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A Comparison of Wage Determination Methods in the Americas

Chris Jecchinis et Gerald Phillips

Abstract

This study compares the methods that are used to determine wages in the developing and developed countries of the Americas.

Résumé

Étude comparative des méthodes de fixation des salaires dans les Amériques

Le niveau de vie des travailleurs dépend pour beaucoup des méthodes de fixation des salaires. L'article ci-dessus compare les différentes méthodes de détermination des salaires dans les pays industrialisés et en voie de développement dans les deux Amériques.

L'auteur étudie en premier lieu le rôle joué par les gouvernements dans la détermination des salaires. Bien que tous les pays des Amériques aient adopté une forme quelconque de législation en matière de salaire minimal, les motifs avérés de cette législation vont de la garantie d'un revenu de base au Canada et aux États-Unis à un état de transition en attendant qu'une forme de contrôle plus étendue des salaires soit établie au Mexique, en Uruguay et à la Jamaïque. En outre, le champ d'application de ces lois diffère beaucoup d'une nation à l'autre.

On peut distinguer dans les Amériques trois genres d'organismes chargés du contrôle des salaires: l'établissement d'ordonnances de salaire minimal par le gouvernement (l'État fédéral canadien, les États-Unis et Cuba); des organismes tripartites qui ont la charge de recommander des taux de salaire minimal à un corps législatif quelconque (Puerto Rico et les îles de la Vierge); des commissions qui fixent elles-mêmes les tarifs de salaire minimal (la plupart des provinces canadiennes, l'Argentine, l'Uruguay, Trinidad et Tobago).

La rédaction de lois sur le salaire minimal soulève nombre de difficultés. Le manque d'instruction d'un certain nombre de travailleurs, l'insuffisance des ressources consacrées à la publicité et à l'exécution des lois et le refus des travailleurs d'en exiger la mise en vigueur tendent à entraver l'application pratique de la législation tant dans les pays industrialisés que dans les États en voie de développement dans les deux Amériques.

Dans la plupart d'entre eux, les règlements étatiques exercent une influence à la fois sur les rectifications acceptables des taux de salaire courants que sur les tarifs minimaux eux-mêmes. En premier lieu, dans les pays d'Amérique centrale, comme à Costa Rina, et en Argentine, les gouvernements sont intervenus de temps en temps au nom des travailleurs. De plus, le fait que, à peu près partout, l'État soit directement l'employeur de 15 à 35 pour cent de l'ensemble de la main-d'oeuvre non agricole pèse aussi d'un poids considérable sur les ajustements de salaire dans les différentes nations. Enfin, un certain nombre de pays, comme les États-Unis, le Canada, l'Argentine et le Mexique ont tenté l'expérience de l'établissement de normes directrices ou de contrôles en matière de traitements.

Le deuxième aspect que l'auteur envisage a trait à la détermination des salaires par voie de négociation collective. Encore que la négociation collective comme méthode de fixation des salaires soit depuis longtemps courante aux États-Unis, au Canada, en Argentine et au Mexique, il faut en même temps noter que le rythme de syndicalisation s'est singulièrement accru au cours des dernières années dans les autres pays des Amériques. Cependant, le contexte politique à l'intérieur duquel beaucoup de syndicats doivent agir demeure très instable dans les nations en voie de développement.

Le troisième aspect que l'on peut considérer, c'est le salaire payé à la pièce ou selon le mérite. La plupart du temps, il revêt la forme d'un supplément qui vient s'ajouter au salaire minimal légal.

Dans sa conclusion, l'Auteur souligne que, dans l'appréciation des méthodes de détermination des salaires dans un pays déterminé, il faut tenir compte des conditions sociales, économiques, géographiques et politiques qui y prédominent. L'insuffisance d'instruction de divers groupes de travailleurs, le degré d'isolement de certaines régions et de certaines industries et les changements d'attitude des gouvernements à l'égard de la négociation collective ont tendance à avoir un double effet dans les pays en voie de développement.

Tout d'abord, l'action collective des travailleurs vise à s'orienter vers l'obtention d'un salaire minimum vital qui soit garanti, à s'assurer que les travailleurs comprennent les réglementations et que ces dernières sont appliquées d'une façon rigoureuse. Deuxièmement, afin d'atteindre ces objectifs, les organisations syndicales sont portées à faire de l'activisme politique plutôt qu'à lutter pour écarter la mainmise et l'ingérence des partis politiques dans leurs affaires internes. Ainsi, « le rôle primordial joué par le gouvernement dans la détermination des salaires dans le secteur privé et son intervention dans les relations professionnelles laissent présager une orientation (dans la détermination des salaires) différente de ce qui existe aux États-Unis et au Canada où des conventions collectives compliquées et négociées privément entre les parties sont devenues règle courante ».