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International Unionism: The Papermakers in Eastern Canada, 1930-1945

C. Brian Williams

Abstract

This paper examines the case of the United Papermakers and Paperworkers in the province of Quebec and its conflict with the provincially centered Federation nationale des travailleurs de la pulpe et du papier Inc.

Résumé

Le caractère international du syndicalisme canadien demeure une particularité controversée de l'histoire du syndicalisme. Une étude de 1966 concluait que ce phénomène était le résultat, 1) de l'influence de la contiguïté des marches du travail, des biens et des capitaux canadiens et américains sur les organisations syndicales de l'un et de l'autre pays, 2) de la préférence des travailleurs canadiens pour le syndicalisme américain à cause de son développement supérieur et 3) en ce qui concerne le Québec, de l'influence de l'Église catholique romaine. Les constatations qui en découlent furent publiées dans deux études de cas qui mettaient l'accent sur différents facteurs. Le cas de l'Union internationale des mouleurs retenait principalement comme facteur causal la proximité des marches du travail au Canada et aux États-Unis. Le cas des mineurs unis d'Amérique dans l'Est du Canada notait des influences d'ordre commercial à l'intérieur des marches des produits ainsi que l'attirance d'une organisation syndicale plus développée pour les travailleurs canadiens.

Le présent article traite du cas de Y United Pacemakers and Paperworkers, (UPP) dans la province de Québec et de ses conflits avec la Fédération nationale des travailleurs de la pulpe et du papier (FNTPP) qui n'était active que dans cette partie du pays. Il apporte des indications intéressantes sur l'influence qu'ont pu avoir le contrôle et la propriété de l'industrie par les américains, les migrations ouvrières et les échanges commerciaux à l'intérieur de marches limitrophes ainsi que le rôle de l'Église catholique romaine sur l'activité professionnelle de l'une et de l'autre organisations. Les trois premiers facteurs favorisaient l'implantation d'une structure internationale alors que le dernier avantageait le syndicalisme confessionnel établi au Québec.

La syndicalisation dans l'industrie de la pulpe et du papier au Québec présente plusieurs caractéristiques intéressantes. Il s'agit d'une industrie fortement dépendante de capitaux appartenant à des propriétaires américains et dont la plus grande part des marches se trouve aux États-Unis. Elle était aussi marquée par la mobilité de la main-d’œuvre dans ses secteurs les plus spécialises à l'intérieur de marches voisins ainsi que par la présence d'une organisation catholique et française moins puissante qui combattait farouchement le syndicalisme international. Les documents confirment que l'arrivée de l'UPP au Québec s'est effectuée en synchronisme avec la participation des américains, la pénétration de leurs capitaux et l'ouverture de leurs marches aux produits du papier canadien. Par là, l'UPP cherchait à protéger ses acquis dans les secteurs américains de cette industrie de même qu'à éliminer les disparités de salaires entre l'Ontario et le Québec. C'est là le cas classique d'un comportement dicte par la présence de la concurrence entre des biens fabriques dans des établissements syndiques et des entreprises qui ne le sont pas.

De toute façon, quand l'occasion leur en fut donnée, les employeurs du Québec préférèrent l'organisation internationale compte tenu de son rôle, de sa situation privilégiée et de son influence au sein du syndicalisme nord-américain. Pour la plupart d'entre eux, la vulnérabilité des syndicats affilies à la FNTPP apparaissait très réelle.

Malgré deux décennies de lutte nez à nez pour obtenir l'adhésion des travailleurs de l'industrie ni l'UPP ni la FNTPP ne furent capables de s'imposer. Même avec l'introduction du libre choix d'une association, les adhérents restèrent partages entre les deux groupements. Étant donne le type rural de civilisation et les valeurs sociales de la langue et de la religion dans la vie des travailleurs, la nature confessionnelle de la FNTPP retint la sympathie de la plupart des travailleurs québécois. Le développement supérieur de l'UPP ne fut pas suffisant pour l'emporter sur leur attachement au syndicalisme confessionnel.