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Gender, Corporate Restructuring and Concession Bargaining in Ontario's Food Retail Sector

Jan Kainer

Abstract

This paper examines collective bargaining at three major supermarket chains in Ontario. It argues that the retail unions in the sector have a long history of business unionism which is no longer effective in the face of aggressive corporate demands for concessions. Unions are now unable to defend the full-time, and most secure, segment of their membership. Furthermore, the corporate drive for labour flexibility is rapidly expanding the parttime workforce and eroding wage levels. Because women are disproportionately represented in the low-wage part-time category and have the least access to full-time positions, they are the most vulnerable to corporate restructuring. The gender specific implications of restructuring are examined in an analysis of the recent province-wide strike at the Miracle Food Mart chain.

Résumé

Restructuration corporative, négociation avec concessions et emploi féminin dans l'alimentation au détail en Ontario

Cet article examine la négociation collective dans trois grandes chaînes de supermarchés en Ontario. Nous nous concentrons surtout sur la réponse syndicale à la restructuration du marché du travail et des milieux de travail. Même s'il faut reconnaître que les syndicats du commerce de détail connaissent de très grandes pressions de la part des employeurs pour accepter la négociation avec concessions, ni le United Food and Commercial Workers Unions (UFCW) ni le Retail, Wholesale Union (RW), représentant la majorité des travailleurs de l'alimentation au détail en Ontario, ne résistent de façon adéquate aux initiatives patronales de flexibilité du travail, surtout en ce qui a trait aux employés à temps partiel. De façon plus particulière, les syndicats ne s'opposent pas l'implantation de nouveaux niveaux salariaux qui divisent la maind'oeuvre avec, d'un côté, les travailleurs à temps plein, surtout masculins et, d'un autre côté, les travailleurs à temps partiel, surtout des femmes. Comme nous le démontrons, les récentes concessions en négociation ont particulièrement désavantagé les femmes, celles-ci étant disproportionnellement représentées dans la catégorie de salaires plus bas pour les temps partiels.
On prétend qu'une des raisons les plus importantes de l'incapacité de ces syndicats de résister efficacement aux stratégies de restructuration des chaînes alimentaires réside dans leur longue histoire de syndicalisme d'affaires. Telle approche à la négociation est incapable de combattre efficacement cette campagne patronale pour des concessions et pour la restructuration des milieux de travail. Durant les années 1990, les détaillants en alimentation sont devenus plus agressifs envers les syndicats et ont choisi d'éliminer les emplois à plein temps. De plus, la catégorie des temps partiels croît et représente maintenant la grande majorité de la main-d'oeuvre de cette industrie.
À l'exception d'un noyau de cadres à plein temps, il n'existe presque plus de tels emplois dans le secteur des supermarchés. Malgré le fait que le patronat est de plus en plus en demande lors des négociations, les syndicats ne présentent aucune stratégie adéquate pour contrer de telles attaques. En effet, l'expérience récente des négociations en Ontario démontre que les syndicats sont pris dans une spirale de concessions où ils perdent de plus en plus. Le résultat en est que les plus vulnérables, les temps partiels, sont sujets à des taux de salaire à la baisse et à une détérioration de leurs conditions de travail.
Les implications de cette restructuration pour les femmes est clairement illustrée par la grève pan-provinciale de l'UFCW contre la chaîne A & P, Miracle Food Mart. On y voit ici que le syndicat a accepté de nouveaux niveaux de salaires pour les temps partiels ainsi que le rachat des travailleurs à temps complet et à temps partiel. Ceci a eu pour effet de réduire sensiblement le nombre des emplois les plus payants dans les magasins, surtout pour les femmes. Non seulement le syndicat a-t-il négocié des concessions substantielles, mais il a adopté des procédures de ratification qui rendent difficiles les remises en question du contenu de la convention collective ou simplement de poser des questions ouvertement et de s'opposer aux concessions.
Je prétends que les syndicats ne travaillent pas à résister à ces nouvelles structures qui creusent le fossé des inégalités dans les supermarchés. En fait, les inégalités sexuelles qui ont toujours existées dans ce secteur demeurent et même s'accroissent avec la restructuration. En même temps, même les protections pour les plus privilégiés, les temps pleins, disparaissent. Les syndicats ne mettent aucune limite à la stratégie de flexibilité de bas salaires du patronat.
Cet article contient quatre parties principales. La première présente le haut degré de concurrence de l'industrie des supermarchés ayant mené les employeurs à des stratégies de flexibilité du travail et de bas salaires. Ensuite, nous nous arrêtons à une analyse de l'histoire syndicale dans ce secteur. Cela nous aide à mieux comprendre leur succès passé et leur incapacité à réagir efficacement aux nouvelles exigences. Cela explique aussi comment les syndicats ont contribué à la formation d'un marché du travail discriminatoire dans l'alimentation au détail. En troisième lieu, nous présentons la composition de la main-d'oeuvre de cette industrie. Cela nous permet de comprendre les implications sexuelles de la restructuration des supermarchés. Finalement, nous recensons les concessions en négociation chez Miracle Food Mart, A & P/ Dominion et Loblaw.
Cette étude sur l'alimentation au détail démontre combien inefficaces sont les syndicats d'affaires à s'opposer aux prérogatives de la globalisation et à protéger complètement leurs membres contre les concessions demandées par les employeurs. Même si les femmes ont souffert de façon disproportionnée de la restructuration, les travailleurs à plein temps sont également attaqués.

Resumen

Sexo, reestructuración corporativa y negociación de concesiones en el sector de la venta de alimentos en Ontario

Este documento examina la negociación colectiva en tres cadenas de supermercados en Ontario. Se argumenta que los sindicatos del medio tienen un historial de unionismo empresarial que ya no es efectivo delante de las demandas agresivas de la parte de las corporaciones. Los sindicatos no pueden defender los empleos a tiempo completo de sus miembros los mas seguros. Aun mas, la presión corporativa por un mayor flexibilidad esta expandiendo rápidamente los empleos a medio tiempo y reduciendo los niveles salariales. Como las mujeres están representadas en una proporción mayor en este sector en los empleos de medio tiempo y a bajo salario y porque son ellas las que ahora tienen menos posibilidades de acenso en el empleo, son ellas las mas vulnerables dentro de esta reestructuración corporativa. Las especificaciones relativas al sexo de la reestructuración son examinadas en un análisis de la reciente huelga provincial en la cadena Miracle Food Mart.