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Labor Mobility : An Investment in Human Capital Approach

Athena P. Kottis

Abstract

The paper presents an explanation of the economic factors behind the geographic, occupational and industrial mobility of labor by considering movement from one area, occupation, or industry to another as an investment in human capital, requiring the incurrence of a certain cost and making possible certain returns, which are subject to various degrees of risk and uncertainty. It shows that both the traditional neoclassical theory and the institutional models present an incomplete picture of the factors affecting the mobility of labor and concludes that the factors deemed relevant by both theories are equally important in explaining the mobility of labor.

Résumé

La mobilité du travail vue sous la forme d’un investissement

Le but de cet article est d'expliquer les facteurs économiques sous-jacents à la mobilité du travail, qu'elle soit géographique, professionnelle ou industrielle. Il vise à résoudre certaines des difficultés soulevées par la controverse entre les tenants de la théorie traditionnelle et ceux de l'institutionnalisation de la mobilité en considérant les déplacements d'une région, d'une profession ou d'une industrie à l'autre en tant qu'investissement en capital humain, ce qui comporte l'engagement de certaines dépenses et rend possible certains profits qui sont exposés, à des degrés divers, au risque et à l'incertitude.

En prenant la décision de se déplacer, le travailleur doit décider, lucidement ou inconsciemment, s'il fait un placement qui lui profitera. Sa décision de jouer de sa personne dépendra, comme toute décision d'investir, du taux de profit qu'il escompte en retirer. Sans tenir compte des inconvénients et des avantages psychologiques d'une mutation, il est certain que plus celle-ci comportera d'avantages économiques, plus un homme raisonnable sera enclin à se déplacer. Le taux de profit dans une mutation est le rapport qui existe entre le coût du déplacement, la majoration de salaire qu'on espère obtenir et le risque et les aléas liés aux conditions d'emploi dans la région, le métier ou l'industrie dans laquelle on s'engage. À partir de ces considérations, il est facile de démontrer que les facteurs jugés pertinents, tant selon les étalons néoclassiques qu'institutionnels sont également importants pour expliquer la mobilité du travail. En décidant de se déplacer, le travailleur est attiré par des taux de salaire plus élevés, mais ceux-ci sont hypothéqués de certains risques et de certaines incertitudes qui se reflètent dans le danger plus ou moins grand de ne pas trouver d'emploi ou d'être incapable de garder longtemps un emploi plus rémunérateur. Le nombre d'emplois vacants aura pour effet de diminuer les risques, donc d'accroître le taux de profit de l'investissement fait dans une mutation et, par conséquent, de rendre celle-ci plus avantageuse.

Dans un contexte dit de plein emploi, le facteur incertitude sera faible et les meilleurs taux de salaire pèseront lourd dans la décision du travailleur de se déplacer. Au contraire, lorsque le plein emploi n'y existe pas. l'incertitude et le risque seront forts et la disponibilité d'emplois sera le moteur principal de la redistribution de la main-d'oeuvre entre les diverses régions, professions et industries. Pour les sans-travail, le salaire qu'on s'attend d'obtenir par la mutation dans une région, une profession ou une industrie où il y a des emplois vacants sera plutôt fort, surtout si les prestations d'assurance-chômage sont épuisées. Donc, le travailleur en chômage sera-t-il plus enclin à la mobilité, ce qui explique la constatation empirique selon laquelle les travailleurs se déplacent davantage lorsqu'ils perdent leur emploi que lorsqu'ils sont au travail. Pour le travailleur qui détient un emploi, il lui faut, au contraire, défalquer des améliorations de salaire qu'il espère obtenir le poids du facteur risque et incertitude, toujours fort en période de plein emploi, et ainsi se rendre compte qu'un déplacement donné ne se justifie pas économiquement, même si les salaires sont plus élevés sur un autre marché du travail. C'est pourquoi le taux de mobilité volontaire des travailleurs est très bas, lorsqu'il y a plein emploi dans un pays. Même si l'appât des taux de salaire plus élevés qu'on peut obtenir est fort, il se peut que le manque de fonds dans l'immédiat puisse faire obstacle à la mobilité des travailleurs. Cet ensemble d'éléments peut expliquer la persistance des écarts d'une région, d'une profession ou d'une industrie à l'autre en matière de taux de salaire et de niveau de chômage.