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Political Parties and Trade Union Growth in Canada

Dennis R. Maki

Abstract

This study retests the Ashenfelter-Pencavel hypothesis that political factors matter, using pooled cross section-time series data on union growth for Canadian provinces and a set of dummy variables representing political party in power in each province. Both theoretical and practical aspects are presented.

Résumé

Partis politiques et croissance des syndicats au Canada

Le présent article reconsidère l'hypothèse d'Ashenfelter et de Pencavel selon laquelle le parti au pouvoir influence le taux de croissance du syndicalisme. Cependant, alors qu'Ashenfelter et Pencavel soutenaient que le parti au pouvoir ne constitue qu'un simple substitut pour obtenir des renseignements indisponibles sur le comportement de l'opinion publique envers les syndicats, cette étude-ci tend à démontrer qu'il y a une relation de cause à effet entre le parti politique au pouvoir et le taux de croissance du syndicalisme. Cela peut se présenter de différentes façons dont la plus manifeste réside dans les modifications aux lois provinciales sans exclure toutefois les déclarations publiques sur les bienfaits du syndicalisme et la promptitude à recourir à une législation spéciale pour mettre fin aux grèves.

Si le parti politique au pouvoir est reconnu pour avoir un « préjugé favorable » à l'égard des syndicats, les travailleurs sont plus enclins qu'en d'autres circonstances à y adhérer, car ils se rendent compte qu'ils ont plus de force lorsque les syndicats ont l'appui du gouvernement derrière eux. De même, les syndicats eux-mêmes ont la perception qu'ils ont le « feu vert » et qu'ils peuvent intensifier le travail de recrutement, car ils estiment que les sommes consacrées à l'organisation seront plus productrices que si un autre parti détenait le pouvoir. Enfin, il arrive que des employeurs opposent moins de résistance au syndicalisme lorsqu'un gouvernement sympathique à cette cause est au gouvernail, car les employeurs considèrent que pareille résistance serait futile.

Étant donné que la législation du travail au Canada est du ressort des provinces, il fallait donc, pour vérifier l'hypothèse, des statistiques par province. Les statistiques relatives au développement des syndicats furent regroupées pour chacune des neuf provinces, l'Ile du Prince-Edouard étant excluse faute de données. Ces statistiques portaient sur la période de 1962 à 1978 inclusivement. On eut recours à des variables fictives pour représenter les cinq partis politiques qui avaient formé le gouvernement dans ces provinces durant cette période. On retint aussi d'autres facteurs comme le taux de croissance de l'emploi et les changements cycliques mesurés au moyen du taux de chômage. Le changement proportionnel des effectifs syndicaux fut appliqué de façon régressive aux variables relatives aux partis politiques, au taux de croissance de l'emploi et au taux de chômage.

Les résultats indiquent que la croissance de l'emploi et le niveau de chômage sont des variables qui ont une signification statistique. Il en est de même pour les variables se rapportant aux partis politiques. On y a découvert que le développement des syndicats a été d'environ trois pour cent plus faible au moment et dans les provinces où les partis libéral et conservateur formaient le gouvernement que lorsque le Nouveau parti démocratique était au pouvoir. Pour ce qui est du passage au gouvernement du Crédit social, de l'Union nationale et du Parti québécois, on n'a remarqué aucune signification statistique valable.

Il serait utile, au cours de recherches futures, de se demander si les partis politiques ont un effet sur d'autres aspects de l'activité syndicale comme les grèves et la fixation des salaires.