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A Countercyclical Training Programme for Canada

Keith Newton

Abstract

The author examines the current interest in the potential role of manpower policy as a stabilizing instrument and, more specifically, the contribution of one component : adult training programmes

Résumé

Programme de formation anticyclique au Canada

Le rôle potentiel de la politique de la main-d'oeuvre en général, et des programmes de formation des adultes en particulier, en tant qu'instruments de stabilisation économique, a soulevé beaucoup d'intérêt au cours des dernières années.

On peut mettre au point des programmes de formation anticyclique en utilisant des concepts analytiques relativement simples. On a estimé qu'il était possible de réduire le taux de chômage en transformant la main-d'oeuvre de manière qu'elle réponde à la demande par des projets destinés à accroître l'information, à favoriser la mobilité et à faire connaître les compétences. En même temps, par l'élimination des engorgements et de la pression à la hausse qu'ils exercent sur les prix, ils peuvent aussi aider à freiner l'inflation.

L'intérêt de tels programmes de formation anticyclique s'est manifesté dans de récentes études de l'Organisation de coopération et de développement économique (O.C.D.E.). Les fonctionnaires de la main-d'oeuvre et les recherchistes aux États-Unis et au Canada se sont aussi intéressés à cette question.

En ce qui concerne les mécanismes des programmes de formation visant à la stabilisation, il faut d'abord, prétend-on, que le lieu et le contenu professionnel des cours soient établis de façon à correspondre aux changements de structure dans la demande pour différents métiers à l'intérieur de l'économie nationale. De plus, le nombre d'individus à ainsi former (dans l'ensemble et dans chaque région) devrait varier selon les fluctuations de l'emploi global.

En ce qui a trait à leur impact sur le chômage, on soutient qu'ils l'emportent sur d'autres mesures, en particulier sur les programmes de travaux publics parce qu'il n'est vraiment pas facile de les mettre en oeuvre dans les régions où il y a excédent de main-d'oeuvre. En tant que remède à l'inflation, on considère les programmes de formation comme un moyen d'absorber en partie le chômage qui pourrait résulter des mesures fiscales anti-inflationnistes.

L'étendue d'un programme de formation suffisant pour contribuer d'une façon efficace à la stabilisation revêt beaucoup d'importance pour des autorités gouvernementales assujetties à des contraintes budgétaires strictes. L'accumulation et le calcul des données relatives à la main-d'oeuvre est aussi nécessaire en tant que fonction adjuvante quand il s'agit d'un effort de formation de grande envergure.

Pour ce qui est du genre de formation le mieux approprié dans un projet de stabilisation, il ne paraît pas faire de doute que, même si la plupart des programmes de formation subventionnés par l'État se donnent en milieu scolaire, il y a de fort bons arguments en faveur de la formation sur place.

Avant d'en arriver à un jugement final touchant la valeur des programmes de formation au Canada en tant qu'instruments de stabilisation, il importe d'en clarifier les objectifs. Dans l'hypothèse, par exemple, où l'objectif principal de la formation est la croissance économique, on orientera le programme selon unmode anticyclique en tenant compte du rapport coût - efficacité, et, dans ce cas, strictement parlant, les effets stabilisateurs ne seront que secondaires. Dans l'hypothèse, au contraire, où les programmes de formation sont présentés comme unearme anticyclique et orientés principalement vers la stabilisation, il faudra en mesurer l'efficacité par rapport à d'autres formules disponibles.

Conclusion : il faut donc clarifier trois points.

1. Dans quelle mesure peut-il y avoir conflit et incompatibilité entre les différents objectifs possibles qu'un programme de formation peut chercher à atteindre ?

2. Lequel de ces différents objectifs — croissance économique, stabilisation de l'emploi et justice distributive — considère-t-on comme le plus important ?

3. Lequel de ces objectifs la formation sert-elle le mieux ?