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This Third Wage-Labour Unrest and Industrial Conflict in Canada : 1900-1967

Stuart Jamieson

Abstract

The author investigates the strikes and labour unrest, and the associated widespread violence and illegality in the mid-sixties ; is this a new trend on the Canadian industrial relations scène ? It is seen as the crest of the third wave of Canadian labour unrest since 1900. The author supports the main recommendations in the Woods' Report that directly concern the question of labour unrest and industrial conflict.

Résumé

Les conflits ouvriers au Canada : 1900-1967

Notre exposé porte sur l'histoire canadienne des conflits ouvriers et industriels de 1900 à 1966. La question centrale que nous nous posons est la suivante : la vague de grèves et d'agitation des travailleurs ainsi que la violence et les procédés illégaux, représentent-ils un phénomène nouveau sur la scène canadienne en relations industrielles, ou s'agit-il d'une simple manifestation d'un modèle de comportement qui s'est répété plusieurs fois au cours des dernières décennies.

Un retour dans le passé nous fait voir la possibilité d'analyser l'agitation ouvrière en trois cycles. Chacune des périodes commence par un temps de calme relatif, suivi de troubles mineurs. Une protestation ouverte accompagnée de conflits se développe sur une période de vingt à trente ans atteint son apogée d'étendue et d'intensité en un phénomène que l'on peut qualifier de crise. De nouvelles politiques gouvernementales en résultent, puis une paix relative ; et le cycle recommence.

Le premier cycle commença au Canada vers 1895, et atteignit son apogée en 1919. Le deuxième engloba les années de 1920 à 1946-47. La troisième séquence couvrit la période débutant vers la fin des années '40 jusqu'au milieu des années '60. Ce vol d'oiseau historique nous permet d'affirmer que l'agitation des années 1965-1966 n'est pas unique ni sans précédent : l'impact et les effets des grèves des années '60 furent proportionnellement moins sévères qu'en 1911 et 1946.

Le modèle des grèves au Canada des années '60 avait ceci d'inhabituel qu'il inversait une tendance mondiale à long terme et qu'il divergeait fortement de l'expérience vécue dans d'autres pays : depuis la guerre, la durée moyenne des grèves au Canada a augmenté contrairement à ce qui s'est produit à travers le monde. Pour la première fois depuis le début des années '40, les indices les plus importants dénotent que l'incidence des grèves au Canada fut plus élevée qu'aux États-Unis.

La violence, l'illégalité et les sanction légales dues aux conflits de travail avaient diminués dans la plupart des pays, et au Canada, après la deuxième guerre mondiale. Mais dans les années '60, cette tendance s'est renversé fortement au Canada. Au fait, les Canadiens semblent détenir un record de violence et d'activités illégales en relations industrielles, et arrivent deuxième après les États-Unis. Un autre aspect des années '60 est le nombre de grèves sauvages et de piquetages illégaux, la fréquence des injonctions émises et violées, et le nombre des sanctions légales subséquentes. Soulignons aussi les faits historiques suivants :

1 ) Il n'existe pas un degré de corrélation significatif entre les variations d'agitation ouvrière et le mouvement du cycle des affaires.

2) Il n'y a pas de corrélation positive entre le schème des grèves américaines et celui des grèves canadiennes.

3) Le conflit industriel au Canada a été un phénomène plutôt régional que national.

Explication et interprétation.

1) Nous avons eu de la part de beaucoup de groupes d'employeurs influents au Canada une résistance prolongée et parfois violente à reconnaître les syndicats ou à s'engager dans une négociation collective valable.

2) En plus, une tradition longuement établie de lutte syndicale s'est vue continuellement frustrée et souvent exacerbée par la structure fragmentée et décentralisée du mouvement ouvrier canadien.

3) Un système hautement fragmenté et décentralisé de négociation collective rend difficile la négociation sur un pallier industriel complet, ou sur le marché complet d'un produit, en faveur de niveaux locaux ou régionaux.

4) Les syndicats et les employeurs au Canada ont pris l'habitude de dépendre d'une façon exagérée du gouvernement pour qu'il les protège les uns des autres. Aujourd'hui les deux parties sont tellement emmêlées dans un système de règlements complexes qu'elles en voient leur liberté d'action limitée. La conséquence génère particulièrement parmi les membres des syndicats une frustration généralisée, un désenchantement face à la loi, un recours à l'illégalité, et des sanctions légales subséquentes.

5) Le climat économique instable du Canada rend la planification au niveau national et régional difficile. Il en a résulté un taux relativement bas d'accroissement de la productivité et du revenu réel per capita, une structure très instable de croissance de la production et des emplois, des mouvements irréguliers du niveau des prix et des salaires, et un taux de chômage qui persiste.

Nous considérons le rapport de l'Équipe spécialisée comme étant une analyse fort valable des relations industrielles au Canada, et sommes d'accord avec la presque totalité de ses recommandations.