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The Effect of Bargaining Structure on Negotiated Wage Settlements

Robert Swidinsky

Abstract

The purpose of this paper is to explore the effect of the structure of collective bargaining on union bargaining power. More specifically, its objective is to determine whether bargaining through employer's association, multi-employer, single (multi-plant) employer or single-plant negotiation units has had an effect on negotiated wage settlements (union wage changes) in the private sector in Canada.

Résumé

L’effet des structures de négociation sur le règlement des conditions salariales

Bien qu'il n'y ait pas de lien théorique universellement acceptable entre la structure de négociation collective et le règlement des questions salariales par négociation, les analystes des relations professionnelles ont depuis longtemps reconnu que le type d'unités de négociation retenu dans la négociation collective peut avoir un effet sur le processus de détermination des salaires. D'une façon générale, on estime que des unités de négociation plus vastes ou plus centralisées mettent en valeur le pouvoir de négociation du syndicat, bien que la preuve empirique dont on dispose permette de penser que le pouvoir monopoleur des syndicats ne soit pas accentué par une négociation fortement centralisée.

L'article vérifie l'hypothèse selon laquelle le type d'unités de négociation (unité de négociation par établissement, unité de négociation par compagnie, unité de négociation multipartite ou association d'employeurs) retenu dans la négociation collective a un effet sur les ententes salariales négociées dans le secteur privé au Canada. L'analyse se fonde sur le modèle de la courbe de Phillips où la variable dépendante consiste dans le pourcentage du changement dans les taux de salaire de base pendant la durée de la convention collective. Entrent aussi en ligne de compte plusieurs variables indépendantes, y compris l'une qui représente les différents types d'unités de négociation.

Les résultats se fondent sur l'étude de 2,338 conventions collectives régissant 200 salariés ou davantage qui ont été conclues entre 1966 et 1975. Dans cet échantillon, on compte 1,217 conventions collectives négociées dans des unités de négociation par établissement; 811, dans des unités de négociation par compagnie; 110, dans des unités de négociation multipartites et, enfin, 200, qui ont été négociées avec des associations d'employeurs.

Les résultats obtenus démontrent que la structure de négociation collective a un effet significatif sur les règlements des questions salariales. Les accords négociés dans les conventions collectives où les unités de négociation sont accordées par compagnie ou sont multipartites sont en moyenne d'un pour cent inférieurs à ceux qu'on observe dans des conventions collectives négociées dans des unités de négociation par établissement ou avec des associations d'employeurs.

Il en découle que les entreprises possédant plusieurs vastes établissements ont un pouvoir de négociation fort. Dans des industries fortement concentrées, les entreprises dominantes sont en quelque sorte immunisées contre la surenchère des syndicats. De plus, si ces entreprises sont des multinationales, elles peuvent utiliser leurs opérations internationales pour faire de la surenchère de leur côté. Dans les négociations où l'unité de négociation est multipartite, les syndicats se trouvent dans une position plus faible, puisque les tactiques de surenchère sont limitées à cause du caractère relativement homogène des entreprises.

D'un autre côté, la négociation au niveau de l'établissement permet à un syndicat puissant d'avoir un pouvoir de négociation considérable. S'il s'agit d'entreprises possédant un seul établissement ou de firmes intégrées verticalement, le syndicat peut exercer une forte pression en recourant à des tactiques de surenchère.

De même, lorsqu'une association d'employeurs négocie dans un marché de produits ou de services locaux où le taux de syndicalisation est élevé, le syndicat possède un avantage marqué. Étant donné que les employeurs ont des structures de prix différentes, donc des intérêts divergents, il est très vraisemblable que quelques-uns d'entre eux puissent rompre les rangs sous la menace d'une grève.

Alors que les résultats montrent que la consolidation des unités de négociation au niveau de l'unité par compagnie ou de l'unité multipartite peut signifier des gains significatifs dans le pouvoir de négociation de l'employeur, cela n'implique pas que des unités de négociation plus vastes puissent donner lieu à des contraintes en matière de taux de salaire. Notamment, une orientation vers la négociation par une association d'employeurs ne serait pas de nature à valoriser le pouvoir de négociation de ces derniers, même si ces groupements locaux peuvent avoir des avantages sur certains points. En fait, la formation d'associations d'employeurs ne limite pas la possibilité pour le syndicat d'utiliser des tactiques de surenchère et ne semble pas non plus accroître le pouvoir de marchandage des employeurs.

Enfin, les constatations faites paraissent indiquer que les syndicats, dans les industries peu syndicalisées, ont été en mesure de négocier des règlements salariaux plus élevés que ceux des industries fortement syndicalisées. Ce dernier résultat contredit les découvertes antérieures et il faut, en conséquence, le considérer avec réserve.