Accueil » 33-2 ( 1978) » Structural Unemployement in Canada: 1971-1974. Did It Worsen?

Structural Unemployement in Canada: 1971-1974. Did It Worsen?

Jean-Michel Cousineau et Chris Green

Abstract

The paper examines the question whether « structural » unemployment in Canada worsened during the period 1971-1974. Structural unemployment is here defined as a mis-match between the location and skill of job seekers and the location and skill requirements of available jobs (vacancies).

Résumé

Le chômage structurel au Canada

Le terme chômage structurel peut être compris de différentes façons. Nous l'étudions ici dans le sens d'une discordance entre les caractéristiques des emplois et celles des travailleurs. Deux caractéristiques particulières sont retenues. Il s'agit des caractéristiques régionales et professionnelles. Les emplois ou, de façon plus exacte dans ce contexte, les postes vacants, peuvent s'ouvrir dans certaines régions ou professions particulières, alors que les travailleurs ou, plus précisément, les travailleurs à la recherche d'emploi (chômeurs) sont dans des régions différentes ou sont qualifiés pour occuper des professions différentes. Ce type de chômage structurel est, de toute évidence, présent dans l'économie canadienne. Là n'est d'ailleurs pas l'objet de cet article, à savoir s'il y a ou non des problèmes de chômage structurel tel que défini plus haut. Nous cherchons plutôt à savoir si le chômage structurel s'est accru ou non entre 1971 et 1974.

Le choix de la période 1971-1974 a son importance, car, c'est entre 1971 et 1974 que la relation chômage-postes vacants s'est déplacée de façon marquée. Ce déplacement se décrit et s'interprète de la façon suivante. Au cours de la période 1971-1974, on a pu observer un nombre croissant de postes vacants alors que le nombre de chômeurs diminuait à peine. C'est dire qu'il s'offrait de plus en plus d'emplois mais que les chômeurs ne les comblaient pas.

Si les postes vacants se créaient dans des régions où il y avait peu de chômeurs ou pour des professions où il y avait peu de chômage, ceci pourrait expliquer pourquoi le nombre de postes vacants s'est accru alors que le chômage est demeuré sensiblement le même. On en concluerait alors en une détérioration du chômage structurel au cours de la période 1971-1974.

Les données sur les taux de postes vacants et les taux de chômage par profession et région nous ont permis d'appliquer une méthode graphique simple pour vérifier cette hypothèse et détecter les changements dans le chômage structurel de façon visuelle. Les résultats de cette application n'ont pas fait ressortir de détérioration marquée de problèmes structurels au niveau du chômage. Par ailleurs, la qualité et la nature très agrégée des données constituent une limite sérieuse à l'inférence qu'il est possible d'en tirer, Ce qui est étonnant toutefois, c'est la manifestation évidente, non pas de discordances accrues entre les travailleurs et les emplois, mais celle d'un problème plus aigu de nature frictionnelle. Enfin, cet exercice nous a permis de mieux connaître les limites de la méthode de vérification utilisée et d'espérer des développements qui sauront l'améliorer.