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Strike Settlement and Economic Activity : An Empirical Analysis

R. Swidinsky

Abstract

This paper explores the relationship between the outcome of strike and the level of economic activity. The findings are based on Canadian data for the period 1901-1953.

Résumé

Le règlement des grèves et l’activité économique

Cet article traite de l'efficacité des conflits de travail en regard des cycles économiques. Même si les formes de négociations ne permettent pas de prédire l'issue dans l'évolution d'une grève, plusieurs analystes en matière de relations professionnelles ont estimé que les règlements de grèves étaient davantage aux travailleurs en période d'expansion économique. D'autres analystes ont souligné que, proportionnellement, un plus grand nombre de grèves se réglaient favorablement aux travailleurs, lorsque celles-ci étaient nombreuses, touchaient un plus grand nombre de salariés et qu'elles étaient de courte durée. Toutefois, il n'y a guère eu d'études approfondies visant à connaître les causes d'efficacité d'une grève en se basant sur l'analyse des cycles économiques.

L'étude précédente est fondée sur une seule série de données, soit celles que publie chaque année le ministère canadien du Travail. Ces données, qui sont analysées ici pour la période de 1901 à 1953, fournissent des renseignements sur les causes et les résultats des grèves au Canada. Même s'il s'agit de critères plus ou moins bien tranchés, on a de fait rangé les grèves en trois catégories quant à leurs résultats: règlements surtout favorables aux travailleurs, règlements surtout favorables aux employeurs et règlements de compromis. De 1901 à 1953, on a estimé que 56.7 pour cent des grèves se sont terminées par un règlement favorable aux salariés ou par un compromis. On y voit aussi que les travailleurs ont davantage réussi à obtenir des gains quand l'enjeu portait sur les salaires.

Le degré de succès des grèves a été vérifié en regard de l'activité économique au moyen d'une analyse de régression linéaire en choisissant comme variables explicatives un indicateur de l'activité économique, le mouvement des prix, la fréquence, la durée et l'ampleur des grèves, une approximation factice (dumny) pour les deux périodes de guerre ainsi qu'une mesure linéaire. La variable dépendante consistait dans le nombre absolu des grèves et le pourcentage de celles où les salariés avaient obtenu des gains substantiels ou mitigés.

Le résultat de cette analyse indique que, de 1901 à 1953, les travailleurs ont gagné moins de grèves, aussi bien en chiffres absolus qu'en pourcentage, pendant lespériodes d'expansion économique. L'inflation leur a cependant permis d'accroître le nombre de leurs gains. Dans l'ensemble, on observe qu'assez peu de grèves se sont réglées substantiellement à l'avantage des salariés, mais que, dans beaucoup d'autres, ils ont obtenu des gains partiels. Rien ne montre que le type de grève non plus que les deux guerres n'aient eu de répercussions sur le degré d'efficacité des grèves.

Dans la dernière partie de son étude, l'auteur analyse quelques-unes des raisons pour lesquelles les travailleurs déclarent souvent la grève lorsque leurs chances de succès sont limitées. L'explication la plus plausible en est que l'on admet l'existence de différences de pouvoir de marchandage parmi les syndicats et aussi le fait que les salariés négocient davantage en faveur des structures de salaire plutôt qu'en faveur des niveaux de salaires.