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Gender, Race and Class Dimensions of Nonstandard Work

Isik Urla Zeytinoglu et Jacinta Khasiala Muteshi

Abstract

This review article critically analyzes and synthesizes the academic literature on nonstandard work and its gender, race and class dimensions. We argue that it is important and crucial to understand these dimensions of nonstandard work in order to develop appropriate labour policies. We present our discussion in a conceptual framework of duality within which nonstandard workforms are located. We discuss the role the unions could play in achieving equity in labour markets and conclude the paper with recommended labour policy changes to respond to the needs of women, particularly those racial minority and low economic class women employed in nonstandard jobs.

Résumé

Nous cherchons, dans la présente revue de la littérature, à analyser de façon critique et à synthétiser les écrits sur le travail atypique dans ses dimensions de genre, de race et de classe sociale. En plus de la littérature, nous incorporons à notre analyse notre expérience et nos connaissances accumulées par la recherche sur le sujet. Il est important et crucial de comprendre les dimensions de genre, race et classe sociale du travail atypique et leurs interrelations pour élaborer des politiques publiques appropriées. Après avoir défini le travail atypique et l'interrelation des facteurs de genre, race et classe, nous présentons notre discussion dans un cadre conceptuel de dualité à l'intérieur duquel nous situons les différentes formes du travail atypique. Nous entendons par dualité la division de la main-d’œuvre entre les travailleurs principaux et les travailleurs périphériques, division qui se reflète dans des marchés du travail différents selon le sexe, la race et les classes. Dans une telle hiérarchie, le travail féminin, surtout celui des femmes des minorités raciales et des femmes économiquement défavorisées, en est venu à prédominer dans les emplois atypiques les plus périphériques et précaires.

Nous poursuivons notre revue critique de la littérature par une discussion sur le fait que la création d'emplois atypiques est surtout initiée par les employeurs. Le travail atypique est créé dans un marché du travail, dominé par un système de valeurs masculines, qui est fondamentalement construit et stratifié selon le genre, la race et les classes. Nous examinons le rôle que pourraient jouer les syndicats dans l'atteinte de l'équité sur les marchés du travail. Nous concluons en recommandant des changements dans les politiques publiques en matière de travail pour répondre aux besoins des travailleurs, surtout les femmes des minorités raciales et celles économiquement défavorisées qui occupent ces emplois atypiques.

Il n'y a pas de définition claire du travail atypique. Ici, nous le définissons à l'intérieur des grandes catégories de travail : temporaire, à temps partiel et à domicile. Nous nous concentrons sur le sexe, la race et la classe comme étant interreliés et se renforçant mutuellement.

L'accroissement du travail à temps partiel durant les années 1980 a amené plusieurs chercheurs à conclure à l'existence d'une structure dichotomique d'emploi selon laquelle les travailleurs à temps plein constituent le « noyau » et les travailleurs à temps partiel sont embauchés en « périphérie » du lieu de travail. Dans le marché interne du travail, un système de travail à deux niveaux a été défini et a organisé les travailleurs de façon inégale, renforcissant les pratiques d'exclusion et engendrant des désavantages au profit des groupes dominants. Ce n'est pas simplement n'importe quelle femme ou toutes les femmes qui sont prisonnières de l'idéologie du travail atypique : lorsque nous considérons qui fait quel travail, l'histoire et les récentes études de cas indiquent que ce sont les femmes membres des minorités raciales souvent économiquement défavorisées qui fournissent cette flexibilité du travail atypique au marché du travail et aux entreprises. La réalité pour la plupart des travailleuses atypiques est d'être exclues des droits et avantages sociaux, et d'une protection adéquate par les syndicats. Les syndicats, traditionnellement dominés par les hommes, et considérant l'homme comme gagne-pain, se sont structurés pour protéger le travail à plein temps et non le travail périphérique atypique. Sur cet aspect, la littérature se préoccupe encore du degré de support des syndicats pour le travail féminin. Avec les relations d'emploi qui sont en mutation, les syndicats doivent chercher de nouvelles approches pour la syndicalisation et la négociation collective axées, par exemple, sur l'occupation, la région, le secteur ou le type de service, tout en se préoccupant des différents besoins des travailleurs. L'histoire du syndicalisme de métier et les succès actuels de la syndicalisation et de la négociation collective pour un éventail de travailleurs, tels ceux de la construction, les artistes et les médecins, démontrent la possibilité de syndiquer des travailleurs atypiques et de négocier pour eux. Le mouvement syndical doit se joindre aux non-syndiqués, c'est-à-dire les femmes et les travailleurs atypiques, pour contrecarrer les objectifs des employeurs de rendre les travailleurs flexibles plutôt que les processus de production.

Les gouvernements ont longtemps empêché le développement de politiques législatives et réglementaires répondant aux besoins des travailleurs à temps partiel, des travailleurs temporaires et des travailleurs à domicile. On reconnaît de plus en plus maintenant que les lois et règlements internationaux, nationaux ou régionaux et les conventions collectives devraient répondre aux préoccupations spécifiques des travailleurs atypiques et leur fournir une protection adéquate. L'étendue de telle protection varie d'un pays à l'autre. Au Canada, on retrouve une certaine protection pour les travailleurs atypiques dans certaines lois. Le problème ici en est un d'application de ces lois selon les différentes formes de travail atypique. Tels travailleurs connaissent rarement des heures continues de travail, n'ont pas de relation stable et permanente avec leur employeur, ne travaillent pas suffisamment longtemps pour avoir accès aux avantages et aux droits prévus à la loi ou ne jouissent pas d'une relation de subordination juridique suffisante pour être reconnus comme salariés. Il est grand temps de réviser les concepts légaux traditionnels pour permettre de nouveaux modèles législatifs d'application, de représentation et de négociation.

Resumen

Este articulo crìticamente analiza y sintetiza la literatura académica acerca del trabajo no standard y sus dimensiones sexuales, de raza y de clase. Argumentamos que es importante y crucial el poder entender las très fases del trabajo no standard para poder desarrollar las polìticas laborales adecuadas. Presentamos nuestra discusiòn en un marco conceptual de dualidad dentro del cual las formas de trabajo no standard se desarrollan. Discutimos el papel que los sindicatos pueden ocupar para alcanzar equidad en todos los mercados laborales y concluimos que recomendaciones para cambios en las polìticas que respondan a las necesidades de las mujeres, particularmente de aquellas mujeres pertenecientes a minoridad raciales y de bajos recursos econòmicos que estàn empleadas en trabajos no standard.