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Empirical Study of Employment Arrangements and Precariousness in Australia

Amber M. Louie, Aleck S. Ostry, Michael Quinlan, Tessa Keegel, Jean Shoveller et Anthony D. LaMontagne

Abstract

Much research on precarious employment compares permanent workers with one or two other broadly-defined employment categories. We developed a more refined method of examining precariousness by defining current employment arrangements in terms of job characteristics. These employment arrangement categories were then compared in terms of socio-demographics and self-reported job insecurity. This investigation was based on a cross-sectional population-based survey of a random sample of 1,101 working Australians. Eight mutually exclusive employment categories were identified: Permanent Full-time (46.4%), Permanent Part-time (18.3%), Casual Full-time (2.7%), Casual Part-time (9.3%), Fixed Term Contract (2.1%), Labour Hire (3.6%), Own Account Self-employed (7.4%), and Other Self-employed (9.5%). These showed significant and coherent differences in job characteristics, socio-demographics and perceived job insecurity. These empirically-supported categories may provide a conceptual guide for government agencies, policy makers and researchers in areas including occupational health and safety, taxation, labour market regulations, the working poor, child poverty, benefit programs, industrial relations, and skills development.

Résumé

Étude empirique sur les aménagements du travail et la précarité d’emploi en Australie

Au cours des trente dernières années, les économies des pays développés ont adopté des aménagements du travail plus flexibles, habituellement libellés sous le titre d’emploi précaire ou atypique. Par exemple, en Australie, ceux qui occupaient un emploi temporaire ou intermittent ou ceux qui n’étaient pas employés (sous-traitants, travailleurs autonomes) constituaient 28 % de la main-d’oeuvre en 1982, 31 % en 1988 et 40 % en 1999.

Un nombre croissant de travaux de recherche à l’échelle internationale a déjà analysé l’impact de ce glissement sur la densité syndicale, les salaires, les heures de travail, la sécurité au travail et la santé occupationnelle et, aussi, sur d’autres conditions de travail. Dans l’ensemble, les recherches démontrent que les aménagements du travail du type précaire ou atypique sont liés à des conditions de travail inférieures à celles qui prévalent chez les permanents accomplissant le même travail. La plupart de ces travaux comparent seulement les travailleurs permanents à une ou deux autres catégories de travailleurs largement définies.

La présente étude se veut une tentative de développer une méthode plus raffinée de traduire la précarité en définissant les aménagements du travail actuels, cela en reprenant les caractéristiques d’un emploi et en les comparant avec des données démographiques et des données relatives à l’insécurité d’emploi, telle que vécue par les sujets eux-mêmes. En utilisant une coupe transversale d’une population d’un échantillon pris au hasard, comprenant 1 101 Australiens actifs de la province de Victoria, nous avons répertorié huit catégories d’emploi mutuellement exclusives, notamment, l’emploi de permanents à temps plein (46,4 % des travailleurs de notre échantillon); de permanents à temps partiel (18,3 %); d’occasionnels à temps plein (2,7 %), d’occasionnels à temps partiel (9,3 %); de contractuels à durée déterminée (2,1 %); de travailleurs des agences de travail (3,6 %); de travailleurs à leur propre compte (7,4 %); et d’autres travailleurs autonomes (9,5 %). Ces catégories présentaient des différences cohérentes et significatives au plan des caractéristiques d’emploi, du profil démographique et de l’insécurité d’emploi telle que vécue par les personnes impliquées.

Le recours antérieur à des mesures dichotomiques de la précarité d’emploi et des aménagements du travail a conduit à un amalgame des deux. Alors que ces deux concepts se chevauchent dans une large mesure, le fait d’analyser les modèles d’indicateurs variés de la précarité (tels que l’emploi multiple, la durée d’emploi de moins de deux années, et les périodes de chômage involontaire au cours des cinq dernières années), en tenant compte des aménagements du travail, nous informe sur la manière dont les concepts peuvent être distingués. D’une certaine façon, nos conclusions viennent corroborer plusieurs notions connues de la précarité mais, en même temps, elles nous révèlent des éléments nouveaux plus complexes.

Comme on pouvait s’y attendre, les travailleurs détenant des emplois occasionnels (à temps plein ou à temps partiel) étaient moins susceptibles d’être membres d’un syndicat que les permanents à temps plein ou à temps partiel. Cette différence était moins prononcée chez les travailleurs des agences de travail et on n’a pas dénoté de différence au plan de la syndicalisation entre les contractuels et les permanents. Nous avons observé un modèle semblable concernant la taille de l’établissement : les permanents, les contractuels et les travailleurs des agences de travail se retrouvaient en plus grand nombre dans des établissements de plus grande taille que les occasionnels.

Nous avons aussi constaté que certains groupes traditionnellement considérés comme précaires (les occasionnels à temps plein et à temps partiel, les contractuels et les travailleurs des agences) se situaient aux niveaux les plus élevés de plus d’indicateurs de précarité (occupation actuelle depuis moins de deux années, emplois multiples et insécurité d’emploi) que les travailleurs à leur compte (la plupart étaient engagés depuis plus de deux années). Tout cela indique que le fait de définir la précarité en retenant comme base plusieurs indicateurs de précarité nous permet de distinguer la précarité de d’autres aménagements du travail.

De façon particulière, nos observations indiquent que l’emploi multiple, un phénomène qui n’est pas détecté par une évaluation des aménagements du travail, se trouve en grande partie dans les aménagements d’emploi les plus précaires de notre échantillon. Plus du quart des travailleurs occasionnels à temps plein (26,7 %) de notre échantillon détenait deux emplois ou plus, contre seulement 6,5 % des travailleurs permanents à temps plein. Le fait de détenir des emplois multiples était aussi plus accentué chez les travailleurs occasionnels à temps partiel (19 %), chez les contractuels à durée déterminée (21,7 %) et chez les travailleurs des agences de travail ou d’emploi temporaire (17 %). Fait intéressant à noter, 19,8 % des travailleurs permanents à temps partiel occupaient deux emplois ou plus, une observation qui peut indiquer que certains travailleurs permanents n’optent pas volontairement pour du travail à temps partiel. Notre étude vient confirmer aussi notre impression que la détention de postes multiples s’est rapidement répandue au cours de la dernière décennie. Au total, 13 % des travailleurs compris dans l’échantillon détenaient deux emplois ou plus, une donnée qui représente presque le double (7,3 %) de celle de l’étude précédente menée par le bureau australien de la statistique seulement trois ans avant la nôtre (et qui elle-même révélait une hausse importante de l’emploi multiple depuis l’enquête précédente). L’augmentation, l’envergure et la diffusion du phénomène de l’emploi multiple soulèvent des éléments importants de politique et appellent un effort plus poussé de recherche.

Une autre conclusion de notre étude est à l’effet que les personnes de la catégorie des emplois permanents à temps plein, qu’on désigne habituellement comme catégorie de référence dans la recherche de nature épidémiologique et autre, étaient plus exposées que d’autres groupes de notre échantillon à l’insécurité d’emploi. La catégorie des autres travailleurs autonomes était la moins exposée, ce qui fait ressortir l’importance d’inclure le plein éventail des types d’aménagements de travail lorsqu’on considère les implications en termes de politiques publiques.

Les catégories d’emploi que nous avons identifiées sur une base empirique présentent une plus grande capacité de discrimination que les classifications utilisées antérieurement. Des études à venir devraient pousser plus loin les différences dans les sous-catégories de travailleurs temporaires, des regroupements selon la permanence de courte ou de longue durée, de l’emploi autonome occasionnel et de types différents. Nous avons répertorié des catégories de statut d’emploi mutuellement exclusives, qui présentent des différences cohérentes et significatives au plan des caractéristiques d’emploi, en lien avec des données sociodémographiques et avec la sécurité d’emploi telle que vécue par les travailleurs. Ces catégories, obtenues de façon empirique, reflètent l’état actuel du marché du travail en Australie et nous croyons qu’elles peuvent être utiles aux agences gouvernementales, aux législateurs et aux chercheurs. Notre étude fournit aussi un guide pour des études parallèles dans d’autres pays pouvant ainsi contribuer à une meilleure compréhension de l’emploi précaire.

Resumen

Estudio empírico de los contratos de empleo y la precariedad en Australia

La mayoría de investigaciones sobre el empleo precario comparan los trabajadores permanentes con uno o dos otras categorías principales de empleo. Nosotros hemos desarrollado un método mas refinado para examinar la precariedad basándonos en la definición de los actuales contratos de empleo segsn las características del trabajo. Esas categorías de contratos fueron luego comparadas en términos sociodemograficos y de inseguridad de empleo declarada. Esta investigación se apoya en una encuesta transversal basada en una muestra aleatoria de 1101 trabajadores australianos. Ocho categorías de empleo mutualmente exclusivas fueron identificadas : permanente a tiempo completo (46,4%), permanente a tiempo parcial (18,3%), ocasional a tiempo completo (2,7%), ocasional a tiempo parcial (9,3%), contrato a plazo fijo (2,1%), trabajo a contrato (3,6%), empleo autónomo a su propia cuenta (7,4%) y otro tipe de empleo autónomo (9,5%). Estas categorías muestran diferencias significativas y coherentes en cuanto a las características sociodemograficas y la inseguridad laboral percibida. Estas categorías sustentadas empíricamente pueden servir de guía conceptual para las agencias gubernamentales, los decidores políticos y los investigadores en los campos de la salud e higiene ocupacional, los impuestos, la regulación del mercado laboral, el trabajo precario, la pobreza infantil, los programas sociales, las relaciones industriales y el «desarrolo» de calificaciones.