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Development of Relations Between Canadian and American National Trade Unions Centers – 1886-1925

C. Brian Williams

Abstract

In this paper, the author explains how the relationships between Canadian and American trade union centers have developed. Up to the year 1897, there was no continuous relation between union organizations of both countries. The new binational policy adopted by the majority of the TLC delegates at its 1902 convention brought-forth the split in the Canadian labor movement.

The unions expelled from the TLC founded the NTLC which became the CFL in 1908. When the latter disappeared in 1927, the French Canadian labor movement was about the only one to maintain its opposition to the American influence.

Résumé

Développement des relations entre les centrales syndicales nationales canadiennes et américaines

Jusqu'en 1897, le C.M.T.C. et la F.A.T. menaient leurs activités indépendamment l'un de l'autre et chacun de ces deux organismes limitait ses opérations à son propre territoire juridique. Mais à la suite de son congrès de cette année-là, la F.A.T. nomma un délégué auprès du C.M.T.C. afin de cimenter plus solidement les intérêts des syndicats ouvriers d'Amérique.

De son côté, le C.M.T.C. établit les bases de ses relations futures avec la F.A.T., au cours de son congrès tenu à Berlin (aujourd'hui Kitchener) en septembre 1902. D'ailleurs, à cette dernière occasion, John A. Flett, organisateur canadien de la F.A.T., fut élu président du C.M.T.C, ce qui confirmait la position de cette dernière centrale sur le syndicalisme binational. Les dirigeants de ces deux centrales conclurent même une entente, le 25 avril 1903.

Cependant, lors de son congrès de Berlin, le C.M.T.C. expulsa 23 organisations qui s'opposaient au syndicalisme binational. Les chefs de ces organisations expulsées, qui comptaient 3,340 membres, se réunirent immédiatement à Berlin afin de fonder une deuxième centrale nationale basée sur les principes du syndicalisme national. Ainsi naissait le C.N.M.T. qui tint son premier congrès annuel à Québec, en septembre 1903, sous la présidence de Omer Brunet.

A la suite du rapport de la Commission royale chargée d'enquêter sur la grève de 1903 des mineurs de charbon, le sénateur Lougheed présenta un projet de loi qui marqua le commencement d'un grand débat sur les relations entre les centrales syndicales canadiennes et américaines et qui porta le sujet à l'attention du public canadien. Le Sénat forma un sous-comité pour étudier cette question; les travailleurs et les employeurs firent connaître leurs opinions respectives.

Finalement, le projet de loi du sénateur Lougheed fut défait à la Chambre des Communes. Mais en 1907, le sénateur McMullen présenta un projet de loi semblable au précédent, dans lequel il proposait de considérer comme offense criminelle toute intervention d'officiers internationaux dans les conflits de travail au Canada. Cette tentative du sénateur McMullen de même qu'une autre qu'il fit pendant la session 1908-1909 échouèrent toutes les deux. Pendant ce temps, l'Association des Manufacturiers canadiens (C.M.A.) faisait des efforts dans le même sens.

L'exécutif du C.M.T.C. déclarait dans son rapport présenté au Congrès de 1910, que les antagonismes envers le syndicalisme binational qui s'étaient manifestés auparavant au Sénat étaient maintenant disparus. Cette prophétie s'avéra correcte. En effet, avec la disparition de la Fédération canadienne du Travail en 1927 (qui avait succédé au C.N.M.T. en 1908), le syndicalisme qui protestait contre l'influence américaine fit largement faillite, à l'exception du syndicalisme canadien-français. De fait, l'opposition du Congrès pan-canadien du Travail et de la Fédération canadienne du Travail en était une de forme plutôt que de fond.