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The Winnipeg Strike Trials

E. W. Greening

Abstract

The author describes the events which brought about and accompanied the Winnipeg general strike in Spring 1919, where many individual were arrested. The main interest of Mr. Greening bears upon the trials which followed. Attention is drawn on the following issues: Under what counts the persons involved in the strike were indicted by the Canadian Government? What was the content of the agreements evoked by both parties at the trial? What was the general social context in which those events took place? The interest of the author is to give a tentative answer to those questions.

Résumé

Les procès de la grève de Winnipeg

Au printemps de 1919 eut lieu à Winnipeg la seule grève générale qui se soit jamais produite au Canada et l'une des rares à survenir dans un pays industriel moderne. Deux premiers groupes de travailleurs déclenchèrent un « walk-out » le 16 mai, et la grande majorité des membres de l'Union (One Big Union) en firent bientôt autant. Au cours des quelques jours suivants, la vie de la ville était menacée d'une paralysie complète. En même temps, la crise s'aggravait et l'atmosphère se réchauffait progressivement. Le premier trouble éclata au début de juin.

Après avoir suivi les événements de très près, le Gouvernement Borden intervint. Dans la nuit du 16 au 17 juin, 1919, plusieurs arrestations furent effectuées par la Gendarmerie Royale. Privé de ses chefs, le mouvement de la grève s'effrita vers la fin de juin, et les grévistes retournèrent au travail sans avoir atteint leurs objectifs.

Mais le sort des accusés souleva un vif intérêt, non seulement au Canada, mais aussi dans les pays européens et aux Etats-Unis. Au cours de l'été 1919, il apparut évident que Meighen et le Gouvernement fédéral allaient s'efforcer de prouver que les personnes arrêtées avaient été étroitement reliées à une conspiration révolutionnaire dans la ligne de Lénine et Trotsky. Depuis le début, il apparaissait que les accusés ne subiraient pas un juste procès.

Pour quelque raison inconnue, le premier à subir son procès fut Russell, en novembre 1919 : celui des autres eut lieu en janvier 1920. Mais le déroulement des deux procès et leur résultat se ressemblèrent beaucoup. L'acte d'accusation préparé par Ottawa contre les accusés était long et comprenait une longue liste de chefs d'accusation. La conspiration séditieuse fut le chef principal ; l'usurpation de pouvoir en fut un autre et on prétendit également que le « walk-out » avait été illégal selon certaines clauses de la Loi des enquêtes en matière de différends industriels.

Andrews, qui était le principal procureur du Gouvernement fédéral, utilisa des tactiques chiches et brutales dans les deux procès. Il essaya d'éveiller, dans l'esprit des membres du jury et du public en général, toutes sortes de préjugés de classes et patriotiques, en traitant les accusés d'anarchistes dangereux, d'hommes diaboliques et sinistres qui essayaient d'utiliser la grève pour en arriver à détruire toute la structure de la société dans l'Ouest canadien.

De leur côté, les accusés se dirent les martyrs des mêmes préjugés de la part des groupes de propriétaires de Winnipeg et du Manitoba, et ils prétendirent qu'il ne s'agissait pas uniquement de leur procès, mais de celui de tout le mouvement radical de l'Ouest du Canada.

De plus, on ridiculisa les prétentions de conspiration avancées par Andrews et on affirma que tout le conflit avait fondamentalement porté sur la question de la négociation collective et de la reconnaissance syndicale de l'Union.

Les procès, qui se terminèrent en mars 1920, suscitèrent beaucoup d'intérêt, comme la grève, parmi les groupements syndicaux, à la fois au Canada et à l'étranger. Dans ces milieux, on était d'opinion que les accusés n'avaient pas subi un juste procès et qu'ils avaient été victimes d'hystérie anti-radicale à la MacCarthy. On avait une preuve de plus que l'administration de la justice au Canada favorisait les classes de propriétaires.

La grève et les procès qui suivirent eurent d'importantes et de profondes conséquences dans l'histoire politique et syndicale au Canada.

Le « One Big Union » tomba vite dans l'oubli. Et ce fut la fin de toute la vague de radicalisme qui avait déferlé dans l'Ouest canadien, pendant la dernière partie de la guerre et dont le point culminant avait été les événements de Winnipeg, en mai et juin 1919.