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A Cross-Cultural Study of Worker Attitudes in a Bicultural Economic Environment

Vinay Kothari

Abstract

This research study examines the attitudes of French and English workers of New Brunswick, and it attempts to show similarities and differences in the attitudes of the two cultural groups. Specifically, the worker's attitudes towards his co-workers, economic benefits, administrative practices, physical conditions, and the work itself are examined and analyzed. Overall, the study points out that there are no significant differences between the attitudes of French and those of English. But the differences are likely to increase in the years to come because of social trends.

Résumé

Attitudes des travailleurs dans un milieu économique biculturel

La participation croissante des affaires dans des milieux multiculturels rend nécessaire, de la part des administrateurs, une connaissance et une certaine adaptation à la culture de ses employés.

L'importance relative que l'on attache à la connaissance d'une culture découle du fait que la culture influence les besoins de l'individu, ses désirs, ses aspirations, ses motivations ainsi que son comportement. Puisque la fonction primaire de l'administrateur est de motiver ses employés et influencer leurs comportements, il est essentiel pour l'administrateur d'analyser constamment les besoins dominants que ses employés visent à satisfaire au travail.

La détermination et l'administration des besoins des employés dans une organisation uniculturelle sont relativement faciles à faire. Mais lorsqu'une organisation est formée de gens qui représentent deux cultures distinctes ou plus, qui travaillent ensembles, la tâche devient difficile car les besoins humains vont vraisemblablement variés d'une culture à l'autre.

Dans les situations ou environnements où des différences culturelles marquées existent, l'administrateur, idéologiquement devrait, comme le suggèrent maintes recherches, adopter des politiques administratives différentes, chacune visant à satisfaire un groupe culturel en particulier.

En réalité cette solution n'est pas tellement pratique appliquée à une même organisation surtout dans la même région géographique. Par contre il est essentiel que l'administration fasse un effort sincère en vue de comprendre les différences culturelles et qu'elle cherche à trouver des facteurs communs à tous qui pourraient influencer le comportement des travailleurs à travers toute l'organisation. En poursuivant des études dans ce sens, on pourra signaler les mesures; et les actions requises de la part des administrateurs.

Une étude de ce genre a été entreprise au Nouveau-Brunswick, province canadienne reconnue pour son caractère biculturel. Dix firmes du Nouveau-Brunswick furent sélectionnées, trois seulement ont offert leur collaboration. Au delà de 2,000 copies d'un questionnaire furent distribuées parmi ces trois firmes.

D'après l'information retenue sur les caractéristiques des répondants, une assez grande homogéniété au point de vue âge, sexe, éducation et statut maritalexistait. La différence significative entre les deux groupes apparut par rapport aux revenus annuels moyens.

Les attitudes des travailleurs furent examinées surtout en relation avec les cinq champs spécifiques reliés à l'environnement du travail qui sont mentionnés ci-dessous :

1 — pratiques administratives et de supervision

2 — confrères de travail

3 — bénéfices économiques

4 — conditions physiques du travail

5 — le travail lui-même

En analysant le résultat on remarque qu'il ne semble y avoir de différence significative parmi les attitudes des travailleurs anglophones et francophones vis-à-vis leur superviseur et ses pratiques administratives. Parmi les deux groupes on retrouve une attitude généralement favorable.

De même façon, aucune différence significative existait entre les attitudes des différents groupes culturels en ce qui concerne leurs confrères de travail. Presque tous semblaient indiquer qu'ils pouvaient bien s'entendre avec les membres de l'organisation.

Il y avait cependant une différence entre les groupes culturels en ce qui concerne leur satisfaction provenant des rémunérations. Ceci était un peu prévisible attendu que le salaire moyen du travailleur anglais était d'environ $600. de plus que celui du travailleur français.

Du point de vue des conditions physiques de travail la plupart des répondants français et anglais étaient satisfaits des facilités existantes de l'organisation.

Aussi, en général les répondants des deux groupes culturels semblaient satisfaits du travail lui-même que chacun faisait.

Les taux normaux et même relativement bas d'absentéisme et de roulement du personnel semblent ajouter aux preuves d'une certaine satisfaction de da part des travailleurs.

Si l'on considère le résultat de cette étude il semble que la satisfaction ou l'insatisfaction face à l'environnement du travail n'est pas reliée directement à un groupe culturel en particulier. De façon globale, la culture pour ces groupes ne semble pas avoir tellement d'impact sur les attitudes des travailleurs.

Une explication à ce phénomène pourrait laisser entendre qu'il n'y a aucune différence marquée entre les cultures étudiées, particulièrement au Nouveau-Brunswick. Comme certains critiques sociaux l'affirment, la population française aurait été endoctrinée aux valeurs et styles de la majorité anglaise au Canada.

Cependant durant les dernières années les francophones ont réussi à faire fonctionner leurs propres écoles, radio, télévision, journaux, tous les services dont ils étaient privés auparavant. Le résultat de la possession de ces services publics aura probablement l'effet de rendre les différences entre les deux cultures beaucoup plus marquées.

En conclusion, il va sans dire que l'administration doit faire de plus en plus, un effort constant afin de connaître et de tenir compte de la culture des travailleurs si elle veut réussir sa tâche première.