Accueil » 54-4 ( 1999) » Education and Unemployment in Israel, 1976-1994: Reducing the Anomaly

Education and Unemployment in Israel, 1976-1994: Reducing the Anomaly

Jacob (Yaacov) Weisberg et Noah M. Meltz

Abstract

In industrialized economics, unemployment rates are inversely related to education levels. Data from 1963 to 1994 show that Israël is an anomaly exhibiting an inverted U-shaped relationship. Workers with 9-12 years of schooling consistently experienced a higher level of unemployment than the schooling groups with less and more education. Multivariate regression analysis of data for Israël during the 1976-1994 period indicates that this inverted U-shaped relationship is moderating. The national unemployment rate and a time trend variable had positive and significant effects tending to strengthen the inverted U-shaped relationship. However, an increase in the unemployment rate within the 0-8 education group relative to the 9-12 group and a decline in the labour force participation rate of the 0-8 group overrode these factors, resulting in a flattening of the inverse relationship. The major factor responsible for the anomaly in the education-unemployment relationship in Israël appears to be government policies intended to protect low-educated immigrants with large familles. A reduction in government support over recent years seems to have increased the exposure of the least educated to labour market forces.

Résumé

Dans les pays industrialisés, on trouve une tendance commune sur le marché du travail à l'effet que les taux de chômage sont inversement liés aux niveaux de scolarité. Depuis la création de l'État d'Israël en 1948, on observe une relation anormale entre niveaux de scolarité et chômage. Les moins scolarisés comme les plus instruits ont des taux de chômage plus bas alors que ceux possédant un secondaire ont eu et ont encore des taux de chômage plus élevés. Cela produit une relation inverse en forme de U comparée à la relation inverse dans les autres pays développés. Le facteur responsable de cette anomalie semble résulter des politiques gouvernementales visant à protéger les immigrants plus instruits avec une famille nombreuse. Le rôle actif joué par le gouvernement d'Israël donnant préférence sur le marché du travail à ces personnes économiquement et socialement désavantagées a été responsable des taux de chômage relativement bas des moins instruits.

Nous examinons et analysons ici tant l'existence continue de cette relation inverse en forme de U en Israël entre niveaux de scolarité et chômage que la tendance récente à l'aplanissement de cette relation depuis le début des années 80. Deux facteurs sont responsables de cette tendance récente : l'accroissement du taux de chômage de ceux qui ont de 0 à 8 ans de scolarité, et la baisse du taux d'activité de ce même groupe. Certes, deux autres facteurs ont contribué à maintenir cette relation inverse en forme de U, soit l'accroissement du taux national de chômage et le facteur de tendance temporelle; mais leur impact fut annulé par les deux premiers facteurs.

Les raisons de cette dominance des deux premiers facteurs relèvent des changements politiques, sociaux et institutionnels survenus en Israël depuis la fin des années 70. Ces changements incluent la réduction de la création d'emplois pour les moins instruits, la baisse du recrutement par les sociétés de la Couronne, l'abandon du traitement préférentiel par les services d'emploi gouvernementaux et un déplacement des subsides publics vers les nouveaux immigrants plus instruits sous la forme de projets d'initiation aux hautes technologies.

Mais la question demeure : pourquoi y a-t-il encore une relation inverse en forme de U entre le niveau de scolarité et le chômage ? Il semble que les politiques sociales en Israël conservent des éléments significatifs de support aux personnes moins instruites. Par exemple, pendant la période d'immigration massive en provenance des ex-pays soviétiques après 1989, le gouvernement a continué à financer plusieurs projets publics de travail afin de réduire le chômage chez les immigrants, indépendamment de leur niveau de scolarité.

L'implication pour la théorie du capital humain est que la présence de politiques publiques favorisant les moins instruits peut annuler les forces du marché, même pour une longue période de temps. Clairement, cela a fait partie de la politique israélienne depuis 1948. Pour Israël, un nouveau pays dont la population est constituée de gens provenant de plus de cent pays avec différents niveaux et types de scolarité, d'habiletés et de valeurs sociales, le processus d'intégration à la société a été extrêmement difficile.

Les tensions sociales ont été nombreuses et, l'éthique sociale aidant, il y a eut un désir chez les gouvernants de réduire ces tensions causées par les familles nombreuses moins instruites. Ces personnes ont fait face à des difficultés d'ajustement à une nouvelle société majoritairement moderne. Et ces difficultés étaient assez sérieuses pour ne pas être envenimées davantage par le chômage. Israël a même mis sur pied un ministère de l'intégration visant les nouveaux immigrants.

Le renforcement des forces du marché et l'affaiblissement de l'éthique socialiste semble avoir modéré l'étendue de la relation inverse en forme de U, l'amenant graduellement vers une simple relation inverse. Cependant, le fait que cette relation en U existe encore en Israël démontre le pouvoir continu de la politique sociale du gouvernement. Pour combien de temps ? Cela est difficile à dire tant à cause de l'incertitude des priorités politiques futures que de l'évolution du marché du travail.

Resumen

En las economìas industrializadas, la tasa de desempleo esta inversamente relacionada al nivel de educaciòn. Informaciòn de 1963 a 1994 muestra que Israël es una anomalìa mostrando una relaciòn invertida en forma de U. Trabajadores con estudios de 9 a 12 anos consistentemente se encontraron con tasas de desempleo mas elevadas que los grupos con mas y menos educaciòn. Un anàlisis de Regresiòn en multi-variables de la informaciòn de Israël durante los anos de 1976 a 1994 indica que la relaciòn antes mencionada se ha ido moderando. La tasa de desempleo nacional y una variable de la tendencia a través del tiempo tuvieron un buen efecto con tendencias a reforzar la forma del la curva. Sin embargo un aumento de la tasa de desempleo del grupo de educaciòn de 0 a 8 anos en relaciòn con el grupo mencionado y un déclive de la participaciòn de la fuerza laboral del grupo de 0 a 8 anos se sobrepuso a las tendencias resultando en un aplanamiento de la curva. El factor mas importante responsable por la anomalìa en la relaciòn entre el desempleo y la educaciòn en Israël es aparentemente las polìticas del gobierno que pretenden protéger los inmigrantes de baja escolaridad con grandes familias. Una reducciòn en el soporte gubemamental en los ùltimos anos parece haber sometido a una mayor exposiciòn de los trabajadores con menos educaciòn a las fuerzas del mercado laboral.