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Staying the Decline in Union Membership : Union Organizing in Ontario, 1985-1999

Charlotte A. B. Yates

Abstract

In response to a sense of crisis precipitated by the 1995 election of the provincial Conservative govemment in Ontario and more anti-union employers, unions in Ontario have increased resources invested in and priority attached to organizing the unorganized. This article examines how unions have reoriented their organizing strategies to increase organizing effort in the private service sector and amongst women while at the same time experimenting with certain innovative rank-and-file intensive strategies that have significant positive effects on the outcome of organizing drives, The paper concludes that if unions follow through with this renewed commitment to organizing, they are likely to prevent a more serious membership crisis from erupting.

Résumé

Les syndicats en Ontario, et au Canada en général, ont dû faire face à une crise d'adhésion. Cette crise est le résultat de la restructuration économique, des changements politiques et législatifs, et des employeurs enhardis dans leur opposition aux syndicats. Les taux de syndicalisation sont en déclin ou stagnants et il y a des bas taux de syndicalisation dans des secteurs croissants de l'économie, plus particulièrement dans les industries de services du secteur privé. Cette étude, centrée sur l'Ontario, examine la réponse des syndicats à ces défis, à travers la syndicalisation des non-syndiqués.

Cette étude soutient que, face à un climat politique et économique de plus en plus hostile aux syndicats, les syndicats ont augmenté les ressources investies dans la syndicalisation. Ils ont changé leurs projets organisationnels et ont décidé de mettre la priorité sur l'organisation des services dans le secteur privé en adoptant plusieurs stratégies d'organisation innovatrices créées pour obtenir un meilleur taux de réussite dans la syndicalisation. L'adoption de ces stratégies démontre que les syndicats sont capables de s'adapter pour faire face à de nouveaux défis. Le résultat probable de l'adoption de cette voie est que les syndicats auront la capacité de renverser le déclin récent dans le taux de syndicalisation et pourront commencer à accroître le nombre de leurs membres.

Les arguments dans cette étude sont fondés sur trois sources d'information : (1) les informations sur l'accréditation syndicale disponibles auprès de la Commission des relations du travail de l'Ontario, (2) un questionnaire détaillé administré aux organisateurs syndicaux, basé sur le travail de Kate Bronfenbrenner aux États-Unis, et (3) des informations qualitatives à partir des entrevues avec des organisateurs syndicaux, les documents de politiques syndicales ainsi que d'autres documents syndicaux internes.

En se basant sur des informations de la Commission des relations du travail de l'Ontario et sur l'analyse publiée de Martinello (2000) sur les accréditations syndicales en Ontario, cette étude démontre que les tentatives de syndicalisation, les réussites et le nombre de salariés recrutés ont été les plus nombreux sous le gouvernement NPD. Quand les conservateurs sont arrivés au pouvoir, ces succès ont diminué, menant, en général, à moins de campagnes de recrutement, à un taux de réussite moins élevé, et à un nombre plus petit d'employés organisés. Cette expérience, qui a rendu les employeurs plus agressifs et qui a accéléré les changements sur le marché du travail, a amené plusieurs syndicats à augmenter leurs efforts de recrutement. En effet, beaucoup de syndicats avaient déjà identifié la syndicalisation comme étant la clé de leur survie.

En examinant les données pour six syndicats — le Syndicat des métallos unis de l'Amérique (MUA), le Syndicat international des travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), les Travailleurs et les travailleuses canadiens de l'automobile (TCA), la Fraternité unie des charpentiers et menuisiers d'Amérique (FUCMA), le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et la Fraternité internationale des Teamsters —, cette étude démontre qu'ils ont augmenté la priorité interne ainsi que les ressources (l'argent et le personnel) consacrées à l'organisation. Cet engagement plus grand et l'investissement dans la syndicalisation a permis à plusieurs des six syndicats de soutenir des efforts qui ont résulté dans un taux de réussite raisonnable pendant les années du gouvernement conservateur et d'hostilité accrue de la part des employeurs.

Cette étude soutient que les syndicats ne peuvent pas augmenter le nombre de leurs membres sans un investissement de temps et de ressources accrus ; mais que ces moyens seuls ne suffisent pas pour faire face à la crise grandissante d'adhésion syndicale. Les stratégies syndicales déterminent comment les ressources sont investies et si ces investissements produisent des résultats satisfaisants. Compte tenu qu'il y a eu un déclin de l'emploi dans les secteurs où historiquement les syndicats étaient fort présents, par exemple dans le secteur manufacturier, l'étude examine deux aspects de la stratégie d'organisation des syndicats : (1) les réponses syndicales aux changements survenus sur le marché du travail, en particulier, la montée du nombre d'emplois dans le secteur privé et dans le taux de participation des femmes au marché du travail, et (2) les stratégies syndicales sélectives pour organiser les non-syndiqués.

En se basant sur les chiffres concernant l'accréditation syndicale de la Commission des relations du travail de l'Ontario et sur les résultats du questionnaire administré auprès des organisateurs syndicaux, l'étude démontre que les syndicats ont changé leurs priorités et ont mis l'emphase sur l'organisation des non-syndiqués dans les industries de services du secteur privé. Le nombre de demandes pour l'accréditation syndicale dans les industries de services du secteur privé est maintenant rendu au deuxième rang après le nombre de demandes dans le secteur de la construction. Ces demandes d'accréditation dans les industries de services du secteur privé ont augmenté en proportion des demandes totales en Ontario entre les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix. Les taux de réussite dans le secteur sont comparables aux taux dans les autres secteurs, et le nombre d'employés syndiqués dans le secteur des services est en deuxième place après le nombre de travailleurs nouvellement syndiqués dans le secteur manufacturier.

Un changement dramatique dans la stratégie syndicale s'est manifesté par le fait que les syndicats industriels ont tenté d'organiser plus d'unités d'accréditation dans les industries de services du secteur privé que dans leur base traditionnelle dans le secteur manufacturier. Au sujet de la syndicalisation des femmes, les résultats du questionnaire montrent que les femmes ont une plus grande probabilité de devenir membres d'un syndicat que les hommes. Avec chaque augmentation d'un point de pourcentage dans le nombre des femmes dans l'unité d'accréditation, il y une augmentation d'un point de pourcentage dans les chances que le syndicat a de gagner un vote d'accréditation. En dépit de ce fait, les syndicats continuent de concentrer la plus grande part de leurs efforts dans les tentatives de syndiquer les lieux de travail où la majorité d'employés sont des hommes.

La dernière section de l'article examine les résultats du questionnaire administré aux organisateurs syndicaux sur la question de l'impact des stratégies syndicales particulières sur la réussite des campagnes de syndicalisation. L'étude démontre que les stratégies intensives impliquant des militants de la base peuvent être liées à des taux de réussite plus élevés, ce qui confirme les conclusions du travail de Kate Bronfenbrenner sur les syndicats américains. En particulier, les chances de réussite du syndicat dans une campagne de syndicalisation augmentent d'une façon significative si le contact initial, avec l'unité d'accréditation, est établi par un membre du syndicat d'une autre unité d'accréditation, et quand les syndicats établissent des comités de syndicalisation à l'intérieur du lieu de travail.

L'étude conclut qu'en tant qu'acteurs stratégiques, les syndicats exercent une influence sur la destinée de leurs membres à travers leurs activités de syndicalisation. Les syndicats ont été motivés par une atmosphère de crise à développer leurs projets de syndicalisation et ces efforts, s'ils sont réunis avec des ressources accrues et des stratégies syndicales innovatrices, vont probablement avoir un effet positif en renversant le récent déclin et la stagnation du nombre de syndiqués.

Resumen

En respuesta a una sensaciôn de crises precipitada por la eleccion del gobiemo provincial conservador en Ontario en 1995, y por el mayor antisindicalismo de los empleadores, los sindicatos de Ontario han incrementado los recursos invertidos en la organizacion de los no-organizados y mejorado la prioridad acordada a ello. Este documento examina como los sindicatos han reorientado sus estrataegias de organizacion para incrementar el esfuerzo organizativo en el sector de servicios privados y en la poblacion de mujeres mientras que al mismo tiempo experimentan con ciertas estrategias innovadoras de organizacion intensiva de bases que tienen efectos positivos significativos sobre el resultado de las campanas de organizacion. Este articulo concluye que si los sindicatos prosiguen con este compromiso renovado en la organizacion, ellos podran problamente impedir la erupciôn de una crisis de afiliacion mucho mas grave.