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Causes of Unionization in Canadian Banks

Graham S. Lowe

Abstract

This paper investigates the origins and development of unions in the Canadian banking industry since 1976. The historically low level of unionization in banking, coupled with its largely female workforce, makes bank unionization a significant development on the Canadian industrial relations scène.

Résumé

Les causes de la syndicalisation dans les banques canadiennes

Le développement du syndicalisme dans les banques du Canada est d'origine récente. Depuis 1976, les syndicats ont réussi à implanter des sections locales dans 76 succursales bancaires prenant ainsi pied dans ce secteur d'activité économique. Le bas niveau de syndicalisation dans les banques, si l'on y ajoute que la main-d'oeuvre est en grande partie formée de femmes, en fait un des événements les plus significatifs sur la scène des relations professionnelles au Canada au cours des dernières années.

Le processus de syndicalisation est envisagé sous quatre aspects différents: le degré d'impuissance des employés, la structure des banques et leurs pratiques administratives, les relations sociales tant sur les lieux du travail que dans la collectivité et le poids de l'opposition de la direction à la négociation collective.

C'est dans cette perspective que sont étudiées les causes de la syndicalisation dans les banques. En se fondant sur un grand nombre de documents de même que sur de longues entrevues auprès de 37 membres du Syndicat des employés de banque affilié au Congrès du travail du Canada et d'une vingtaine de recruteurs syndicaux ainsi que de directeurs du personnel, on arrive à la conclusion que c'est l'impuissance des employés à contrecarrer les décisions arbitraires de la direction qui est à la source de la campagne de syndicalisation. Les catalyseurs spécifiques, qui peuvent aller du renvoi d'un camarade de travail à l'absence de pause-café, aident les employés à donner une valeur collective à un mécontentement généralisé. Il est révélateur que ni les bas salaires ni la rareté des chances d'avancement ne soient les griefs principaux mis de l'avant dans les campagnes de recrutement.

D'ailleurs, que les candidats potentiels à la syndicalisation soient des employés de bureau occupant des postes subordonnés au bas de la hiérarchie est de nature à aggraver encore cette condition d'impuissance.

D'autre part, les plaintes des employés au sujet de ce qu'ils appellent une « direction déficiente » peuvent se rattacher aux problèmes de structure de l'aménagement du système à succursales des banques. On estime que, même si les banques possèdent des structures bureaucratiques, des pratiques administratives diverses tendent à prévaloir dans le réseau de petites unités de fonctionnement, ce qui indique la difficulté de contrôler la qualité de la direction au niveau de la succursale.

Aussi, les employés sont-ils enclins à se tourner vers le syndicalisme lorsque certains facteurs favorables se présentent tels un fort esprit de groupe, un certain « leadership » interne, la connaissance des avantages du syndicalisme grâce aux relations familiales ou communautaires. D'un autre côté, le plus grand obstacle à la croissance du syndicalisme parmi les employés de banque réside dans l'opposition des dirigeants à la négociation collective, principalement à cause de la crainte de représailles qu'ils suscitent parmi le personnel.