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Who Wants Collective Bargaining Any Way?

A.W.R. Carrothers

Abstract

Collective bargaining in Canada is undergoing strains today, as it has in different circumstances, which are challenging the process and are causing responsible people to question whether it can be improved or should be replaced.

Résumé

Qui veut la convention collective?

La négociation collective se justifie comme mesure d'intérêt public parce qu'elle est un des systèmes de relations du travail qui tient le mieux compte des valeurs sur lesquelles repose notre régime social et économique. On peut aussi la défendre en s'appuyant sur l'argument qu'« elle offre une agora appropriée pour discuter librement et sans contrainte de solutions multiples et que pareille façon d'agir l'emporte sur toute autre, même si l'on met de côté toute considération morale touchant la liberté et autres valeurs ».

La négociation collective se fonde sur un double paradoxe qui influence à la fois son utilisation et la conception que l'on s'en fait, soit une lutte discontinue entre des intérêts collectifs opposés et aussi un agent puissant d'action politique, ce qui va du fait évident que la négociation collective est en soi une forme d'action collective jusqu'à son utilisation comme instrument ultérieur de transformation politique, sociale et économique.

Cinq dangers semblent planer à l'heure actuelle sur le régime de la négociation collective : une augmentation alarmante du nombre d'heures-homme de travail perdues à cause des arrêts de travail associés au nombre accru de rejets par les travailleurs de la base des projets de règlement, une intensification considérable d'accords sur les salaires qui dépassent à la fois le taux d'inflation et l'indice d'accroissement de la productivité nationale, une amplification marquée des grèves illégales et des autres formes d'activité illicite, la politisation croissante des conflits et l'accentuation des préjudices publics et privés découlant des conflits dans les services essentiels.

La cause de ces dangers, ce sont le chômage, le manque à produire et l'inflation, qui poussent à une espèce de désengagement où l'individu devient indifférent aux conséquences de ses réclamations. La négociation collective n'a jamais été conçue pour détendre de pareilles tensions. On ne peut demander qu'elle soit seule à en porter le poids et elle ne peut assumer l'entière responsabilité.

Par conséquent, nous devons éviter de rejeter à la hâte et pour de faux motifs la négociation collective comme instrument d'action collective, même si, à l'intérieur du régime de négociation collective, il existe certaines possibilités de bonifier le système dans les conditions actuelles. Toute amélioration durable du fonctionnement de la négociation collective ne pourra provenir que d'une clarification de l'atmosphère de façon à réconcilier entre elles les valeurs qui motivent la négociation collective en tant que mesure d'intérêt public.