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The Future of Work: Implications for Unions

Graham S. Lowe

Abstract

 What are the trends shaping the future of work? How can unions respond in ways that will invigorate the labour movement for the twenty-first century? This article addresses these questions by first presenting a critique of the future-of-work literature, followed by a detailed analysis of the best available Canadian evidence of the major forces already exerting pressures for change on workplaces. The shape of tomorrow’s workplace is visible today. Unions will continue to play a vital role in Canadian society by adapting their organizing and collective bargaining strategies to the often contradictory economic, labour market, organizational, human resource management, and demographic trends evident today.

Résumé

L’avenir du travail : implication pour les syndicats

Il est essentiel que les syndicats s’interrogent sur les pressions actuelles intenses pour le changement en milieu de travail. Loin d’être aussi catastrophiques que d’aucuns l’ont suggéré, ces forces posent autant de dilemmes importants aux syndicats que de perspectives d’avenir. Nous soutenons ici que si les syndicats font face aux défis de ces courants de changements en milieu de travail, ils continueront de défier leurs critiques en démontrant leur rôle positif en société démocratique. Nous posons deux questions : quelles sont les tendances pour l’avenir du travail ? Comment les syndicats peuvent-ils réagir pour revigorer le mouvement syndical au XXIe siècle ? Une analyse détaillée de données et de recherches canadiennes permet d’identifier les principales causes exerçant déjà des pressions pour le changement dans les milieux de travail. En somme, le profil des milieux de travail de demain est visible aujourd’hui.

L’environnement économique des années 80 et 90 a créé des bouleversements humains et organisationnels. Un chômage élevé persistant, les réductions d’effectifs, la globalisation de l’économie, le changement technologique constant, la polarisation des conditions de travail et des revenus, le poids des déficits et dettes publiques et la crise du management ont redéfini le travail. Une littérature abondante sur l’avenir du travail a surgi et a débattu la nature et les implications de tous ces changements, le tout accompagné d’écrits normatifs sur la gestion. On retrouve les auteurs sur l’avenir du travail en deux grands groupes : les optimistes, champions du changement et les pessimistes, critiques du changement. Entre les deux, on retrouve un troisième groupe qui prône des réactions politiques pour façonner le changement dans des directions spécifiques.

Beaucoup d’écrits sur l’avenir du travail sont faibles en analyse et grandement spéculatifs. Après lecture d’écrits récents sur la gestion normative, il est important de se rappeler que les réformes prônées sont rarement facilement et complètement appliquées dans les organisations de travail. Cela est d’ailleurs logique avec l’histoire de la pratique de la gestion. Les recherches récentes sur les systèmes de travail hautement performants, par exemple, suggèrent que peu d’employeurs canadiens aient complètement implanté ces changements. Plus que tout, les écrits futuristes sur le travail et la gestion indiquent que nous sommes à un tournant historique où le chemin est ouvert pour de nouvelles idées et approches. Cela signifie, pour les syndicats, que dans un environnement où l’avenir du travail est discuté, c’est une occasion d’influencer le débat en proposant des choix clairs. La façon dont le travail sera organisé et géré sera déterminée par des négociations et des conflits de pouvoir dans lesquels les syndicats peuvent jouer un rôle vital.

Les syndicats doivent se prononcer sur les contradictions profondes affectant la vie des travailleurs aujourd’hui. Par exemple, alors que plusieurs travaillent plus d’heures à un moment de leur vie où ils veulent travailler moins, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix économique, plus de 1,5 millions de personnes sont sans emploi. De plus, malgré toute l’insistance sur les organisations orientées vers les individus, les réductions d’effectifs demeurent la stratégie dominante des employeurs, et le syndrome du survivant est le malaise des années 90. Au plan technologique, contrairement aux prévisions voulant que les ordinateurs détruisent des emplois, la majorité des travailleurs canadiens attribuent l’amélioration de leur emploi aux ordinateurs et peu accusent l’automation pour les pertes d’emploi. Alors que les travailleurs peuvent trouver attrayant la notion « d’organisation apprenante », les employeurs canadiens ont jusqu’à maintenant un pauvre dossier de formation et sous-emploient une grande proportion de leur main-d’œuvre. En effet, la majorité des emplois créés le sont dans le tiers inférieur du secteur des services et non dans les secteurs des techniques de pointe de la « nouvelle économie ». Il est certes vrai qu’il y a une grande préoccupation au sujet du chômage et de la sécurité d’emploi, mais il ne faudrait pas perdre de vue le fait que plusieurs travailleurs veuillent aussi un emploi à la fois flexible et stimulant. Ces forces contradictoires présentent une image fort différente de celle présentée par les futuristes. En examinant ces tendances, nous soulevons des sujets concrets de réflexion pour les syndicats lors de leur définition de stratégies d’organisation et de négociation collective pour le XXIe siècle.

Ainsi, les syndicats devraient considérer l’importance des travailleurs à temps partiels et des travailleurs temporaires parmi les syndiqués, l’urgence de recruter des jeunes travailleurs et de questionner les aspects du développement des ressources humaines que les gestionnaires ont déjà inscrits à leur ordre du jour. Les syndicats doivent également se prononcer sur ces sujets cruciaux que sont l’équilibre travail-famille, la qualité de l’emploi et la formation. Les stratèges syndicaux devraient aussi se demander comment organiser une bonne proportion des travailleurs qui se sentent sous-évalués et sous-utilisés. De plus, les syndicats doivent examiner leurs propres pratiques de gestion des ressources humaines pour poursuivre des approches plus innovatrices et plus flexibles pour les services syndicaux. La menace posée aux syndicats par la nouvelle gestion des ressources humaines et par les systèmes de travail à haute performance peut être réduite si les syndicats se donnent une vision claire. Alors que le débat public sur l’avenir du travail s’intensifie, les syndicats peuvent jouer un rôle clef en parlant pour ces travailleurs sans voix collective, contrebalançant ainsi les tendances dominantes de la gestion.

Resumen

El futuro del trabajo : La implicación de los sindicatos


Cuales son las tendencias que están impactando el futuro del trabajo ?, Como pueden los sindicatos responder en formas que puedan animar al movimiento laboral en el siglo 21 ? Este articulo responde a estas preguntas mediante el análisis de la literatura sobre el futuro del trabajo, seguido de un análisis en detalle de el mejor ejemplo canadiense de las fuerzas en acción que ya se encuentran en trabajo para cambiar el ambiente de trabajo. La forma de el medio de trabajo del futuro es visible hoy en día. Los sindicatos continuaran jugando un papel primordial en la sociedad canadiense mediante la adaptación de sus métodos de negociación colectiva  y organización al siempre contradictorio arco iris formado por la economía, el mercado laboral, las organizaciones, la administración de los recursos humanos y las tendencias demográficas en evidencia hoy en día.