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Strikes in Israël: The Histadrut in a Sectorial Perspective, 1965-1982

Yonatan Reshef et Yatzhak Fried

Abstract

The paper presents a study ofstrike activity in Israël through a sectorial approach.

Résumé

Le système économique israélien fournit une occasion sur mesure pour analyser les différences dans l'exercice de la grève parmi les secteurs. Israël est probablement la seule démocratie industrialisée dont l'économie soit fondée sur trois grands secteurs. Ces secteurs sont les suivants : le secteur public, le secteur privé et un troisième secteur qui appartient à L’Histadrut (La Fédération générale du travail d'Israël). Le recours à la grève parmi les travailleurs des entreprises de l'Histadrut est au cœur de la présente analyse. En le comparant aux conflits de travail des autres secteurs, il a été possible de vérifier deux points : a) y-a-t-il quelque différence de principe entre les travailleurs des entreprises de l'Histadrut et ceux des deux autres secteurs concernant les moyens de grève qu'on y choisit et b) si tel est le cas, à quels facteurs faut-il attribuer ces différences?

Pour faciliter l'interprétation et l'explication des types de grève dans les trois secteurs, l'auteur traite brièvement du développement historique de l'Histadrut et de son rôle dans la société globale, donne une courte description de la structure sectorielle en mettant l'accent sur le caractère unique du secteur économique de l'Histadrut, analyse les statistiques et expose les résultats.

D'un point de vue général, on a posé trois hypothèses : 1) les travailleurs de l'Histadrut seront ceux qui auront le moins recours à la grève parmi les salaries des trois secteurs; 2) les employés du secteur public sont ceux qui y recourent davantage; 3) les grèves du secteur public seront les plus courtes.

Pour vérifier l'exercice de la grève, l'étude utilise trois mesures, chacune d'entre elles étant normalisée par le volume de la main-d’œuvre s'y rapportant (sauf pour la mesure de la durée qui est déjà comprise dans le calcul du nombre des grévistes). Elles sont les suivantes : 1) la fréquence relative, c'est-à-dire le nombre de grèves par 1 000 employés, 2) la participation relative, c'est-à-dire le nombre de grévistes par 1 000 employés et 3) la durée, c'est-à-dire le nombre de jours-personne perdus par gréviste. On a comparé l'exercice de la grève dans les trois secteurs au moyen de ces trois mesures d'une façon descriptive (voir les graphiques 1 et 2).

Cette étude réussit à confirmer trois de ces hypothèses et met en lumière une tendance qui s'accorde avec la troisième. On y a démontre qu'il y a différence de principe parmi les secteurs concernant les mesures de fréquence relative. Les travailleurs du secteur public recourent à la grève plus fréquemment alors que les salariés de l'Histadrut utilisent cette arme moins souvent. Cependant, en ce qui a trait aux deux autres mesures, on n'a discerné que des orientations générales : les grèves du secteur public tendant à comprendre un plus grand nombre de participants et à être plus courtes que celles des autres secteurs.

On peut affirmer qu'un ensemble de facteurs économiques, organisationnels, institutionnels et politiques devrait aider à expliquer la forme du graphique 1, la mesure de fréquence relative tout comme les deux tendances générales précitées. Par exemple, le fait que les grèves dans le secteur public aient tendance à être plus courtes que les grèves dans les autres secteurs peut être attribuable à la nature politique des grèves du secteur public. De plus, que ce dernier secteur soit celui qui comprend le plus grand nombre de grévistes peut résulter de l'existence d'unités de négociation relativement plus grandes dans le secteur public ainsi que des interrelations qu'on y retrouve. Au point de vue économique, on peut présumer que les bonnes conditions générales dont jouissent les travailleurs de l'Histadrut sont une des raisons pour lesquelles ceux-ci font moins la grève que les autres salaries d'Israël.