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Family and Work: Challenges to Labor, Management and Government

Alice H. Cook

Abstract

Radical changes have taken place in family and in work over the last century. These two institutions are the source of conflicting demands. Accomodation calls both for equality in the home and for the restructuring of work.

Résumé

Au cours de ce siècle, les deux institutions que sont la famille et le travail ont connu de profonds changements. En ce qui concerne le travail, notons, entre autres, une réduction des heures de travail, un déplacement de la production vers les services, l'entrée des femmes sur le marche du travail représentant maintenant 44 % de la population active. Il existe cependant toujours une ségrégation des emplois et la main-d’œuvre féminine est surtout concentrée dans un petit nombre d'occupations traditionnellement réservées aux femmes, i.e. peu rémunérées, avec peu de chances de promotions, etc. La famille moderne, pour sa part, est caractérisée par un très faible taux de natalité, un taux de divorce élevé, plusieurs enfants vivants dans des familles séparées, etc. En majorité, maintenant, les deux conjoints gagnent un revenu et les femmes travaillent pour des raisons économiques. La vie de la femme, de la mère qui travaille, est marquée par un double fardeau, car elle continue à assumer la majeure partie des tâches domestiques et l'éducation des enfants.

Malgré ces faits, des concepts dépasses demeurent fortement ancres dans les valeurs de plusieurs. Ils concernent l'homme, « chef de la famille », « gagne-pain », etc. et la femme « reine du foyer ». De plus, ce qui n'a pas change est cette vieille croyance qu'on doive séparer travail et famille et que la première responsabilité de la femme, même si elle travaille à l'extérieur, est envers son foyer. La structure et les exigences du travail sont encore basées sur la prémisse que le travailleur, homme ou femme, n'a pas de responsabilité domestique et si l'on en a, cela doit rester en dehors du travail. Travailleurs, employeurs et gouvernement sont conscients du dilemme que posent nos valeurs traditionnelles dépassées avec la nouvelle réalité. De nombreux spécialistes de diverses formations se sont penchés sur ce problème et il devient, de plus en plus, un champ majeur de recherche en relations industrielles.

Deux approches se dégagent des travaux effectues. La première reconnait que les femmes sont les victimes des nouvelles circonstances émergeant des changements dans le travail et dans la famille. Elle tente de développer des suggestions et politiques pour aider les femmes sur le marche du travail : congé de maternité, congé pour soins aux enfants, paye ou non, garderies, changements dans l'horaire scolaire, révision du droit de la famille, introduction d'horaires flexibles, etc. La seconde approche va beaucoup plus loin. Elle vise à rendre responsable conjointement les hommes et les femmes de l'entretien de la famille. Il ne s'agit pas seulement de trouver des programmes aidant les mères au travail à soulager leur double fardeau, mais de se demander pourquoi le travail lui-même ne pourrait pas et ne devrait pas être restructuré.

Par exemple, selon l'économiste français André Gorz, il est possible d'envisager que le temps de travail pourrait n'être que de 1 000 heures/an par personne au début du 21e siècle, compte tenu des changements technologiques et du fait que le travail doive être partage parmi tous ceux qui veulent travailler. Ceci constituerait 20 000 heures de travail dans la vie professionnelle d'une personne devant être reparties au cours de sa carrière avec beaucoup de flexibilité. Il suggère que les travailleurs devraient jouir d'une garantie de revenus à vie. Pour sa part, Gosta Rehn, économiste suédois, croit qu'il faut repenser la réorganisation du travail et la vie de travail. Il rebâtirait le système de sécurité sociale de façon à permettre à tous d'avoir périodiquement des congés d'un an rémunéré. Ces congés pourraient servir à diverses fins : se préparer en vue d'un changement de carrière, avoir un enfant, se consacrer à ses loisirs, aux arts et à la littérature, aux sports, etc.

Ce sont de tels changements radicaux qu'il faut envisager si nous ne voulons pas être forces de faire face à un problème de chômage massif d'un cote et de l'autre, à un monde du travail qui impose des exigences insupportables pour la vie familiale. Jusqu'à ce que l'égalité soit clairement définie et accepté comme étant la norme, tant au travail que dans la famille, les femmes vont continuer à porter le double fardeau qui les handicape dans le monde du travail et les épuise pour leur famille. L'égalité des chances d'emploi constitue une réponse partielle au désavantage des femmes. La famille est socialement aussi importante que le travail, plusieurs diraient beaucoup plus importante. Présentement, ces deux institutions sont sources de demandes conflictuelles. Il faut trouver des compromis pour à la fois réaliser l'égalité à la maison et restructurer le travail de façon à permettre aux deux parents d'avoir du temps pour la famille.