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New Forms to Settle Old Scores: Updating the Worker Centre Story in the United States

Janice R. Fine

Abstract

Worker centres are community-based mediating institutions that organize, advocate and provide direct support to low-wage workers. Moving into the void left by the decline of labour unions, local political parties and other groups, these centres are addressing issues that low wage, largely immigrant workers face at the workplace. In 1992, there were five such organizations, but by 2003, there were at least 137 worker centres in the United States rooted in communities where immigrant populations had settled. I estimate there to be more than 200 worker centres in 2011. Worker centres attract labourers who are often the hardest-to-organize and, because the organizations are unencumbered by the Wagner Act and subsequent Taft Hartley amendments which stripped unions of some of their most potent tactics, they can sometimes act as “organizing laboratories” creating and testing new and innovative strategies.

Centres have had some significant organizing and public policy successes and have placed labour standards enforcement on the public policy agenda at the state and national levels. During their formative years, these organizations displayed important strengths but also exhibited weaknesses that appeared to limit their ability to get to scale. Over the last five years, they have moved into a new phase of development. Centres have shown institutional resilience. Not only have new centres emerged, but there has been a growing trend toward federation in which strong individual centres have joined existing national networks or formed new ones which have in turn helped to establish new organizations or affiliate existing ones.

While some early worker centres were rejectionist toward the mainstream labour movement, the over-arching trajectory has been in the opposite direction with worker centres seeking cooperation. In fact, there is a growing trend toward institutional partnerships with unions and government. Finally, centres and their national networks are playing strategic roles in broader movement building around immigrant rights, global justice and the right to organize.

Key words: worker centres, immigrant worker organizing, hybrid forms

Résumé

Nouvelles formes d’organisation pour régler de vieux comptes : mise à jour sur l’histoire des centres d’aide aux travailleurs aux États-Unis

Les centres locaux d’aide aux travailleurs (worker centres) sont des institutions communautaires qui cherchent à organiser, à conseiller et à aider les travailleurs précaires et à faibles revenus, immigrants pour la plupart. Ces centres comblent ainsi des besoins auxquels les partis politiques, les syndicats traditionnels et d’autres organismes communautaires parviennent difficilement à répondre. En 1992, il n’existait que cinq organismes de la sorte aux États-Unis, mais en 2003, leur nombre s’élevait à pas moins de 137. Présents dans des communautés très diversifiées sur le plan ethnique, l’on estime aujourd’hui qu’environ 200 de ces centres apportent leur soutien aux travailleurs. La clientèle de ces centres occupe souvent des emplois dans des secteurs où il demeure extrêmement difficile, pour les syndicats, de regrouper les travailleurs en raison des contraintes inhérentes au régime législatif mis en place par le Wagner Act puis le Taft Hartley Act. C’est ainsi que ces centres réussissent parfois à agir comme des « laboratoires de syndicalisation », en créant et éprouvant de nouvelles stratégies innovatrices visant à regrouper les travailleurs.

Ces centres ont connu un certain succès dans l’organisation des travailleurs et en matière de politiques publiques, parvenant à faire inscrire le renforcement des normes minimales de travail parmi les priorités gouvernementales, que ce soit au niveau des États ou à l’échelle nationale. Si ces organismes présentaient des qualités indéniables, ils comportaient aussi certaines faiblesses qui limitaient leur capacité à faire progresser la cause des travailleurs. Au cours des cinq dernières années, ils sont entrés dans une nouvelle phase de leur développement qui atteste de leur résilience institutionnelle. Non seulement de nouveaux centres ont émergé, mais il y a également une tendance croissante à fédérer les centres. Les centres locaux les plus efficaces ont rejoint les réseaux nationaux existants ou ont créé de nouveaux réseaux qui ont aidé en retour à créer de nouveaux organismes ou à affilier ceux déjà existants.

Si quelques-uns des premiers centres locaux d’aide aux travailleurs ont été créés plutôt en réaction face au modèle du mouvement ouvrier traditionnel, la trajectoire d’ensemble pointe dans la direction opposée avec des centres enclins à la coopération. En fait, il y a une tendance croissante vers des partenariats institutionnels avec les syndicats et le gouvernement. Ainsi, les centres et leurs réseaux nationaux jouent des rôles stratégiques dans l’établissement d’un mouvement associatif plus large axé sur les droits des immigrants, la justice sociale et le droit d’association.

Mots clés : centres d’aide aux travailleurs, syndicalisation des travailleurs immigrants, formes hybrides d’organisation

Resumen

Nuevas formas de saldar viejas cuentas: Actualización de la historia de los Centros de trabajadores en los Estados Unidos

Los centros de trabajadores son instituciones mediadoras de tipo comunitario que organizan, defienden y ofrecen apoyo directo a los trabajadores con bajo salario. Frente al vacío creado con el declive del sindicalismo, de los partidos políticos y de otros grupos, estos centros se ocupan de los problemas que enfrentan los trabajadores con bajo salario, que son mayoritariamente inmigrantes. En 1992, había cinco organizaciones de ese tipo, pero en 2003, había al menos 137 centros de trabajadores en los Estados Unidos enraizadas en las comunidades donde la población inmigrante se ha establecido. Se estima que hay más de 200 centros de trabajadores en 2011. Los centros de trabajadores atraen trabajadores que a menudo son más difíciles de organizar y, porque las organizaciones están siendo ahogadas por la Ley Wagner y las enmiendas subsiguientes de Taft Hartley que despojó a los sindicatos de algunas de sus más poderosas tácticas, dichos centros pueden a veces actuar como “organizaciones laboratorio” creando y ensayando nuevas estrategias innovadoras.

Los centros han obtenido algunos éxitos significativos en la organización y la política pública y han establecido ciertos niveles de reforzamiento laboral en la agenda política pública a nivel estatal y nacional. Durante sus anos de formación, estas organizaciones muestran fuerzas importantes pero también ciertas debilidades que parecen limitar su capacidad para salir adelante. En los últimos cinco anos, han pasado a una nueva fase de desarrollo. Los Centros han mostrado una capacidad de recuperación institucional. No solo han surgido nuevos centros pero se constata una tendencia creciente en favor de la federación en la que los distintos centros fuertes se han unido a las redes nacionales existentes o han formado nuevas redes, las que a su vez han contribuido a establecer nuevas organizaciones o a afiliar aquellas ya existentes.

Mientras que algunos centros de trabajadores manifestaron en un inicio su rechazo al movimiento laboral en general, la trayectoria no necesariamente lineal ha tomado una dirección opuesta a la cooperación buscada por los centros laborales. De hecho, existe una tendencia hacia las alianzas institucionales con los sindicatos y el gobierno. Por ultimo, los centros y sus redes nacionales están desempeñando un rol estratégico en la construcción de un movimiento más amplio en torno a los derechos de los inmigrantes, la justicia global y el derecho a organizarse.

Palabras clave: centros de trabajadores, organización de trabajadores inmigrantes, formas hibridas