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The Multinational Corporation and Industrial Relations : The American Approach

Paul A. Heise

Abstract

The special problems that the MNC presents in the context of the American industrial relations system has led the U.S. unions, to respond with a call for controls on trade. Europeans, in a different context, are responding to the integration of Europe and the imposition of some aspects of the U.S. system by U.S. corporations in Europe. The problems of understanding each other's goals will be difficult, but controls on the MNCs could serve both.

Résumé

La firme multinationale et les relations industrielles : l’approche américaine

D'une part, on perçoit la firme multinationale comme le plus puissant agent de paix et de progrès du présent siècle ; d'autre part, on le voit comme une menace à la souveraineté politique et aux responsabilités sociales des nations libres du monde, tout particulièrement de leurs classes laborieuses. La société multinationale peut obliger les systèmes de relations du travail américain et européen à relever des défis distincts, parce que les objectifs, les stratégies et le milieu ambiant des deux systèmes, tout en ne s'opposant pas, diffèrent sous plusieurs angles importants. La principale orientation nouvelle de la firme multinationale au cours des dix dernières années réside dans le degré inédit de contrôle qu'elle donne au monde des affaires. Grâce à cette facilité de contrôle, la société multinationale a vraiment crûdans des proportions énormes, a modifié la nature de la gestion dans le sens de la centralisation et de la structuration du pouvoir décisionnel et a posé un défi à la souveraineté économique de l'État providence.

Un autre changement qu'il faut rattacher à la société multinationale, c'est la division internationale du travail se manifestant à l'échelle de la planète que le mouvement ouvrier américain considère comme le plus grave. Les impératifs de l'économie internationale néo-classique voulant que dans une technologie mouvante et une gestion sans frontière, la répartition de la production se fasse strictement en fonction du coût minimal allouerait la fabrication suivant les coûts de la main-d'oeuvre. En conséquence, les usines s'implanteraient en Europe, les opérations élémentaires s'exécuteraient dans le tiers-monde et les sièges sociaux seraient en Amérique du Nord. Une pareille division des fonctions et des avantages augmenterait sans limite l'affluence des biens et des services, mais elle déterminerait aussi la structure des économies nationales selon le genre d'emplois dont elles seraient dotées et la façon dont les avantages résultant des rendements seraient partagés.

Les syndicats américains voient dans la firme multinationale une menace pour leurs emplois et les avantages sociaux dont ils bénéficient, mais encore davantage pour leur pouvoir de négociation et, au bout du compte, pour le système américain des relations du travail lui-même. Parce que les syndicats américains ont accepté le syndicalisme d'affaires et qu'ils ont négocié à leur avantage avec chaque employeur, ils font face à une situation dans laquelle la négociation collective avec une société ou une industrie donnée n'est plus efficace. Par la division internationale du travail, la firme multinationale peut déplacer les emplois des membres des syndicats vers les régions où le coût de la main-d'oeuvre est bas et priver les travailleurs non seulement de leurs emplois mais aussi de la sécurité de leur État providence.

Les syndicats et les gouvernements européens sont conscients d'un état de choses qui en feraient des usines à succursales des sociétés américaines. Les syndicats européens, orientés vers la politique, se tournent vers leurs gouvernements dont ils attendent l'action nécessaire pour défendre l'État social.

La stratégie des syndicats européens pour affronter la firme multinationale européenne a consisté à mettre au point une structure à l'échelle du monde, à appuyer la négociation collective internationale et à entamer le débat au moyen d'institutions à caractère juridique, de conférences et de réunions. Ils s'attendent à l'aide de leurs gouvernements pour traiter avec les firmes multinationales des États-Unis. Les Américains ont participé aux activités internationales, mais sans reconnaître assez clairement la nécessité pour les Européens de trouver une solution au phénomène de l'intégration. Les Américains exigent qu'on exerce un contrôle sur les importations et la question de la firme multinationale se soulève parce que le contrôle du processus de production leur échappe au moment de la menace de grève. Les Européens n'ont pas compris que les syndicats américains ne disposent d'aucun moyen politique pour contrôler les firmes.

Le problème de la coordination des efforts des syndicats européens et américains face à la société multinationale consiste à admettre les défis différents qu'ils doivent relever. Des contrôles appropriés sur les répercussions sociales découlant des firmes multinationales pourraient être utiles aux deux groupes ainsi qu'au bien-être général.