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Approaches to the Industry Council Idea in the United States

Gerald J. Schnepp et Isabelle Morello

Abstract

There is no exact Industry Council System in the United States, but there are in industry, agriculture and professions some real efforts of cooperative activity and integration which lead to approximations of the System itself as described in the first part of this article. Then, a specimen of those approaches is studied. The readers will find interest in learning about the constitution and functioning of that organization which accompanied by others alike, are walking toward the realization of the Industry Council System.

Résumé

Progrès de l'idée des conseils industriels aux Etats-Unis

Bien qu'aucun groupe industriel ou agricole ni aucune profession libérale aux États-Unis ne se soit organisée complètement selon le Système des Conseils Industriels, (SCI) le nombre de ceux qui en ont posé les jalons semble aller en s'accroissant.

D'une façon générale, certains indices d'une tendance vers une coopération plus grande et une intégration peuvent se rencontrer dans les relations employeur-employés, dans l'agriculture et dans les professions libérales aux États-Unis.

Dans les relations employeur-employés, on peut discerner certains faits nouveaux qui augurent bien pour une application future du SCI ou de quelque chose d'analogue, a) Le champ des négociations collectives s'est étendu considérablement; b) les syndicats ouvriers comme la direction des entreprises manifestent une maturité plus grande dans leurs rapports mutuels comme dans ceux qu'ils ont avec le public; c) les formes de collaboration se multiplient. A preuve, le nombre considérable de programmes de relations humaines adoptés par les entreprises américaines en ces dernières années; d) Même si la co-gestion ne peut être réclamée comme un droit des travailleurs sur le plan de l'entreprise, il est désirable que la direction accorde volontairement une certaine participation. Actuellement, des comités conjoints de production ont été établis dans plusieurs entreprises: ils se sont montrés efficaces et leur nombre s'accroît; e) La participation aux bénéfices s'étend à un nombre de plus en plus grand d'entreprises américaines; f) Plusieurs entreprises encouragent leurs employés à acheter leurs actions à des prix avantageux, stimulant ainsi la participation à la propriété.

Ces six constatations nous manifestent clairement qu'il y a un courant vers le Système des Conseils Industriels ( SCI ) bien qu'il soit aussi évident que celui-ci est loin de caractériser l'économie américaine.

Si on ne peut rencontrer dans l'agriculture rien de comparable à ce que l'on trouve dans le monde industrie], certains indices n'existent pas moins qui y manifestent aussi une possibilité du développement du SCI. a) Les agriculteurs appartiennent à tout un réseau d'organisation et font des efforts constants pour améliorer leur participation démocratique à des politiques et à des programmes communs. b) Au sein de l'agriculture il y a plusieurs groupes qui s'efforcent d'obtenir pour les agriculteurs une voix plus grande dans les politiques nationales qui les concernent. Entre ces groupes il y a une tendance vers la création de conseils de coordination. c) Si certains observateurs ont vu juste, il y a un mouvement chez les agriculteurs vers une compréhension plus grande des problèmes du bien commun, d ) Tout comme dans le monde industriel, et dans les professions, l'agriculture aussi se plaint d'une immixtion trop grande du gouvernement, mais on ne le fait pas aussi bruyamment que les autres groupes parce qu'on compte beaucoup sur des subsides ou d'autres formes d'aide gouvernementale.

C'est peut-être dans les professions libérales que l'on peut découvrir davantage les signes d'une tendance plus grande vers l'application du SCI. a) Pratiquement toutes les professions ont fait de grands progrès dans la standardisation des conditions d'admission à la profession en insistant sur un minimum de connaissances théoriques et en surveillant la pratique, b) Beaucoup de professions ont en fait un status quasi-légal, c) Un des critères d'une vraie profession, c'est son souci du bien général. Si originellement dans les professions, prédominait l'individualisme, aujourd'hui de plus en plus, elles tendent à tenir compte de leur obligation corporative à accepter leurs responsabilités sociales, d) En ces dernières années, le champ de collaboration entre les diverses professions s'est élargi. On y a même formé des organismes permanents de collaboration.

Les auteurs catholiques qui traitent du Système des Conseils Industriels sont généralement d'accord sur les principes ou les grandes lignes de la collaboration, de la fonction supplétive, de l'autonomie, de la liberté, de la limitation de l'intervention gouvernementale, du status quasi-légal, de la structure organique, de la réforme des institutions et de la réforme des moeurs. Cependant, il y a des divergences d'opinion sur les détails du SCI en lui-même — sur l'application des principes — aussi bien que sur la stratégie qui doit être utilisée pour le réaliser. Ces divergences sont fructueuses et doivent être encouragées.

On s'accorde généralement aujourd'hui à remplacer ce que l'on désignait autrefois de Plan des Conseils Industriels par le Système des Conseils Industriels. Selon un certain groupe, le rôle de l'État dans l'organisation du Système des Conseils Industriels n'a pas grande importance et même on devrait l'exclure des discussions. A l'autre extrême certains proposent que des éléments du SCI devraient être incorporés à la loi fédérale des relations industrielles. Tout le monde s'accorde cependant à ce que l'État ne doit pas organiser lui-même les Conseils industriels mais seulement favoriser par ses lois une extension de la collaboration employeur-employés au-delà de ce que permettent les lois anti-trust.

Au sujet de l'autorité des encycliques sociales, on rencontre deux groupes principaux. L'un soutient que les Souverains Pontifes, dans leurs déclarations, ne réfèrent pas toujours nécessairement à l'économie nord-américaine et qu'il est dangereux de choisir certaines citations et de les appliquer directement à ses problèmes. L'autre soutient que les positions des papes contre la concentration des richesses et de la puissance économique — et ceci comprend le travail, le capital, l'agriculture et les professions libérales à des degrés plus ou moins grands — s'appliquent dans une certaine mesure à notre pays.

Quant aux moyens d'établir les Conseils industriels, on n'est pas non plus d'accord. Les uns croient que l'on devrait commencer par faire des études scientifiques de la question, d'autres qu'il s'agit surtout d'entreprendre une grande campagne d'éducation. Certains, signalant l'histoire des cent dernières années, croient à une politique de « laisser-porter »; d'autres voudraient une politique plus directement orientée vers les Conseils industriels. Certains soutiennent que toute la technique de comité constitué pour promouvoir les SCI s'est montrée défectueuse et devrait être remise à neuf. Enfin il y en a qui soutiennent que ce comité a rempli sa tâche de stimuler la recherche et la pensée en faveur du SCI et qu'il doit continuer son travail à partir de ce qui a été fait. Toutefois ce comité a pris l'initiative de se réformer. Actuellement des études sont entreprises pour découvrir dans certaines industries ce qui se fait dans le sens des Conseils Industriels.

Les organisations aux États-Unis qui ont été étudiées et où l'on rencontre certains éléments des SCI sont les suivantes: The New York City Trucking Authority; the Millinery Stabilization Commission; the National Coat and Suit Industry Recovery Board; the Motion Picture Industry Council; the Federation for Railway Progress; the Committee of Twelve of the Anthracite Coal Industry; the Council on Industrial Relations in the Electrical Industry; the Industrial Relations Council of the Plumbing and Pipe Fitting Industry; the National Coordinating Committee of the Beverage Industry.

Dans toutes ces institutions, on rencontre la participation de la direction et des syndicats, soit sur le plan local, régional ou national dans un organisme pour résoudre les problèmes de l'industrie, contribuant ainsi au bien commun de l'industrie et au bien général de la nation.

Le New York City Trucking Authority, créé en 1951 est en ce sens un modèle.