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La proteccion del empleo en las Américas.

Francisco Zapata

Resumen

Frente a la crisis economica y la reconversion industrial necesitada por los cambios tecnologicos, el mercado del empleo ha cambiado mucho. El autor estudia aquilas medidas de proteccion del empleo y los sistemas de seguro de desempleo que estan estableciendose en diferentes paises Latinoamericanos.

Résumé

Dans ce travail, trois thèmes fondamentaux sont abordés. En premier lieu sont présentées les principales caractéristiques de l'évolution de la force de travail en Amérique Latine de 1950 à 1980. Celles-ci constituent en effet la toile de fond sur laquelle s'est développée la problématique de l'emploi. En second lieu sont analyses les liens entre la crise économique, au travers de laquelle passent les pays latino-américains, et son impact sur l'emploi, tout en soulignant la mise en pratique de programmes d'urgence pour faire face au chômage généré par cette crise. En troisième lieu sont discutées les implications que la politique de rationalisation productive (ou reconversion industrielle) peut avoir et ce, à partir du marche du travail.

L'évolution de la force de travail en Amérique Latine tend vers la formation d'un marche du travail essentiellement urbain qui regroupait, en 198 S, 72 % de la population active. De plus, ce marche se caractérise par une concentration dans les services qui prennent place dans les villes : éducation, santé, formalités bureaucratiques, etc. Finalement, le pourcentage de l'emploi féminin a connu une croissance significative, particulièrement dans le secteur des services où il représente plus des deux tiers de l'emploi total.

Par ailleurs, le marche du travail se divise en deux secteurs clairement distincts : le marche formel et le marche informel. En proportion, les deux tiers des emplois se retrouvent dans le marche formel et l'autre tiers, dans le marche informel.

Plusieurs études de cas portant sur le marche informel ont été réalisées, plus particulièrement par le Programme régional de l'emploi pour l'Amérique Latine et les Caraïbes (PREALC). Elles révèlent les caractéristiques spécifiques de ce marche. La crise économique qui affecte les pays latino-américains intensifie le chômage, les obligeant à mettre en pratique des programmes d'urgence (Programme d'emploi minimum (PEM) au Chili; Appui à l'admission temporaire au Brésil; Emploi d'urgence au Panama). Ces programmes ont permis « d'employer » transitoirement les travailleurs du secteur formel, ayant été licenciés, à des niveaux de rémunération inférieurs ainsi qu'à des activités inférieures de productivité (hygiène, réparation des voies publiques, peinture d'édifices officiels, etc.). Ces programmes ont également permis d'incorporer partiellement des jeunes qui se joignaient pour la première fois au marche du travail ainsi que des femmes dont les époux avaient été licencies. Cependant, les programmes de l'emploi minimum n'ont pas été « institutionnalises» et par conséquence, la planification de la dépense publique n'en tient pas compte. Dès lors, leur précarité empêche de les considérer comme une

solution permanente aux effets de la crise économique. En accord avec le PREALC, on pourrait penser à une solution permanente seulement s'il était établi un inventaire de projets qui utiliseraient intensivement la main-d’œuvre, tout en tenant compte des caractéristiques personnelles des travailleurs en disponibilité (qualification, âge, expérience de travail, etc.).

La reconversion industrielle, caractérisée par la mise en place de nouvelles activités (électronique, sous-traitance, télécommunication) et par l'optimisation de la productivité du travail dans les installations déjà existantes, permet d'identifier la création de nouveaux emplois dans le but de parvenir à une stratégie de transformation du marche du travail en Amérique Latine. Même s'il se crée de nouveaux postes de travail, la stabilité de l'emploi qui existait par le passe a été supprimée et remplacée par des programmes d'assurance chômage qui permettent d'atténuer l'impact de l'instabilité d'emploi en relation avec la dynamique de la production. Cependant, il demeure toujours prématuré d'évaluer l'impact que les nouvelles mesures de développement économique auront sur le marche du travail. Étant donné qu'il est impossible de penser à la reconversion industrielle comme un mécanisme optimum pour résoudre les problèmes du chômage en Amérique Latine, il est clair qu'en termes quantitatifs la production d'emplois n'a pas été abondante jusqu'à maintenant.

Abstract

This paper is dealing with three issues. First, we consider major labour force trends in Latin America between 1950-1980. Secondly, we analyze the impact of the recent economic crisis and examine the emergency measures which have been adopted to deal with high levels of unemployment. Thirdly, we discuss the consequences that industrial transformations have had on labour markets.

The evolution of the labour force in Latin America leads toward an essentially urban labour market which, in 1985, comprised 72% of the total labour force. This labour market is also characterized by a strong proportion of occupations in the service sectors - education, health care, civil service, etc. - and by a rapidly growing participation rate of women, particularly in the service sectors where it represents two thirds of total employment. On the other hand, the labour market can be clearly divided into two distinct segments: the formal labour market and the informai labour market, the former accounting for two thirds and the latter for one third of total employment. Several studies, particularly those done by the Regional Employment Program for Latin America and the Caribbeans have illustrated the specifie characteristics of the informai labour market.

The economic crisis affecting Latin America aggravates unemployment and forces countries to adopt emergency measures such as the Minimum Employment Program in Chile, the Emergency Employment Program in Panama, or the Support to Temporary Employment Program in Brazil. These programs have given transitory employment to workers who had been laid off from the formai labour market but at much lower rates of pay and in inferior types of economie activities (public buildings and road maintenance, sanitation occupations, etc). They have also attracted young workers who were joining the labour force for the first time and spouses whose husbands had been laid off. However, these minimum employment programs have not been institutionalized and, as a consequence, their status is very precarious.

It is thus not possible to consider them as a permanent solution to the effects of the economic crisis. As was mentioned by the Regional Employment Program for Latin America and the Caribbeans, a permanent solution could be envisaged only if a serious inventory of labour intensive prograr.is was made and if such inventory would take into consideration personel characteristics of available workers such as age, qualifications, work experience, etc.

The industrial transformations which have brought new activities (electronics, telecommunications, sub-contracting) and which have increased productivity in existing activities, give some hope for new employment opportunities in Latin America. However, the creation of new jobs has been obtained at the expense of employment stability which used to exist and has led to the setting up of unemployment insurance programs to take care of displaced workers. For this reason, it is difficult to evaluate the impact that new economic development measures will have upon the labour market. Since it is impossible to consider industrial transformation as the best mechanism to solve unemployment problems in Latin America, we should not be surprised if job creation has not been more important so far, at least in quantitative terms.