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What Does the Future Hold for U.S. Unionism?

Richard B. Freeman

Abstract

The author explores the reasons for the recent decline in U.S. private sector unionization and considers four possible scenarios of change in the future

Résumé

Au cours des deux dernières décennies, le taux de syndicalisation dans le secteur prive aux États-Unis s'est effondré si rapidement qu'aujourd'hui, on peut presque parler d'un « syndicalisme de ghetto » limite à quelques groupes particuliers. Pour discuter de la question de l'avenir du syndicalisme américain, il faut d'abord revoir les causes de son déclin. Quatre scénarios de changements possibles seront ensuite considérés. La baisse de la densité syndicale aux États-Unis est principalement attribuable à l'opposition patronale et aux réactions syndicales qu'elle a provoquées dans le cadre des institutions et des lois américaines du travail. Les transformations structurelles survenues dans l'économie américaine, les changements dans l'opinion publique face aux syndicats, le manque d'intérêt des travailleurs envers la syndicalisation et le recours par l'État à une politique plus élaboré de normes du travail (ayant pour effet de se substituer au syndicalisme) sont des justifications qui ne résistent pas à l'analyse. On notera d'ailleurs qu'historiquement le nombre de syndiques a évolué selon un modèle plutôt asymétrique, caractérise par de courtes périodes de gains appréciables et inattendus suivies par des pertes, en d'autres périodes.

Le premier scénario relatif aux changements possibles du syndicalisme dans le futur repose sur l'hypothèse que les tendances observées actuellement vont se poursuivre. En utilisant un modèle simple de croissance de la densité syndicale, les calculs révèlent que le taux de syndicalisation dans le secteur privé américain ne dépasserait pas 5 %.

Le second scénario postule que les syndicats parviendront à mettre un frein au mouvement de décroissance, en recourant à un ensemble de tactiques nouvelles ou plus efficaces, soit : une plus grande place faite aux membres honoraires, hors du cadre traditionnel de l'unité d'accréditation; une plus grande coopération avec la direction; une plus grande implication des syndicats aux niveaux local et communautaire; des campagnes plus agressives auprès des entités corporatives et l'utilisation variée des fonds de pension. Dans ce cas, le taux projette de densité syndicale dans le secteur prive serait de l'ordre de 10 %.

Le troisième scénario va plus loin et envisage certaines modifications aux lois américaines du travail susceptibles d'améliorer la situation des syndicats. Une reforme législative permettant aux syndicats de connaitre, lors des tentatives d'accréditation, autant de succès qu'au cours des années 1960 impliquerait des changements prosyndicaux très improbables au droit du travail américain, sans parvenir à ramener la densité syndicale à son niveau antérieur ni même à la stabiliser à son niveau actuel. En effet, afin de maintenir le niveau actuel de densité syndicale, les syndicats doivent recruter et organiser annuellement entre 0.5 % et 0.8 % de la main-d’œuvre, des pourcentages de loin supérieurs au taux actuel de 0.1 %. Trois changements législatifs pouvant recevoir l'assentiment des conservateurs et favoriser la syndicalisation sont proposés : l'abolition de la loi actuelle (NLRA), l'attribution aux États de la responsabilité en matière de droit du travail et l'adoption d'une loi nationale du type « Work Council ». Seul le dernier changement semble offrir suffisamment de possibilités pour favoriser un accroissement marque de la densité syndicale.

Quant au quatrième scénario, il postule une nouvelle pousse de la syndicalisation. Une telle poussée serait plus susceptible de se produire chez les cols blancs. De plus, elle nécessiterait des changements dans la signification de l'adhésion syndicale, dans le sens des suggestions qui se trouvent dans le rapport de la FAT-COI intitulé The Changing Situation of Workers and théier Unions. Elle s'accompagnerait probablement de la création d'une nouvelle centrale syndicale regroupant des syndicats de cols blancs et d'employés du secteur public avec des associations d'employés et de professionnels qui se sont traditionnellement tenus à l'écart du mouvement syndical. Bien que ces développements semblent peu probables (on ne décèle en fait aucun indice permettant de croire à l'existence possible d'une telle association, ou même à l'émergence d'une nouvelle centrale syndicale), ce dernier scénario semble pourtant le plus apte à assurer une poussée du syndicalisme, si elle devait se produire.

Resumen

El porcentaje de sindicalismo en el sector privado de los Estados Unidos ha caido en las dos ultimas decadas, llegando a convertirse en "sindicalismo de barrio" limitado a grupos pequenos y especiales de trabajadores. En esta comunicacion, exploro el porque de esta caida en la sindicalizacion, considerando cuatro escenarios posibles para el futuro.

Mi analisis atribuye la caida en la densidad, a la oposicion de la administracion y a las respuestas que el movimiento sindical ha dado dentro del contexte de la ley laboral y sus instituciones. No acepto las explicaciones basadas en cambios estructurales en la economia, cambios, en la opinion publica acerca de los sindicatos, falta de interes por parte de los trabajadores, y proteccion gubernamental a la fuerza laboral que substituye a los sindicatos. Hago notar el antecedente historico que nos muestra que el movimiento sindical en los Estados Unidos crece de maneras inesperadas en cortos lapsos de tiempo y pierde densidad en otros afios.

Regresando a mi especulacion respecte al futuro, mi primer escenario presenta una continuacion de las tendencias actuales. Basado en un modelo simple de crecimiento de la densidad de los sindicatos, preveo un porcentaje de sindicalizacion por debajo del 5% en el sector privado si las mismas tendencias de cambio continuan en el futuro.

El escenario II, asume que los sindicatos atacan el porcentaje de descenso a traves de un conjunto de nuevas o extensas tacticas: crecimiento del numero de miembros asociados fuera de la negociacion colectiva; una mayor cooperacion con la administracion; cuotas sindicales mas bajas; aumento en las organizaciones syndicales a nivel local y comunitario; campafias agresivas por parte de las corporaciones y uso de los fondos de pension. En este caso preveo un porcentaje de densidad en el orden de un 10% en el sector privado.

El escenario III, considera los posibles cambios en la ley laboral en los Estados Unidos, que podràn mejorar las condiciones de los sindicatos. Argumento que las reformas a la ley laboral, que restituyen el exito de los sindicatos en la eleccion de representantes al NLRB de acuerdo a las condiciones de los anos 60's, requeriran cambios inprobables a la ley laboral, que no restaurarian ni estabilizarian la densidad de los niveles actuales. La razon es que para mantener los niveles actuales de densidad, los sindicatos deben organizar entre el 0.5 y 0.8% de la fuerza de trabajo al ano (dependiendo de los futuros porcentajes de perdida de densidad, debido al incremento en la fuerza laboral y al cierre de las plantas actualmente sindicalizadas) por encima del porcentaje del 0.1% actual de organizacion. En este contexto, indico très cambios legales radicales que pudiesen ganar la aprobacion de los conservadores y que refuercen la organizacion sindical - abolicion de la "NLRA"; regresar la mayoria de las leyes laborales a los estados, y la aprobacion de la ley nacional del tipo Consejo del Trabajo. El ultimo cambio es el unico que considera con posibilidad real de aumentar la densidad del trabajo.

Mi cuarto escenario postula un nuevo crecimiento en la organizacion sindical. Argumento que tal crecimiento se dara entre los trabajadores de oficina, que requerira cambios en el significado de membresi'a sindical como el reporte de la "AFL-CIO" titulado "La situacion cambiante de los trabajadores y sus sindicatos" y que sera posiblemente acompanado por el desarrollo de una nueva federacion de sindicatos de trabajadores de oficina y de servicios publicos junto con asociaciones de profesionistas y empleados que tradicionalmente no han sido parte del movimiento laboral.

A pesar de que no considero estos cambios probables — no hay antecedentes que indiquen el exito en la organizacion de los trabajadores de oficina del sector privado o la tendencia hacia una nueva federacion — estos presentan mi mejor espectative acerca de lo que induira el futuro crecimiento, si este occurre.