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Privatization in British Columbia: What the Experts Say Will Happen

Barton Cunningham et Lari Mitchell

Abstract

Privatization is being either implemented or investigated in over 100 countries and has become the plan of action for the B.C. government, beginningin the October, 1987. The goal of this Project was to predict the effects of privatization on labour relations in British Columbia. Specifically, it sought to understand how privatization might affect worker stability and wages, the structure and mechanisms for bargaining, the union 's structure and size, and the like. A delphi procédure was carried out in the early fall of 1988 which sought to sample three différent groups — representing union, management, and neutrals (eg., arbitrators). Those targeted were some of the highest ranking labour relations practitioners in British Columbia. The future of B.C. labour relations, based on the delphi prédiction, is one of short term instability for job holders, lower wages, and fragmentation of management's approach to bargaining. There could be increased costs for unions, more militancy, and more difficulties in improving labour relations.

Résumé

Dans plus de cent pays, on a implanté la privatisation ou l'on a fait des recherches sur le sujet. L'attention qu'on y apporte est en parallèle avec les inquiétudes relatives à l'augmentation de l'importance et du nombre des États tant sous les régimes démocratiques et totalitaires que dans les pays capitalistes ou socialistes. Le gouvernement de la Colombie-Britannique s'est servi du concept de la privatisation pour promouvoir un certain nombre d'idées portant sur la restructuration du gouvernement. Ces idées incluent: un gouvernement plus réceptif à ce qu'il peut faire de mieux, en instituant une politique, en administrant et en fournissant les services que le secteur privé ne peut pas donner efficacement; l'élaboration de possibilités nouvelles de création d'entreprises et d'emplois de même qu'une diminution des coûts. On peut noter plusieurs exemples valables de privatisation, tels l'entretien des routes et des ponts, les services d'impressions du gouvernement, etc.

L'établissement de prévisions exactes en ce qui a trait à l'avenir des relations professionnelles en Colombie-Britannique est difficile à dissocier de l'émotivité. Celles-ci dépendent en grande partie de l'idéologie patronale ou syndicale. Toutefois, les questions concernant l'avenir des relations du travail face à la privatisation renvoient à quatre sujets principaux: la structure et les mécanismes de négociation; la stabilité de l'emploi et les salaires; la dimension, la force et le militantisme des syndicats et d'autres conséquences, dont on ne s'est pas encore rendu compte.

Bien des gens ont exprimé des inquiétudes au sujet des tentatives de privatisation des services gouvernementaux. Comme la privatisation peut entraîner le déplacement ou l'élimination d'emplois dans le secteur public, la question est très importante pour le syndicalisme. Cette étude, par conséquent, a pour objet d'en examiner les effets sur les relations professionnelles en Colombie-Britannique.

Nous avons choisi d'utiliser la méthode Delphi qui consiste à faire appel à l'expérience de spécialistes qui oeuvrent dans divers champs d'activités en leur soumettant des questionnaires réitératifs de façon à en distribuer les réponses anonymement entre les spécialistes. Ceci encourage à la recherche de consensus plutôt qu'à des expressions personnelles d'opinions. On a demandé la participation de trois groupes différents représentant les syndicats, les employeurs et les indépendants ou les neutres. Les personnes choisies possédaient de l'expérience dans les relations professionnelles (n= 15). Les responsables syndicaux dirigeaient une association importante, les neutres comprenaient des professeurs d'université (ceux-ci agissant aussi comme arbitres), des arbitres et un consultant.

Tous les participants étaient de sexe masculin et jouissaient d'une haute renommée d'expertise en matière de relations du travail. À chaque réitération du questionnaire, on a demandé à ces spécialistes de donner l'ordre plausible des événements qui pourraient survenir dans les quatre champs d'action se rapportant aux relations du travail. On les incitait à y ajouter les explications qu'ils estimaient nécessaires pour justifier leurs opinions et à apporter des commentaires s'ils le jugeaient pertinent. Le processus des interviews et la cueillette des données ont duré plus de trois mois. La période, qui s'est écoulée entre chaque échange de questionnaires, avait pour objectif d'encourager les participants à réfléchir davantage aux questions en jeu et, peut-être, à accepter les points de vue de leurs collègues. Donc, les conclusions auxquelles ils en sont arrivées sont le fruit d'une longue méditation au cours de laquelle les chercheurs ont essayé de provoquer chez leurs répondants la reconnaissance d'un éventail complet des enjeux possibles. Certains résultats se dégagent de cette étude.

LA NÉGOCIATION CENTRALISÉE

La privatisation peut fragmenter le côté patronal à la table des négociations. Un aspect moins consistant des conclusions, soutenu uniquement par les dirigeants syndicaux et les neutres, indique que la négociation centralisée deviendra plus complexe du fait que l'existence de salaires et d'avantages sociaux différents entre les divers syndicats et sections locales qui sont parties aux pourparlers. La négociation sera moins facile à manoeuvrer et les unités de négociation deviendront plus complexes.

LA STABILITÉ DES EMPLOIS ET DES SALAIRES

La privatisation influencera la stabilité de la main-d'oeuvre et des salaires. Cela peut se traduire par des perturbations dues à la relocalisation des travailleurs, la nomination aux postes vacants, la réponse aux problèmes et aux plaintes de la part des salariés relocalisés. Les spécialistes s'accordent à prédire que les salaires et les avantages sociaux dans les groupes de travailleurs touchés par une nouvelle privatisation décroîtront probablement sous l'effet des forces du marché du travail. On pressent aussi que ces diminutions auront des répercussions sur le secteur public en général, y entraînant un recul des salaires.

D'autres observations (qui traduisent les points de vue des dirigeants syndicaux et des neutres) considèrent que le nombre des grèves et des lock-out augmentera. On ne peut cependant en déduire avec certitude que les mouvements de grèves s'accroîtront, car il pourrait s'agir d'actions isolées, occasionnelles.

PUISSANCE DES SYNDICATS ET COÛT DE L'ACTION SYNDICALE

La privatisation rendra l'activité syndicale financièrement plus coûteuse, mais il n'y a pas d'indice permettant de croire qu'il s'ensuivra des divisions dans les syndicats entre les plus ardents militants et les syndicalistes modérés. C'est également l'impression générale que les employeurs et les syndicats auraient fort à faire pour améliorer les relations professionnelles durant cette période.

Il n'est pas encore évident que la privatisation ait abaissé le coût des services gouvernementaux. Toutefois, l'engouement initial en sa faveur a beaucoup ralenti car il devient plus difficile d'identifier des cibles attirantes tant au plan économique que politique. Quelques-unes des entreprises publiques les plus en vue, comme les services d'électricité et de traversiers ainsi que l'assurance-automobile, n'ont pas fait l'objet de débats sérieux à ce sujet. Les prévisions clés, en ce qui concerne l'avenir des relations du travail, semblent encore vraies après un an. Les effets définitifs de la privatisation ne seront pas connus avant nombre d'années. Cependant, il est certain que les conséquences en seront bien plus complexes que le seul fait de transférer certaines activités de production et de services au secteur privé. Celles qui touchent le domaine des relations professionnelles semblent être d'une importance majeure.