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The Politics of Restructuring : Trade Unions on the Defensive in Britain Since 1979

Jeremy Waddington et Colin Whitston

Abstract

This paper shows that restructuring and the associated political programme have thrown British unions onto the defensive. It rejects arguments that unions have been 'tamed' and that unions are in terminal crisis, but argues that union structures and practices intended for application in the 1960s and 1970s were found to be inappropriate for the circumstances of the 1990s. Since 1979 a range of policy initiatives have been launched to address existing weaknesses. A review of these identifies several shortcomings and suggests that attempts to establish a 'new' agenda have only just begun.

Résumé

L'idée maîtresse de cet article est que les syndicats britanniques se retrouvent depuis 1979 dans une position défensive face à la restructuration économique et aux politiques qui l'accompagne. Bien que les formes d'organisation et d'activités que les syndicats ont développées au cours des années 1960 et 1970 soient devenues inadéquates dans ce contexte, les auteurs réfutent la thèse de la marginalisation de l'action syndicale avancée par certains dans les années 1980. Ils montrent, à contrario, que les syndicats élaborent maintenant un nouveau programme et les structures favorables à son implantation.

L'article comprend deux parties. La première section considère trois défis majeurs qui, étant associés à la restructuration économique, confrontent les syndicats. L'étude considère donc l'impact des changements dans la structure des emplois, des stratégies patronales envers la reconnaissance syndicale, et des diverses formes de déréglementation. La deuxième section analyse trois solutions de rechange mises de l'avant par les syndicats, soit la réforme des organisations nationales, les campagnes de recrutement de nouveaux membres et les changements dans le degré de centralisation des structures syndicales.

La première section évalue la nature des défis qui confrontent les syndicats depuis le premier gouvernement Thatcher. Il est proposé que les effets de la restructuration économique sur le syndicalisme sont largement exagérés. La restructuration de l'emploi, par exemple, n'explique pas à elle seule le déclin du syndicalisme. Au contraire, ce déclin est surtout attribuable à l'inhabileté à recruter des membres parmi les nouveaux secteurs de l'économie plutôt qu'à la perte de membres dans les secteurs traditionnels.

La déréglementation du marché du travail et la décentralisation de la négociation collective ont, par contre, un effet plus direct et néfaste sur les syndicats. Particulièrement affaibli par les forces décentralisatrices, le Trade Union Congress ne représente plus la même force de cohésion qu'auparavant. D'autant plus que la décentralisation de la négociation collective s'accompagne de tensions nouvelles au sein des organisations syndicales. Les permanents syndicaux sont submergés de travail alors que les délégués d'atelier n'ont pas la formation nécessaire pour assumer correctement les responsabilités nouvelles et élargies rattachées à la négociation salariale. La baisse du nombre de membres et la hausse des coûts administratifs ont rendu la solution à ces problèmes plus difficile, plusieurs grands syndicats subissant des pertes financières.

Les réponses syndicales à ces défis font l'objet de la deuxième section. Bien qu'elles varient selon la composition des différents syndicats, il est possible d'identifier des éléments communs de réponse à cette crise. Ainsi, depuis 1979, les fusions intersyndicales et des activités de recrutement mieux coordonnées caractérisent les politiques syndicales. L'analyse de ces politiques et de ces activités révèle que malgré le déclin persistant du nombre de leurs membres, les syndicats britanniques représentent aujourd'hui une force beaucoup plus hétérogène que par le passé. La motivation derrière l'adhésion au syndicalisme de groupes de plus en plus hétérogènes demeure associée à des enjeux collectifs, quelque soit la profession et le secteur d'activités. Face à cette nouvelle composition de leurs effectifs, la représentation de ces intérêts diversifiés demeure un défi de taille pour les syndicats.

Une panoplie de mesures ont été mises de l'avant pour atteindre cet objectif de représentation. Malgré leurs lacunes, ces nouvelles mesures constituent un renversement significatif et à long terme des politiques syndicales. Entre autres, l'acquiescement, malgré bien des réticences initiales, des syndicats et du Parti Travailliste au cadre juridique institué par les gouvernements conservateurs est certes le fait le plus dominant. En conclusion, les auteurs évaluent les conséquences de ce nouveau régime juridique. De nouvelles formes de représentation interne sont à prévoir, alors que les syndicats semblent amenés à jouer un rôle plus important dans la protection des droits individuels des salariés dans l'entreprise.