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Characterization of Canadian Strikes: Some Critical Comments

Michael R. Smith

Abstract

This paper examines examples of two different intellectual traditions within which Canadian strikes are interpreted. The distinctiveness of the two traditions becomes most clear in reactions to a paper by Crispo and Arthurs (1968) on industrial conflict in the mid i960*s. Each tradition involves assumptions about the nature of industrial conflict. In neither of the examples discussed from the two traditions, however, is the adequacy of the assumptions really established. Despite the fact that these two traditions assert entirely contradictory characterizations of Canadian strikes, there appears to be no serious dialogue between the exponents of either position.

Résumé

Caractéristiques des grèves au Canada : Quelques commentaires critiques

Avant d'expliquer un phénomène social, il est nécessaire de décrire ou d'examiner ce phénomène. Il y a au moins deux façons de caractériser les conflits industriels canadiens du milieu de la décennie 1960 et elles sont tout à fait contradictoires. La première façon est celle qui assume que certaines conclusions du Rapport Woods au sujet de ces grèves sont justes; l'autre rejette ces conclusions. L'objet de cette étude est de montrer comment ces deux caractéristiques posent de sérieux problèmes.

La caractérisation des grèves au Canada est considérée par D.A. Smith (1972, 1976) comme un stratagème généralisé des « syndicats d'affaires ». Pour Smith, les grèves sont des instruments pour assurer des augmentations de salaires « réalistes » aux syndiqués. Rinehart (1975, 1976, 1978), d'autre part, souligne que ce sont pas seulement les enjeux économiques qui conduisent aux conflits industriels. Tout aussi importants sont les problèmes généraux découlant de l'aliénation en milieu de travail. Rinehart prétend que l'inquiétude des travailleurs relativement à l'organisation de la production a tendance à être camouflée par les dirigeants syndicaux qui privilégient les enjeux économiques. Mais, en dépit de la priorité des dirigeants syndicaux accordée aux questions économiques, l'effet de l'aliénation au travail ressort à peine partiellement voilé des statistiques canadiennes sur les grèves.

Selon un article de Crispo et Arthurs (1968), les auteurs du rapport Woods firent valoir que les conflits industriels au Canada, pendant la décennie 1960, manifestaient un militantisme marqué. Par exemple, ils se référaient au rejet des conventions collectives par les syndiqués de la base, au mépris de la loi et de l'ordre et à une prédominance des grèves sauvages. Rinehart utilise ces conclusions du rapport Woods comme une preuve à l'appui de sa caractérisation générale des grèves au Canada. Smith tente de réfuter ces conclusions.

Smith démontre que les variations dans le temps dans les conflits industriels au Canada peuvent s'expliquer en particulier par les variations dans les taux de chômage et les changements dans les taux des salaires réels. Ceci conclut-il, indique que nous pouvons comprendre ce qui est arrivé au milieu de la décennie 1960 comme étant une nette répercussion des conditions normales du marché du travail. En conséquence, point n'est besoin de l'expliquer par le militantisme syndical. Rinehart, d'autre part, voit dans la non-ratification des conventions collectives, les grèves sauvages et la violence auxquelles se réfère le rapport Woods, la preuve d'une insatisfaction généralisée du milieu de travail et de la direction syndicale dont on peut s'attendre à ce qu'elle génère des conditions de travail troublées.

La thèse de D.A. Smith n'apprécie pas adéquatement les points soulevés dans le rapport Woods. Il concentre l'attention sur la répartition des grèves dans le temps, alors que c'est leur contenu qui est en jeu. Pour réfuter l'explication du « militantisme », Smith devait démontrer que les prétentions du rapport Woods au sujet des rejets de conventions collectives, des grèves sauvages, etc. étaient fausses.

Rinehart assume que les affirmations de Crispo et d'Arthurs au sujet des grèves sauvages, etc. qui furent retenues dans le rapport Woods, sont vraies. Mais, en fait,il n'y a pas de preuve absolue que des changements qualitatifs dans les conflits industriels au Canada se soient produits au milieu de la décennie 1960 comme le soutiennent Crispo et Arthurs. Et il y a quelques indices qui contredisent ces prétentions. La thèse de Rinehart affirme aussi que les grèves sauvages ont un caractère véritablement radical. Mais cela ne se vérifie pas clairement non plus.

En conclusion, on peut dire qu'il y a matière à scepticisme au sujet des caractérisations des grèves au Canada telles que présentées à la fois par Rinehart et Smith. Ce qui est le plus troublant relativement à la façon d'envisager les conflits industriels chez chacun de ces auteurs c'est, cependant, leur tendance à éviter de considérer des caractérisations qui pourraient être différentes des leurs.