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Collective Bargaining Attitudes of Registered Nurses in the United States and Canada: A Wisconsin-Ontario Comparison

Allen Ponak et T. P. Haridas

Abstract

This paper compares the attitudes to collective bargaining of a sample of Ontario and Wisconsin registered nurses. Contrary to expectations (in view of the general low rate of American nursing unionism), the Wisconsin nurses who where surveyed viewed collective bargaining at least as favourably as their Ontario counterparts.

Résumé

L’attitude des infirmières américaines et canadiennes face à la syndicalisation

Bien que la condition des infirmières autorisées du Canada et des États-Unis se ressemble sous plusieurs aspects, elle diffère énormément quant au taux de syndicalisation. Soixante-quinze pour cent des infirmières autorisées du Canada sont syndiquées comparativement à moins de quinze pour cent aux États-Unis. L'explication la plus plausible d'une différence aussi marquée dans le pourcentage de syndicalisation d'un pays à l'autre provient de disparités législatives. Jusqu'à 1974, les infirmières américaines (et les autres employés des hôpitaux d'ailleurs) étaient exclues des dispositions duNational Labor Relations Act. Au contraire, les infirmières canadiennes n'étaient pas soumises à de pareilles restrictions, car on leur avait accordé depuis longtemps déjà les mêmes droits que la majorité des salariés du secteur privé de se former en syndicats, d'être accréditées et de négocier des conventions collectives de travail.

Dans cette étude, les auteurs se demandent s'il n'est pas possible que, outre les motifs d'ordre juridique, le taux plus bas de syndicalisation des infirmières des États-Unis ne soit pas aussi attribuable au fait que les infirmières américaines perçoivent la négociation collective comme un mécanisme moins avantageux pour faire valoir leurs besoins que ne l'estiment les infirmières canadiennes.

Pour jeter un peu de lumière sur cette question, on a comparé les comportements d'un échantillon d'infirmières de l'État du Wisconsin et de l'Ontario (tableau no 1). Strictement parlant, les infirmières interrogées ne constituaient pas un échantillon représentatif de l'ensemble des infirmières canadiennes et américaines. Toutefois, les types de syndicalisme chez les infirmières et les conditions de l'exercice de la profession dans les deux régions ressemblaient à ce qui existait ailleurs dans les deux pays. On a estimé, cependant, que dans la mesure où le faible taux de syndicalisation des infirmières américaines était relié à des attitudes défavorables à la négociation collective, on aurait pu s'attendre qu'il en ressortirait que les infirmières du Wisconsin étaient beaucoup moins sympathiques au syndicalisme que leurs collègues de l'Ontario.

Les données furent recueillies au moyen d'un questionnaire en dix points présenté sous la forme d'affirmations relatives au syndicalisme et à la négociation collective. Les réponses à ces dix affirmations furent mesurées à l'aide d'une échelle en cinq points (très favorable, favorable, indifférent, en désaccord et totalement en désaccord). L'analyse des réponses (tableau no 2) a montré que le seul aspect de la négociation collective où les infirmières du Wisconsin avaient une attitude plus négative que celles de l'Ontario avait trait à la coopération possible avec les employés non-professionnels. Sur tous les autres points, les perceptions des deux groupes étaient semblables où les infirmières du Wisconsin se montraient plus favorables.

Ces résultats tendent à nier dans une certaine mesure le postulat selon lequel les attitudes des infirmières aux États-Unis constituent un obstacle majeur à la syndicalisation. Ces constatations confirment plutôt la thèse traditionnelle voulant que la différence de climat politique dans les deux pays ait été la cause principale pour laquelle les infirmières américaines tardent davantage à recourir à la négociation collective.