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The Paradox of Unemployment and Job Vacancies : Some Theories Confronted by Data

M. L. Skolnik et F. Siddiqui

Abstract

The purpose of this paper is to see just how well available data enable us to come to grips with the apparent paradox of simultaneous job vacancies and unemployment.

Résumé

Chômage et vacance d’emploi

Les causes principales du paradoxe résultant de la simultanéité du chômage et de la disponibilité d'emplois sont les suivantes: les changements subits du niveau et des composantes de l'activité économique, l'imperfection des voies d'accès aux marchés du travail, la répugnance des employeurs et des planificateurs sociaux à considérer le travail comme une ressource à développer et à planifier à long terme plutôt qu'à le traiter « comme un robinet qu'on ouvre et qu'on ferme à discrétion suivant les conditions économiques immédiates ».

Une des conséquences de cette dernière attitude fut que le « pipe-line » de la main-d'oeuvre s'est en réalité rompu au cours de la période de faible croissance qui a marqué les années 1967 à 1972. « Une fois ainsi brisé, il devenait impossible de le remettre en état au moment de l'expansion soudaine qui a commencé en 1973 ».

L'article souligne que l'assurance-chômage favorise quelque peu le paradoxe précédent, mais que la presse a vraiment amplifié son importance. Les attaques contre le régime d'assurance-chômage visaient surtout à détourner l'attention des véritables problèmes.

Les chercheurs n'ont découvert aucune confirmation statistique qu'une proportion accrue des gens conseillés par les centres de main-d'oeuvre du Canada aux employeurs éventuels ne s'y rendaient que pour la forme en vue de conserver leurs droits aux prestations. La confirmation de ce fait aurait été de nature à affermir la prétention que l'assurance-chômage favorisait le chômage de personnes qui ne veulent pas travailler.

Parmi les personnes qui avaient été recommandées aux employeurs, il ne s'en trouvait qu'un très petit nombre dans le premier quart de 1974 qui refusaient des emplois, alors que le chômage s'accroissait et que les réclamations étaient attentivement scrutées.

Toutefois, les chercheurs ont découvert des signes d'une augmentation considérable du taux des rejets de la part des employeurs. En effet, entre 1969 et la première moitié de 1974, le pourcentage des candidats embauchés est tombé de 45.2 à 29.3.

Aussi, conclure que la plupart des travailleurs alors en chômage n'étaient pas considérés comme acceptables, comme beaucoup le prétendent, traduit un état quasi désespéré de postes vacants.

En d'autres mots, le marché du travail était déséquilibré structurellement. Les caractéristiques de la main-d'oeuvre (âge, sexe, qualification, formation, métier, expérience, perfectionnement, lieu de résidence) ne correspondaient pas aux besoins des employeurs.

Au sujet de la qualification, par exemple, on observait de fortes hausses dans la disponibilité des emplois, mais peu ou pas d'accroissement des embauchages dans les postes administratifs, les sciences naturelles, le génie, les mathématiques, la médecine et les autres sciences de la santé. Par contre, il y avait diminution des emplois vacants dans le cas des commis-vendeurs où les embauchages furent considérables.

Le taux de chômage était continuellement plus haut chez les femmes que chez les hommes, chez les jeunes que chez les adultes. Le groupe d'âge de moins de 21 ans comptait pour 32 pour cent de l'ensemble des sans-travail au milieu de 1974, mais il ne représentait que 13 pour cent des réclamants.

La raison en était qu'une forte proportion des jeunes chômeurs n'avaient pas encore réussi à obtenir un premier emploi et qu'ils n'étaient pas admissibles aux prestations d'assurance-chômage.

Ce qui en ressort, c'est que l'assurance-chômage n'a guère de signification lorsqu'il s'agit pour elle d'aider ceux pour qui le chômage est un problème aigu. Ceci contredit le reproche que l'on fait aux jeunes de tirer profit du régime d'assurance-chômage.

L'immigration peut aider à résoudre les postes vacants dans certains cas particuliers, mais elle ne saurait y répondre d'une façon globale. Y croire équivaudrait à perpétuer l'approche actuelle qui consiste à ouvrir et à fermer le robinet au besoin, source principale des problèmes actuels en matière de main-d'oeuvre.

Ce qui importe le plus, c'est améliorer les façons d'utiliser les ressources humaines, en particulier, les jeunes, les femmes et les groupes minoritaires. Il nous faut beaucoup plus pour leur faciliter la découverte d'emplois qui les satisfassent. Tout ce qui faciliterait tant pour les maisons d'enseignement que pour les employeurs un budget de fonctionnement à plus long terme ferait disparaître un des obstacles majeures à la planification de la main-d'oeuvre. Il suffirait d'un peu plus d'imagination pour remplacer par quelque formule originale, surtout pour les jeunes, la formation en usine et l'expérience acquise.

Postes vacants et chômage élevé peuvent coexister, mais l'assurance-chômage n'est pas la raison principale de ce paradoxe.