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Union Raiding and Organizing in Ontario

Timothy J. Bartkiw et Felice Martinello

Abstract

This paper provides the first analysis of aggregate raiding activity in Ontario by isolating raid applications from available certification data. Raiding in Ontario generally decreased over the 1975 to 2003 period save for the huge increases in 2000 and 2001 involving the CAW and SEIU. Bargaining units are significantly larger in raids, and legislative changes had little effect on aggregate raiding levels. Over most of the period raiding activity has been quite modest. Thus analyses of union organizing and its effect on union density are unlikely to be affected by leaving raids in the organizing data. An important exception occurs in 2000 and 2001, where the certification data seriously overstate new organizing. Corrected measures show that new (non-raid) union organizing continues to decline in Ontario. The decline in new organizing has been greater than the decline in raiding, resulting in an increased proportion of organizing due to raids in recent years.

Résumé

Campagnes d’organisation syndicale et de maraudage en Ontario

Parfois des syndicats vont chercher à organiser des travailleurs qui sont déjà membres d’un autre syndicat. Cette activité, qu’on appelle maraudage, fait l’objet d’une controverse. Seulement deux juridictions canadiennes, le Fédéral et la Colombie-Britannique, publient de l’information sur ce sujet. Cet essai vient corriger cette lacune, du moins dans le cas de l’Ontario, en mettant au point une façon d’identifier les cas de maraudage en se basant sur les données de la Commission des relations du travail de l’Ontario (CRTO). Nous rendons compte d’un nombre de campagnes qui ont donné lieu à un vote de représentation, du nombre accueilli, et du nombre de salariés couverts au cours de la période d’avril 1975 à novembre 2003.

Des études antérieures d’organisation syndicale (ex., Martinello, 2000; Johnson (2002a, 2002b) utilisent des données publiées par la CRTO, qui incluent des tentatives de maraudage et qui surévaluent par conséquent le nombre de nouvelles campagnes et la venue des travailleurs sous la bannière syndicale. Pour contrer ce problème, nous avons soustrait les nouvelles observations de l’activité de maraudage des données publiées sur l’accréditation et nous n’avons ainsi retenu que les niveaux d’activité de maraudage impliquant seulement les nouveaux travailleurs. On y décrit aussi la législation qui encadre le maraudage et nous l’utilisons comme une base dans une simple analyse des niveaux absolus et relatifs du maraudage.

Le nombre de tentatives de maraudage qui ont donné lieu à un vote, le succès obtenu et le nombre de salariés impliqués sont présentés au tableau 1 et aux figures 1 et 2. Les niveaux d’activité de maraudage et leur succès sont modestes et déclinent légèrement à travers l’échantillon, sauf une exception importante : l’explosion de cette activité au cours des années 2000 et 2001, attribuable aux Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) qui ont accaparé plusieurs unités locales de l’Union internationale des employés de service (UIES). Puisque les maraudages de la TCA-UIES ne représentent actuellement qu’un seul maraudage extrêmement vaste et puisque les grands nombres impliqués infléchissent l’échelle et l’analyse des autres maraudages, ces cas TCA-UIES sont retirés de quelques tableaux et de l’analyse. L’analyse a été complètement reprise avec les cas TCA-UIES inclus et alors les résultats empruntent des directions prévisibles. Par exemple, quand les cas TCA-UIES sont inclus dans les figures 1 et 2, des pointes très larges apparaissent dans toutes les variables au cours des années 2000 et 2001.

L’analyse de régression confirme la tendance à la baise de l’activité de maraudage au cours de la période de l’échantillon (en excluant les cas TCA-UIES) et nous en venons à la conclusion que les modifications à la législation du travail, la coordination des conventions dans l’industrie de la construction, les effets particuliers du mois et le cycle économique ont peu d’effet sur l’ensemble de l’activité de maraudage.

Les données de la figure 3 confirment le fait que les niveaux d’activité de maraudage sont aussi modestes quand on les mesure en retenant leur part de l’activité d’organisation syndicale dans son ensemble. Les maraudages tentés et suivis d’un succès comptent pour approximativement 5 % des tentatives, alors que le nombre des salariés dans les maraudages est de l’ordre de 10 % de tous les salariés impliqués dans les accréditations accordées. Les unités d’accréditation qui ont fait l’objet d’un maraudage apparaissent beaucoup plus vastes que les autres unités accréditées. L’analyse de régression montre que les proportions des tentatives de maraudage répertoriées dans la figure 3 présentent des tendances positives minimes, mais significatives, lorsqu’on exclut les variables relatives aux modifications de la législation. Alors, présentée dans des termes simples faisant état de moyennes au cours de la période, l’activité de maraudage a diminué, sauf les cas TCA-UIES en 2000-2001. Cependant, le nombre de tentatives d’organisation syndicale sans égard au maraudage a décru d’une façon plus rapide, de sorte que la proportion des maraudages s’est accrue légèrement.

L’analyse de régression du rapport des tentatives de maraudage sur celles de l’organisation syndicale sans recourir au maraudage reproduite au tableau 2 démontre que les tentatives de maraudage ont diminué (en relation avec les tentatives d’organisation sans maraudage); cela après l’élection du NPD et l’adoption du projet de loi 40. Le résultat n’apparaît pas statistiquement significatif à un seuil de 5 %, mais il s’y rapproche. Les données démontrent que le rapport a chuté parce que le nombre de tentatives de maraudage donnant lieu à un vote avec succès au cours de la période 1991-1992 a diminué. Le nombre de tentatives d’organisation syndicale sans recours au maraudage a augmenté considérablement au cours de la période 1993-1995. L’augmentation de ces activités d’organisation est probablement due à l’extension des droits de représentation syndicale aux salariés auparavant exclus de ces activités et l’accès plus facile à un tiers au cours d’une activité d’organisation syndicale sous l’égide du projet de loi 40. L’adoption du projet de loi 7 à la fin de l’année 1995 n’a pas eu d’effet perceptible sur le rapport maraudage non-maraudage. En établissant une moyenne pour la période allant de novembre 1995 à décembre 2000, les deux types d’activité d’organisation ont diminué en nombre lorsqu’on les compare à celles des années antérieures. Alors, les votes obligatoires de représentation pour les tentatives d’organisation sans maraudage, en vertu du projet de loi 7, n’ont pas causé de glissement vers plus d’activités de maraudage qui elles ont toujours fait l’objet de votes exigés. La figure 3 laisse peut-être apparaître un glissement au cours de la première partie de la période, mais pas dans la dernière, non plus pour la moyenne de la période. Le tableau 2 montre aussi que l’adoption du projet de loi 139 (en janvier 2001) a été suivie par une augmentation statistiquement significative du rapport des activités de maraudage sur les activités d’organisation sans maraudage, même quand on exclut les cas TCA-UIES. L’augmentation s’est produite en grande partie à cause du déclin remarquable des activités d’organisation sans recours au maraudage.

Les figures 4, 5 et 6 font état du total des activités d’organisation de maraudage et de non-maraudage au cours des années 1985-2003. Encore là, les données montrent de petites quantités d’activités de maraudage au cours de la plupart des années, de sorte que nous pouvons prétendre que les études sur les activités d’organisation syndicale et leur succès, leur effet sur la densité syndicale, ne seront pas influencées de façon considérable si on inclut dans les données celles qui ont trait au maraudage. Une exception importante, cependant, se présente au cours des années 2000-2001, où les données totales sur les accréditations surestiment les nouvelles activités d’organisation syndicale et elles doivent être corrigées pour éviter des conclusions qui ne seraient pas justes au sujet des tentatives d’organisation syndicale et leur effet sur la densité syndicale. Lorsque les cas de maraudage sont retirés, les données montrent de façon évidente que l’activité d’organisation syndicale en Ontario a continué à décliner au cours des dernières années.

Resumen

Acción directa y organización sindical en Ontario

Este documento realiza el primer análisis de conjunto de la acción directa sindical en Ontario observando separadamente las acciones directas a partir de los datos de acreditación disponibles. La acción directa en Ontario que en general disminuyó en el periodo 1975-2003 protege renace con el inmenso aumento en los años 2000 y 2001 implicando la CAW y el SEUI. Las unidades de negociación son significativamente más grandes en la acción directa y los cambios legislativos han tenido poco efecto en los niveles globales de acción directa. En la mayor parte del periodo, la cantidad de acciones directas ha sido más bien modesta. Así, los análisis de la organización sindical y su efecto en la densidad sindical no parecen estar afectados por el resurgimiento de la acción directa en los datos concernientes a la organización. Una excepción importante acontece en los años 2000 y 2001, en que los datos de acreditación exageran gravemente el nuevo impulso organizacional. Las medidas corregidas muestran que el nuevo impulso (no huelguistico) de organización sindical continúa su deterioro en Ontario. El declive del nuevo impulso organizativo ha sido mayor que el declive de la acción directa, dando como resultado una proporción creciente de organización ligada a las acciones directas de los últimos años.