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Ineffectiveness in Teacher Bargaining: The Anatomy of a First Strike

Philipp Harris, Peter Rausch et Samuel G. Ryan

Abstract

The objective of this paper is to identify characteristics which distinguish first strike situations from other strike actions. It is based on both collective bargaining and conflict resolution literature as well as the detailed analysis of a recent walkout by a public school teachers' union.

Résumé

L’analyse de la première grève d’un syndicat d’enseignants

Dans l'étude et la pratique de la négociation collective, on se heurte toujours à la possibilité d'une grève qui peut être potentiellement néfaste. Lorsque, de plus, les parties sont des novices dans l'art de négocier et qu'elles font face à un état de grève pour la première fois, il est probable qu'elles auront un comportement qui laisse à désirer et qui peut conduire à des résultats désastreux.

Cette étude traite spécifiquement d'une « première grève » et propose une série de faits qui caractérisent de pareilles situations. Ces facteurs sont ensuite utilisés dans l'analyse des événements qui entourent une grève dans le secteur de l'enseignement où les deux parties, le syndicat et la commission scolaire, en étaient à leur première expérience.

Lorsqu'il s'agit d'une première grève, on peut s'attendre à ce que, comparés à des négociateurs plus expérimentés, les responsables de la négociation soient (1) moins bien informés et plus hésitants, ce qui conduit à une perception moins nette des événements et à un comportement irrationnel; (2) qu'ils se montrent méfiants à l'endroit des autres parties; (3) qu'ils s'appuient sur des raisons émotives; (4) qu'ils adoptent une attitude défensive et agressive; (5) qu'ils optent pour des modes de communication inadéquats; (6) qu'ils aient recours à des aides professionnels moins compétents, ce qui a pour effet d'accroître les autres difficultés.

L'examen de ce qui s'est passé au cours de cette grève d'enseignants a révélé que, d'une façon générale, le syndicat a subi des préjudices graves et inutiles comme résultat de sa décision de faire la grève, en obtenant qu'un petit peu plus que ce que lui avait offert la commission scolaire immédiatement avant la grève. Des communications réticentes et sélectives, alors que l'une et l'autre parties jouaient à cache-cache, le manque de conseils à la section locale de la part du siège social du syndicat, la négligence des dirigeants syndicaux à renseigner les membres sur des faits importants qui se rapportaient directement au conflit comme les offres salariales, des erreurs dans la stratégie de négociation qui ont placé le syndicat dans une situation désavantageuse, des attitudes de plus en plus émotives et agressives entre les parties au fur et à mesure que les négociations se poursuivaient, autant de faits qui ont caractérisé ces négociations. Le syndicat laissa passer la période la plus propice à la grève au commencement de l'automne au moment de l'ouverture des classes alors que la commission scolaire était moins prête à affronter la grève.

La grève elle-même fut assez violente; elle a laissé de profonds ressentiments et une méfiance prolongée entre les parties. Les dirigeants syndicaux ont été emprisonnés une semaine pendant la grève. Les cours furent perturbés et les policiers furent forcés de maîtriser les grévistes. Les membres en général furent surpris par la dureté de la grève et par la fermeté de la commission scolaire à maintenir sa position. Le président de la commission scolaire remet peu après sa démission à cause d'animosité et de pressions sous forme d'appels téléphoniques outranciers, de lettres haineuses et d'altercation publique avec les membres du syndicat.

Les événements et les expériences qui ont marqué cette grève diffèrent de la plupart des grèves d'enseignants qui ont été analysées jusqu'ici, ce qui indique que les premières grèves méritent une étude spéciale en tant que forme originale de conflits qui possèdent leurs caractéristiques et leurs dynamisme propres.

On peut donc conclure que les parties à une première grève devraient se rendre compte de la probabilité plus forte des dangers dont il vient d'être question et qu'elles devraient mieux se préparer aux réalités de la négociation collective, se doter d'une aide professionnelle compétente, être prêtes à faire des compromis et être conscientes des effets prolongés de comportements néfastes pour les négociations futures.