Accueil » 19-3 ( 1964) » Political Culture and Christian Trade Unionism: The Case of Belgium

Political Culture and Christian Trade Unionism: The Case of Belgium

Samuel Barnes

Abstract

Belgian trade unionism has always intensely attracted industrial relations specialists because of some peculiarities in its structuring and functioning. The object of the following paper is to impart some knowledge about the history of pluralist Belgian trade unionism, its foundation and relationships it entertains at different levels: religious, political, ideological.

Résumé

Culture politique, syndicalisme chrétien

Le cas de la Belgique

La culture politique belge est intimement liée au syndicalisme chrétien. Malgré l'importance politique et économique des groupes libéraux, le libéralisme a peu d'attrait pour la masse ouvrière. Les socialistes et les catholiques dominent les organismes populaires et ces deux tendances ont leurs propres organisations pour les hommes, les femmes, les enfants, les étudiants, les fermiers et les ouvriers.

Le syndicalisme chrétien belge s'appelle la Confédération des Syndicats Chrétiens et fait partie du Mouvement Ouvrier Chrétien qui englobe les associations éducatives, les sociétés d'assurance, les coopératives et les associations culturelles.

En Belgique, les divisions idéologiques coïncident d'une façon générale avec les différences culturelles, géographiques et linguistiques entre les Wallons et les Flamands. Toutefois, dans le mouvement syndical, on en est arrivé à une certaine coopération.

ORIGINE

Les unions belges remontent à 1850, mais, en 1880, les unions confessionnelles commencent à se fonder. Faisant suite à l'organisation de fédérations de métiers la première confédération nationale chrétienne fut fondée en 1909 et la confédération actuelle apparut en 1923. En 1945 les socialistes et les groupes minoritaires fondèrent la Fédération générale du Travail de Belgique.

LES STRUCTURES

La C.S.C. grandit plus vite que la F.G.T.B. ces dernières années. En 1961, la F.G.T.B. comptait 731,347 membres, la C.S.C. en comptait 771,576 en 1963 et les autres 100,000.

La structure de la C.S.C. est la suivante: 1 — Le Congrès; 2 — Le Conseil, 3 — Le Bureau. Un Comité exécutif de six hommes gouverne la C.S.C. et comprend le président, le secrétaire général et l'aumônier. La C.S.C. est une section du Mouvement Ouvrier Chrétien.

LA QUESTION RELIGIEUSE

Alors que la C.S.C. et les fédérations qui l'ont précédée sont des organisations de laïcs, les relations entre les unions chrétiennes et l'Église ont toujours été très étroites. Aujourd'hui, toutefois, l'Église considère que la C.S.C. est une organisation essentiellement socio-économique qui doit être dirigée et contrôlée par des laïcs. Pour être efficace une union ouvrière doit maintenir une distinction entre les activités syndicales et les activités religieuses.

LA QUESTION IDÉOLOGIQUE

Pour la C.S.C, la doctrine sociale chrétienne n'est pas une doctrine économique et sociale en ce qui a trait aux questions techniques, mais une éthique sociale en ce qui regarde l'organisation socio-économique de la société.

Cette conception de la doctrine sociale chrétienne permet à la C.S.C d'agir librement sur les problèmes journaliers tout en adhérant à une orthodoxie stricte sur le plan théorique.

LES RELATIONS AVEC LES AUTRES UNIONS

A cause de la différence marquée entre le socialisme et le catholicisme dans la société belge, le principe de la dualité syndicale est facilement accepté.

On tâche autant que possible de coordonner les politiques et les tactiques des deux confédérations dans leurs relations avec le gouvernement et les employeurs. Ceci se réalise par des contacts fréquents entre les dirigeants des deux centrales tout en limitant les activités conjointes au-dessous des officiers supérieurs.

LES RELATIONS AVEC LES PARTIS POLITIQUES

La division de la politique belge entre les socialistes, les chrétiens et les libéraux détermine la nature des relations entre la C.S.C, l'Église et la F.G.T.B., et rapproche la C.S.C, sur le plan politique au Parti social chrétien.

Les relations entre la F.G.T.B. et le Parti socialiste sont encore plus grandes que celles qui existent entre la C.S.C. et le P.S.C. La C.S.C. est intimement liée politiquement avec le P.S.C, mais il n'existe aucune connection organique entre eux, et, contrairement à la F.G.T.B., un officier de la C.S.C. ne peut détenir un poste politique important.

LA CULTURE POLITIQUE ET LE PLURALISME SYNDICAL

Les différences politiques minent les relations entre les deux confédérations et amoindrissent le pouvoir des travailleurs belges. Lorsque l'unité syndicale est détruite, les confédérations sont obligées de s'associer davantage à leurs alliés politiques. Quoique cela soit facile pour la F.G.T.B., cette association est plus difficile pour la C.S.C.

L'influence de la C.S.C. à l'intérieur du P.S.C s'est accrue graduellement, mais celui-ci n'est pas un parti ouvrier car les intérêts des classes moyennes et des agriculteurs y sont encore très importants.