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Low-Paid Workers and On-the-Job Training in Canada

Isik U. Zeytinoglu, Gordon B. Cooke, Karlene Harry et James Chowhan

Abstract

This paper provides evidence of on-the-job training for low-paid workers in Canada and examines workplace and individual factors associated with their on-the-job training. The study uses Statistics Canada’s Workplace and Employee Survey (WES) 2001 data. Results show that less than a quarter of low-paid workers received on-the-job training in 2001 as compared to one third of higher-paid workers. A decomposition of regression models indicated that this substantive gap is statistically significant. With the shrinking labour force, ongoing skills development is needed to enable workers to earn a decent living, fulfill their work-related goals, and contribute to the current and future productivity of their workplaces and the economy. We recommend governments provide support for low-paid workers’ on-the-job training.

Résumé

La formation en cours d’emploi au Canada : le cas des travailleurs a faible rémunération

Les données statistiques sur les travailleurs vulnérables recueillies par les Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques font voir bien des aspects défavorables de la vie de travail des travailleurs faiblement rémunérés et le manque de protection sociale liée a un emploi (voir, par exemple, Chaykowski, 2005; Saunders, 2003 et 2006; Vallée, 2005). Cet essai s’intéresse avant tout aux travailleurs permanents a plein temps et faiblement rémunérés. Dans notre mire, se trouvent ces travailleurs qui sont couverts par des contrats de travail a durée indéterminée, engagés a plein temps et payés moins de 10 $ l’heure en 2001, ce qui inclut ceux qui gagnent le salaire minimum ou légcrement plus. Le but de ce travail consiste a documenter la nature de la formation offerte en entreprise aux travailleurs a faible rémunération en la comparant avec celle offerte aux travailleurs bien rémunérés au Canada et a circonscrire les facteurs tant individuels que ceux liés au milieu de travail associés a la formation en cours d’emploi. L’étude retient les données de l’Enquzte sur le milieu de travail et les employés de Statistique Canada de 2001. L’unité d’analyse est le travailleur individuel et les données retenues sont celles qui relient les réponses des salariés a celles des employeurs. Notre étude se base sur les fondements de la théorie de la formation en économie du travail d’Acemoglu (1977) et d’Acemoglu et Pischke (1988, 1999a, 1999b) et sur des conclusions de recherches empiriques en économique du travail et en gestion des ressources humaines. Nous analysons les liens entre la formation en cours d’emploi et les caractéristiques des individus et des milieux de travail chez les travailleurs faiblement rémunérés et ceux qui bénéficient d’une rémunération élevée, cela séparément et a l’aide de la technique de l’analyse de régression logistique multivariée. Par la suite, nous comparons les deux populations de travailleurs quant a la probabilité de se voir offrir de la formation en cours d’emploi. Afin de savoir si les travailleurs moins bien rémunérés ont moins d’occasions de formation de ce type que les travailleurs mieux rémunérés, nous procédons a une ventilation de la régression logistique (Oaxaca, 1973; Picot et Myles, 1996; Fairlie, 2005). La probabilité estimée pour chacune des équations est calculée en retenant les deux parties des données (les échantillons des bien rémunérés et des faiblement rémunérés).

Les résultats montrent que la proportion des travailleurs permanents a temps plein a faible rémunération dans l’enquzte de 2001 mentionnée plus haut atteint 14 %, alors que les travailleurs bien rémunérés comptent pour 86 %. Parmi les travailleurs permanents a plein temps, 32 % reeoivent de la formation en cours d’emploi et cette proportion diminue a 22 % chez les moins bien rémunérés. Cette donnée contraste avec celle des travailleurs bien rémunérés qui s’établit a 33 %. Les résultats de la régression montrent que chez les moins bien rémunérés, les travailleurs plus jeunes et ceux qui présentent une expérience de travail plein temps sont moins susceptibles de recevoir de la formation en cours d’emploi, alors que ceux qui ont un niveau de scolarité plus élevé le sont presque deux fois plus. Chez les travailleurs bien rémunérés, ceux qui détiennent des emplois dans des milieux de travail restreints ou bien trcs vastes, des milieux de travail innovateurs, possédant un niveau élevé de scolarité, étant plus jeunes, se retrouvant dans des occupations de professionnels et de gestionnaires, bénéficiant d’une riche expérience de travail plein temps et ceux qui sont des immigrants récents sont les plus susceptibles de se voir offrir de la formation en cours d’emploi. Par ailleurs, parmi ces travailleurs bien rémunérés, ceux couverts par une convention collective et les plus agés sont moins susceptibles de recevoir de la formation.

Les résultats obtenus de la ventilation de la régression entre les travailleurs bien rémunérés et ceux qui le sont moins bien indiquent que l’écart au plan de la formation en cours d’emploi reeue n’est pas attribuable aux aptitudes naturelles des travailleurs a faible rémunération par rapport a celles des autres travailleurs, mais le phénomcne est d’ordre comportemental et dépend des décisions et des choix de formation offerts par les directions et des décisions d’acceptation et des choix effectués par les travailleurs eux-mzmes. Les conclusions invitent a des approches de politique qui se centreraient sur les milieux de travail et sur la prise de décision par les salariés. Étant donné l’écart identifié au plan de la formation entre les travailleurs moins bien rémunérés et ceux qui bénéficient d’une rémunération plus élevée, il faut se demander si des politiques publiques pourraient aider a réduire cet écart entre les deux groupes de travailleurs, si les employés et les entreprises ne prennent pas d’initiative autrement (ou bien en l’absence d’un encadrement approprié et incitatif). Aux gouvernements qui font face a des ressources rares et qui s’apprztent a offrir un appui a la formation en entreprise, nous suggérons de cibler leurs interventions sur les choix de formation chez les travailleurs moins bien rémunérés et dans les entreprises qui les engagent. En ciblant ces travailleurs et en offrant aux entreprises et aux salariés des incitations a offrir de la formation et a l’accepter, en y ajoutant également des incitations qui viendraient récompenser le rendement de la formation, cela aurait un effet direct sur l’amélioration des personnes et sur la productivité. Il se fait actuellement un certain effort en ce sens, par exemple, en Ontario, ol existe un programme de rattrapage scolaire pour les adultes dans des emplois offrant de bas salaires et exigeant peu de compétences (Gouvernement de l’Ontario, 2006). Nous suggérons aussi d’encourager la formation et l’apprentissage durant toute la vie, associés a des récompenses ciblées sur le rendement. Alors, les bénéfices de la formation en cours d’emploi ne profiteraient pas seulement a la personne. Des avantages secondaires (ou externes) pourraient ztre générés, qui découleraient de l’appui du gouvernement en contribuant non seulement au capital humain des travailleurs moins bien rémunérés mais également a leur communauté. En corroborant Lalonde (1995), nous pensons que le rendement social, dans une société ol un support financier est fourni en maticre de formation en cours d’emploi, excéderait le ratio couts/bénéfices privés aux entreprises. Dans la mzme foulée que les conclusions des études faites par Heckman, Lalonde et Smith (1999) et par Lalonde (1995), nous croyons que les avantages sociaux des programmes de formation offerts aux travailleurs faiblement rémunérés vont aux individus formés, a leur famille, a leur communauté et a la société. L’effet indirect de cette formation pourrait aussi se traduire par un bien-ztre et une santé améliorés (Warburton et Warburton, 2002), et un sentiment de dignité chez les travailleurs (Berg et Frost, 2005).

Resumen

Trabajadores mal pagados y entrenamiento ocupacional en Canadá

Este artículo establece ciertas conclusiones sobre el entrenamiento ocupacional de los trabajadores con bajo salario en Canadá y examina los medios laborales y los factores individuales asociados con el entrenamiento. El estudio utiliza la Encuesta sobre los empleados y los centros de trabajo de Estadísticas Canadá del año 2001. Los resultados muestran que menos de un cuarto de trabajadores con bajo salario recibieron un entrenamiento en 2001 comparativamente a un tercio de trabajadores mejor pagados. Una descomposición de los modelos de regresión indica que esta brecha es estadísticamente significativa. Con la reducción de la fuerza de trabajo, se hace necesario el desarrollo continuo de calificaciones a fin de posibilitar que los trabajadores ganen su vida decentemente, cumplan sus objetivos de trabajo y contribuyan a la actual y futura productividad de sus centros de trabajo y de la economía. Se recomienda que los gobiernos apoyen el entrenamiento de los trabajadores con bajos salarios.