure vous appuyez la fusion avec les travailleurs du papier ou avec les travailleurs en communication et en électricité ».
 
Variables relatives à l’instrumentalité de la fusion.  Trois variables composées : croissance, pouvoir et capacité stratégique (StrattonDevine 1992) ont servi à mesurer les effets présumés de l’instrumentalité. Chacun des éléments des variables a été mesuré d’après une échelle de 1 (fort désaccord) à 5 (fort accord).
 
Variables relatives à l’image.  Deux variables agrégées ont servi à mesurer la perception des répondants quant au degré de compatibilité de chacun des deux syndicats avec la propre image de valeur des décideurs : la compatibilité avec les travailleurs du papier (Alpha de Cronbach = 0,91) et la compatibilité avec les travailleurs en communications et en électricité (Alpha de Cronbach = 0,87).
 
Résultats
 
Les résultats de la recherche indiquent que les perceptions autant relativement à l’image qu’à l’instrumentalité déterminent l’appui du syndiqué à la fusion. Le gain de pouvoir et de capacité stratégique a considérablement influé sur l’appui à la fusion avec les travailleurs du papier.
 
Il est intéressant de remarquer que les membres du STEC n’ont pas perçu de gains importants à réaliser par la fusion avec les travailleurs en communication et en électricité au regard de la croissance, du pouvoir et de la capacité stratégique pris séparément. Cependant le groupement des trois variables donne des résultats significatifs. Il faut donc en conclure que l’instrumentalité devient un facteur important lorsqu’on groupe tous les éléments utilisés pour la mesurer. Lorsque chacun de ces éléments est pris séparément, l’instrumentalité apparaît peu importante. Malgré le fait que les répondants croient que plus de gains seraient réalisés par la fusion avec le SCTP, ils accordent un appui plus fort à la fusion avec le STCC (4,2 vs 3,6; t = 5,6, p. < 0,001). L’examen des moyennes sur les éléments de l’image en fournit l’explication. Les membres du STEC estiment avoir plus de compatibilité avec les travailleurs en communication et en électricité qu’avec les travailleurs du papier (3,9 pour le STCC vs 3,5 pour le SCTP; t < 0,001). Il est donc fort probable qu’ils perçoivent les membres du STCC plus proches d’eux quant à la scolarité et à l’expertise technologique.
 
Du point de vue théorique, l’étude indique que l’image du partenaire de la fusion proposée aussi bien que l’instrumentalité devraient être prises en considération pour l’examen du comportement du votant.

Resumen

Soporte para la unificación de los sindicatos, una historia de dos teorías

Este estudio examina las decisiones del sindicato de los trabajadores de la industria de la energía y la química en su elección de ya sea apoyar o estar en contra de la unificación del sindicato con el sindicato de los trabajadores de la industria del papel y el sindicatos de los trabajadores de las comunicaciones y la electricidad. Dos teorías, una económica y la otra relacionada con el comportamiento, fueron utilizadas para explicar las elecciones en el momento de votar de cada trabajador.  Los resultados demuestran que consideraciones instrumentales y de imagen necesitan considerarse en el pronostico de los resultados de la votación de esta unificación.